Futuren (éolien) voit son résultat opérationnel 2017 divisé par deux malgré un chiffre d'affaires en hausse

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(Crédits : Frédéric Thual)
Certes, le producteur d'électricité renouvelables a augmenté en 2017 son chiffre d'affaires de 9%, mais il affiche dans le même temps une perte nette de plus de 5 millions d'euros et le résultat opérationnel a chuté de moitié par rapport à 2016. Parmi les raisons de cette perte d'exploitation - non récurrente, précise le groupe-, les frais liés aux opérations sur le capital de la société (3,8 millions) et une dépréciation complémentaire de la valeur de turbines acquises en 2008 et stockées depuis (1,4 million).

A 61,76 millions d'euros, le chiffre d'affaires du producteur d'électricité d'origine éolienne Futuren (ex-Theolia) a progressé de 9%, grâce à la mise en service de deux nouveaux parcs éoliens fin 2016 et début 2017, dixit le communiqué publié ce vendredi 6 avril par l'énergéticien.

Cependant, le spécialiste de l'éolien, détenu désormais à 87,5% par EDF, annonce également avoir enregistré en 2017 une perte nette de 5,2 millions d'euros, notamment en raison de charges exceptionnelles et non récurrentes. Le résultat opérationnel se voit divisé par près de deux, à 6,4 millions d'euros, s'affichant en baisse de 49% par rapport à 2016 (12,3 millions d'euros).

L'énergéticien explique cette chute qui a affecté l'exercice 2017, notamment par une charge exceptionnelle de 3,8 millions d'euros "liée aux opérations sur le capital".

Les conséquences de la prise de contrôle par EDF EN

Au titre de ces "opérations sur le capital", Futuren énumère la prise de participation majoritaire par EDF EN, mais aussi l'offre publique d'achat menée ensuite par l'électricien, et enfin, une augmentation de capital, précise le groupe dans un communiqué.

S'agissant de cette prise de participation majoritaire, le communiqué rappelle que "le groupe EDF Energies Nouvelles a acquis, le 9 juin 2017, auprès du concert d'actionnaires majoritaires, 61,6 % des actions (au prix unitaire de 1,15 euros) et 96,0 % des OCEANEs (au prix unitaire de 9,37 euros coupon détaché) de Futuren, représentant 67,2 % du capital de la société sur une base pleinement diluée après conversion des OCEANEs."

A noter, l'"obligation convertible en actions nouvelles ou existantes" (OCEANEs) constitue une des solutions offertes à son détenteur pour maîtriser le risque d'une dilution de son capital.

Sortie du capital des porteurs d'OCEANEs

Futuren explique que, suite à ce changement de contrôle, "les porteurs d'OCEANEs avaient la possibilité de demander le rachat anticipé de tout ou partie de leurs OCEANEs du 6 juillet 2017 au 20 juillet 2017. A la demande de leurs porteurs, Futuren a racheté 48.081 OCEANEs au prix unitaire de 6,322 euros [soit une somme de 303.968 euros, Ndlr] majoré des intérêts échus au titre de la période courue depuis le 1er juillet 2017, et annulé les obligations correspondantes."

L'énergéticien éolien détaille comment le résultat opérationnel de l'exercice 2017 a été impacté par plusieurs éléments non-récurrents, dont principalement :

  • les frais liés aux opérations sur le capital de la société (3,8 millions)
  • une dépréciation complémentaire de la valeur de turbines acquises en 2008 et stockées depuis (1,4 million)
  • d'autres pertes de valeur nettes, notamment sur des parcs en exploitation en France (0,4 million)

... soit un impact négatif cumulé de 5,6 millions d'euros sur le résultat opérationnel.

Par ailleurs, ce changement de contrôle de Futuren, a créé un certain remue-ménage dans le management, notamment au conseil d'administration :

"Le Conseil d'administration de Futuren du 9 juin 2017 a pris acte des démissions de leur fonction d'administrateur de Michel Meus, jusqu'alors président du Conseil, de Fady Khallouf et de Jérôme Louvet, et a pourvu à leur remplacement en cooptant trois administrateurs sur proposition d'EDF Energies Nouvelles : Bruno Fyot, qui assume également la fonction de Président du Conseil, Denis Rouhier, qui assume également la fonction de Président du Comité d'audit, et Bénédicte Gendry."

Des changements ont également eu lieu au sein de la direction générale:

"Le Conseil d'administration de Futuren, réuni le 5 juillet 2017, a nommé Alexandre Morin au poste de Directeur Général Délégué du Groupe FUTUREN à compter du 1er janvier 2018. Alexandre Morin remplace Fady Khallouf dont le mandat a pris fin le 31 décembre 2017."

Poursuite du développement

Futuren développe, construit et exploite des parcs éoliens dans quatre pays (Allemagne, France, Maroc, Italie). Il exploite au total 620 mégawatts pour son propre compte et pour le compte de tiers.

Le groupe "poursuit sa politique de développement qui vise à mettre en service des parcs éoliens pour son compte propre afin de renforcer sa principale activité de vente d'électricité", ajoute le texte.

En France, début 2018, le groupe a signé un contrat d'achat de 6 éoliennes pour la construction de son projet de Faydunes, situé sur la commune de Saint-Affrique, dans le département de l'Aveyron. Par ailleurs, Futuren poursuit la construction des parcs éoliens de Courant-Nachamps en Charente-Maritime et de Demange dans la Meuse.

(avec AFP)

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Lire aussi : le communiqué de Futuren du 6 avril 2018

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Commentaires
a écrit le 07/04/2018 à 12:08 :
Parcours chaotique, presque rocambolesque dans un secteur qui pourtant n'a rien de compliqué, si ce n'est parfois l'incvertitude de la réglementation complexe et très mouvante, la simplification semble en cours : http://www.arnaudgossement.com/archive/2018/02/02/energies-renouvelables-deux-projets-de-mesures-de-simplifica-6022942.html#more

L'erreur des nombreux dirigeants ne fût elle pas de vendre trop tôt leurs parcs déjà en production ? qui auraient permis des revenus réguliers, tel que c’est maintenant le cas avec la gestion de parcs pour compte propre.
Quoi qu’il en soit, sur le long terme le titre fut destructeur de valeur pour les actionnaires de la première heure. Côté aux alentours de 20 € en 2005, le tire a dégringolé aux alentours de 2 € en 2009, puis à stagné aux alentours de 1 € depuis 2011.
2005-2006 fut aussi la période de croissance externe tous azimuts et fut suivie par une quasi faillite en 2010 (https://www.usinenouvelle.com/article/theolia-avis-de-vents-contraires.N127291). Je crois que c’est M. Fady Khallouf qui finalement engagea le redressement.
Le secteur nécessite tout de même des fonds importants et c’est autant un métier financier que technologique. Le développement de nouveaux parcs de production éolienne est soumis à une forte concurrence ; de l’opérateur local qui lève des fonds grâce aux plateformes de crowdfunding jusqu'aux gros du secteur qui financent sur fonds propres ou émettent des green bonds.
Et maintenant les coopératives éoliennes encore rares en France et que même EDF développe (https://edfluminus.edf.com/edf-luminus/activites/production-d-energie/l-energie-eolienne/wind-together/wind-together-scrl-cooperative-eolienne)
En dehors du développement de nouveaux sites éoliens, l’avantage réside aussi dans la possibilité d’upgrader les vieux parcs.
a écrit le 06/04/2018 à 18:57 :
Lorsque l'on cessera de prendre ces machines de production pour des vaches à lait il faudra parler architecture de production et distribution d'électricité. Il semble manquer à nos élites la mention "électricité".

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