L’Ademe appelle à un développement irréprochable des énergies renouvelables

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Pour Arnaud Leroy, président de l'Ademe, le développement des énergies renouvelables doit être irréprochable.
Pour Arnaud Leroy, président de l'Ademe, le développement des énergies renouvelables doit être irréprochable. (Crédits : Reuters)
En ouverture du vingtième colloque annuel du Syndicat des énergies renouvelables, Arnaud Leroy, président de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, explique pourquoi il faut répondre aux questions posées par le développement de ces énergies "vertes", que l'Agence soutient fortement.

L'Ademe entend ré-affirmer la proximité de ses positions avec celles du Syndicat des énergies renouvelables (SER). Ainsi, invité à s'exprimer lors de son colloque annuel, son président a évoqué notamment le gaz vert et les énergies marines renouvelables, parents pauvres du projet de programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) actuellement soumis à consultation.

Pour le gaz vert, il se dit confiant dans son utilisation dans la mobilité et le transport lourd et estime qu'il faut « en discuter franchement ». L'agence a récemment renouvelé pour trois ans sa coopération avec GRDF (qui plaide pour une part de 30% de gaz vert dans les réseaux français en 2030, alors que la PPE en prévoit 7 %, ndlr). Sur l'éolien flottant, il a rappelé être allé à plusieurs reprises défendre à Bruxelles le choix français de plusieurs technologies.

Mais il a surtout insisté sur la nécessité de « continuer à aller à Bruxelles, et à y aller ensemble », afin d'y porter une voix commune. « Cela fait parfois défaut à la France, a-t-il regretté, et nous risquons de le payer cher au moment des choix sur des normes et des standards. » Rappelant le rôle d'opérateur de l'agence dans l'éolien flottant via le programme des investissements d'avenir, Arnaud Leroy a ré-affirmé que « l'EPIC Ademe est un acteur professionnel des énergies renouvelables parmi d'autres. »

Ne pas occulter les questions posées par les renouvelables

Il n'entend pas pour autant faire l'impasse sur les questions que peuvent parfois soulever certaines de ces énergies renouvelables, et qui apportent de l'eau au moulin des opposants. Ces derniers se font entendre de plus en plus bruyamment ces derniers temps sur fond de crise des gilets jaunes et de questionnements de l'impact de la transition énergétique sur le pouvoir d'achat des ménages.

« Le développement des EnR doit se faire de façon irréprochable », a-t-il insisté.

Egalement fer de lance de l'économie circulaire, l'Ademe se soucie notamment du recyclage des différents équipements. Si des progrès ont été réalisés ces dernières années concernant le solaire - avec la création de l'association PV Cycle dédiée à la collecte et au recyclage des panneaux, ndlr - cela n'est pas encore le cas pour l'éolien. La polémique actuelle sur les éoliennes offshore en Allemagne en est un exemple. Autre impact des EnR fréquemment invoqué et sur lequel l'Ademe entend se pencher de près : celui sur la biodiversité, avec « l'apparition de nouveaux enjeux, dont le risque de conflit d'usage des sols avec l'agriculture et l'élevage, et la nécessité de revoir certaines doctrines établies par le passé. »

Les emplois de la transition énergétique sont un autre cheval de bataille pour Arnaud Leroy, qui estime que « l'on paie aujourd'hui le prix de déclarations passées sur le sujet ». Autrement dit, des déclarations parfois un peu trop optimistes et surtout sans fondement solide. D'où l'initiative de « job dating », un tour de France destiné à mettre en adéquation les besoins des entreprises ENR et ceux qui cherchent des débouchés professionnels, qu'il a récemment entamée.

L'accompagnement, nécessaire pour l'industrie aussi

Soulignant un impact croissant du système ETS (European trading scheme, le marché européen du carbone) sur la compétitivité internationale de certains secteurs d'activité à mesure que les cours de la tonne de CO2 remontent, il a insisté sur la nécessité d'un accompagnement financier afin de conserver une base industrielle en France. Par ailleurs, face à ces nouveaux enjeux, l'Ademe se réforme. Arnaud Leroy annonce la création d'une entité dédiée à l'accompagnement des industries en transition, ainsi qu'une division consacrée à l'adaptation.

Les sujets sur lequel il insiste le plus restent ceux de la sobriété et de l'efficacité énergétique (plus gros contributeurs, devant les énergies renouvelables, à la baisse des émissions de gaz à effet de serre nécessaire d'ici à 2050, selon l'Agence internationale de l'énergie, ndlr). Par la voix de son président, l'Ademe se dit consciente de la nécessité d'élaborer un consensus social, prête à construire des messages positifs autour de ces sujets mais aussi à « employer les mêmes armes que ceux qui nous expliquent qu'on ne pourra jamais se passer de pétrole. »

