« J’espère que la bioluminescence va s’imposer comme une solution alternative » (Sandra Rey)
Eva Roque
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Du haut du 53e étage de la tour Montparnasse, Paris s'étale sous un léger brouillard. En ce début d'après-midi, les lumières de la ville n'habillent pas encore les artères de la capitale. Il faut attendre pour distinguer petit à petit l'apparition de points lumineux tels des lucioles dessinant une autre cartographie de la cité. À l'heure où le mot « sobriété » résonne inlassablement, une femme tente de repenser ces éclairages urbains. Sandra Rey a trente-deux ans et depuis dix ans, la lumière est devenue une quasi-obsession.
Elle n'a guère le temps de s'enthousiasmer de la vue depuis son bureau. À la tête de son entreprise Glowee, elle s'efforce de prouver que la nature a sa place dans la ville. Et que les lucioles ne sont pas les seuls êtres vivants à produire de la lumière...
Depuis une décennie, Sandra Rey a compris qu'une partie de la solution à la problématique énergétique était la bioluminescence. Dans un laboratoire de Saclay, entourée de chercheurs, elle a réussi à développer une matière première vivante faite de bactéries marines naturellement bioluminescentes, pêchées en mer. Des bactéries cultivables à l'infini en laboratoire sans la moindre modification génétique, puis intégrées dans une sorte de réacteur, fonctionnant comme un aquarium. La réaction chimique qui se produit permet alors d'émettre une lumière douce, bleutée. Une source d'énergie qui n'agresse pas les yeux... On peut la regarder sans jamais se lasser, sans jamais se fatiguer... Comme si nous étions faits pour entrer en symbiose avec cette lumière.
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Ces « aquariums », bassins de haute technologie, offrent ainsi des possibilités encore jamais exploitées destinées au mobilier urbain, mais aussi à des événementiels. Sandra Rey insiste : la bioluminescence, c'est utile. Et c'est beau, et « le beau peut sauver le monde ». La cheffe d'entreprise, mère de deux enfants, se démultiplie pour convaincre encore et toujours du bien-fondé de sa démarche, née il y a dix ans donc, lors d'un concours... de design !
Eva Roque
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