Alors que l'Assemblée nationale vient d'adopter, en première lecture, le projet de loi de relance du secteur nucléaire, la question du financement des six nouveaux réacteurs EPR à horizon 2035 et du lancement des études pour huit autres se pose encore. Qui va payer : EDF ? L'Etat ? Si le gouvernement espère débuter les travaux de génie civil dès l'année prochaine, il se doit d'arbitrer sur une facture estimée à 51,7 milliards d'euros, voire à plus de 56 milliards en cas de difficulté.
Sachant que les 56 réacteurs nucléaires français, fruits du plan Messmer et construits entre le début des années 1970 et le début des années 2000, ont été financés par l'énergéticien, sur ses fonds propres, puis par emprunt, ce schéma est impossible à reproduire aujourd'hui au regard de l'endettement colossal du groupe, supérieur à 60 milliards d'euros. Pour répondre à ce besoin de financement, l'exécutif pourrait ainsi se tourner du côté de la Caisse des Dépôts.
Selon nos informations, le bras armé financier de l'Etat est effectivement entré en contact, il y a sept mois, avec la direction financière d'EDF. Grâce au Livret A, la « Caisse » sait en effet proposer des financements de 30 à 80 ans pour le logement social, les infrastructures et le portage de foncier. « Nous sommes dans l'horizon du financement du nucléaire », confiait, début février à La Tribune, une source proche du dossier.