EXCLUSIF. EDF s'apprête à racheter les activités nucléaires de GE
Marc Endeweld
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters
Marc Endeweld
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters
Est-ce le retour de la stratégie du grand champion français du nucléaire ? Alors que le débat monte en France et en Europe sur le rôle de cette énergie dans un monde décarboné, l'électricien national EDF s'apprête, selon nos informations, à racheter les activités nucléaires de General Electric, regroupées dans la filiale GE Steam Power sur plusieurs sites industriels emblématiques à Belfort. Interrogé par La Tribune, EDF n'a fait aucun commentaire.
Les célèbres turbines vapeur Arabelle, qui équipent les EPR, redeviendraient 100 % françaises ? Cela fait un peu plus d'un an que le groupe américain, empêtré dans de nombreuses difficultés financières, a fait savoir son intention de vendre plusieurs de ses actifs. L'opération de rachat de GE Steam Power lancée par EDF serait « imminente », selon une source proche du dossier.
À lire également
C'est une surprise, car l'année dernière, EDF était loin d'être favorable à une telle opération de reprise. Jean Bernard Lévy, le PDG de l'électricien n'avait pas caché son scepticisme quant à l'utilité pour son groupe public de racheter ce joyau industriel. « En turbine, je peux me fournir en Chine », avait-il glissé à l'un de ses interlocuteurs à l'automne dernier.
À l'origine, l'idée que la France reprenne les activités nucléaires de GE avait été portée depuis plus d'un an par Frédéric Pierucci, cet ex haut cadre d'Alstom qui s'était retrouvé emprisonné par la justice américaine, alors que son groupe était déstabilisé jusqu'à voir sa branche énergie rachetée par... GE. Quelle ironie ! L'une des activités les plus stratégiques de l'ancien Alstom (pour nos centrales nucléaires comme pour nos sous-marins nucléaires), passée chez les Américains, va donc redevenir française, après sept ans passée sous la coupe de l'Oncle Sam. Tout ça pour ça.
C'est qu'à l'origine, General Electric n'était pas du tout intéressé par ces turbines vapeur, seules les turbines à gaz faisaient partie de son objectif initial, et ce, pour contrer Siemens notamment dans le secteur. À l'époque, c'est à la faveur des négociations que les vendeurs avaient décidé de vendre l'ensemble des activités énergie d'Alstom à GE, suscitant le scandale. « L'Affaire Alstom » était née. Alors, quand Pierucci a pris son bâton de pèlerin pour convaincre investisseurs français et pouvoirs publics du bien-fondé d'une telle reprise, l'exécutif a fini par s'y intéresser sérieusement. Au point de dicter la marche à suivre. Exit donc la proposition de Pierucci d'un consortium 100 % français : « Ils n'ont pas voulu étudier d'autres propositions alternatives, en plus de celle de Pierucci, il y en avait pourtant », déplore un acteur du dossier.
Finalement, le gouvernement a « désigné » EDF l'électricien pour faire une offre de reprise à GE. Et Jean-Bernard Lévy a donc fini par répondre présent. Le périmètre cible proposé pour cette reprise correspond aux activités de GE Steam Power (dont la société GEAST). Ce périmètre exclurait donc les activités GE Grid et GE Hydro, laissant encore le site principal industriel à Belfort en pleine incertitude. Malgré la reprise des turbines vapeur, les syndicats craignent la fermeture par GE des autres activités sur place.
Marc Endeweld
Forêts : « Plusieurs réglementations européennes très lourdes posent problème à la Suède »
Vins de Bordeaux : les prix des vignes s'effondrent en Gironde
Climat : en Suède, la forêt est devenue une industrie du futur
Projet de loi d’urgence agricole : un premier succès à l’Assemblée, de nouveaux risques au Sénat