« Nous regrettons que cette réforme, qui est indispensable pour EDF, ne puisse se conclure maintenant », a déclaré jeudi le PDG d'EDF, Jean-Bernard Lévy, à des journalistes lors d'une conférence téléphonique. Après l'annonce mercredi du report de la grande réforme du groupe après le quinquennat d'Emmanuel Macron en 2022, faute d'accord avec la Commission européenne, le groupe craint désormais pour sa place en « première division » face à ses concurrents.
Le patron d'EDF avait déjà exprimé sa peur d'un décrochage du groupe, notamment dans la transition vers les énergies vertes. Il se trouve déjà à la traîne derrière des concurrents européens comme l'italien Enel ou l'espagnol Iberdrola, tandis que les pétroliers (BP, Shell ou TotalEnergies) investissent désormais leurs gros moyens dans le solaire ou l'éolien.
D'abord baptisée « Hercule », pour montrer que la transformation de l'entreprise relevait de « l'exploit », puis « Grand EDF », la réforme que devait lancer le gouvernement était en effet censée donner à l'entreprise lourdement endettée les moyens d'investir dans les énergies renouvelables, tout en rénovant son parc nucléaire. Celle-ci prévoyait une réorganisation de l'entreprise en trois entités, devant satisfaire aux règles de concurrence fixées par Bruxelles : EDF Bleu avec les activités nucléaires et le réseau de transport RTE, EDF Vert avec les activités commerciales, de distribution et les renouvelables et EDF Azur, avec les concessions hydrauliques. Malgré ces trois entités distinctes, la France insistait sur le fait qu'EDF devait rester un groupe « intégré » avec une direction et une stratégie uniques.