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a écrit le 07/02/2019 à 22:01 :
impliqué personnellement dans la lutte contre la pollution, (particules fines) je roule au gpl, aucun effort n'est fait pour ce mode , les pompes 24/24 sont rarissimes, les normes écrasantes (psychoses)je viens de mettre à la casse ma 106 pour une histoire de cuve,
les prix à la pompe ne baissent pas, ils se font de super marges bien plus que l'essence, aucun effort n'est fait pour les moteurs, ce ne sont que des essences bidouillés, alors que commence le projet d'intégration du méthane dans le gaz gpl (basse pression pour le gpl c'est facile à gérer, le gnv à 200 bars pas glup's).
En attendant que ça aille mieux je roule au e85, mais ce n'est pas le même confort, le moteur s'abime plus vite alors que le gpl n'abime pas l'huile, il est silencieux et sans odeur, si vous voulez peaufiner la filière du gaz agricole, il faut relancer la fabrication des véhicules de série. depuis la disparition de chevrolet ex daewoo, il n'éxiste plus rien de potable, un peu chez fiat, un peu dacia, un peu opel , mais au compte goutte, quand aux spécialistes ça court pas les rues.
Pour moi il ne devrait rester que électrique ou gpl (et gnv) , pétrole vs industrie chimique.
a écrit le 07/02/2019 à 10:11 :
On est surtout en train d'empiler une nouvelle fois des usines à gaz, alors que nous en connaissant les conséquences que sont en priorité le copinage et la corruption, alors qu'en imposant de consommer moins et mieux, dans TOUS les domaines on parviendrait 10 fois plus vite à un véritable résultat assuré.
a écrit le 07/02/2019 à 10:07 :
'L’Ademe appelle à un développement irréprochable des énergies renouvelables'.
Comment cela peut-il être possible alors que l'ADEME est dirigée depuis des lustres par des gens idéologiquement formatés par l'écologisme sectaire. Le président du SER (Syndicat des Energies Renouvelables) est un ancien de l'ADEME. Les scénarios proposés par l'ADEME sont incohérents, très faiblement argumentés et donc peu crédibles.
Cette organisation contribue très largement à orienter le pays vers des choix idéologiques stupides avec l'argent des contribuables.
Réponse de le 07/02/2019 à 13:31 :
Bravo, rien à ajouter
a écrit le 06/02/2019 à 22:07 :
L’ademe a fourvoyé la France et son gouvernement au sujet des renouvelables avec ces scenarii intenables et allant à l’encontre du nucléaire, bilan on a dépensé en subventions à l’eolien et au solaire plus que s’il avait fallu équiper gratuitement tous les foyers français avec une pompe à. chaleur. Et on vient encore nous tenir le discours du gaz vert qui émettra pourtant du CO2 qu’on aurait dû stocker dans le sol.
a écrit le 06/02/2019 à 21:54 :
Sur le dernier LaRecherche quelqu'un signale que le photovoltaïque et l'éolien rapportent peu vs l'investissement pour les fabriquer. Je ne sais plus où quelqu'un prétendait que les éoliennes économisaient moins de CO2 sur toute leur durée de fonctionnement que ce qu'il fallait générer pour les construire, bilan négatif. Décourageant.
Le gaz vert, fermentation de déchets, méthane, c'est intéressant, le cycle du carbone, l'ennui peut se situer au niveau de la tailles des installations et leurs interconnections (Cf tout le méthane que les US brûlent (quelques millions $ chaque jour) sur les torchères de leur puits de pétrole de schiste, sites trop dispersés ou changeant, ça serait trop compliqué de le capter et redistribuer, il faudrait des canalisations). En place de façon durable, on peut imaginer avoir des canalisations permanentes pour acheminer le gaz formé.
a écrit le 06/02/2019 à 20:54 :
Notre électricité ne produit que 14 % de CO2 total de la France, or il faudra faire appel au gaz ou charbon, les nuits sans vent !! Notre nucléaire évite l’importation de 40 milliards d’euros d’énergies fossiles par an s’il n’existait pas. Merci pour la balance commercial. La transition énergétique est une impossibilité physique donc une grande arnaque (conséquence de la loi de la conservation d’énergie). la technologie aura toujours besoin de ressources minérales et d’énergie. Toutes nos activités nécessitent de pétrole même les transformations énergétiques, le vent est renouvelable, mais pas l’éolienne. (minéraux, fabrication, transport, installation et maintenance et je ne parle pas des lubrifiants, isolants des câbles et informatique). Et dans la prochaine décennie il entrera en déclin, nous faisons déjà les fonds de tiroir avec le schiste, les sables bitumineux et l’offshore ultra profond, les découvertes depuis 34 ans sont inférieures à la consommation, actuellement elles ne remplacent que moins de 10% de la consommation. Imaginez ce que deviendront les transports et surtout l’agriculture d’ici là.
http://petrole.blog.lemonde.fr/2018/11/01/minuit-et-quart/
https://www.climato-realistes.fr/transition-energetique-grand-debat-national/
Réponse de le 07/02/2019 à 9:47 :
Correct, je ne serais pas, un jour, étonné de découvrir que grâce à l'IA ou une autre salade, nos banquiers d'affaires favoris vantent les ressources potentielles du mouvement perpétuel pour allécher les babines des investisseurs. Une image que devrait avoir nos décideurs est celle de cette plateforme au large du Nigéria positionnée sur un fond de 2000 mètres et retirant du pétrole 2000 mètres en-dessous du plancher océanique - Il me semble urgent de changer de modèle sous réserve de ne pas faire n'importe quoi -
a écrit le 06/02/2019 à 17:29 :
Le gaz 'vert' xD

L'ademe nous prend vraiment pour des c**s.

Je suppose qu'avec le charbon blanc d'Allemagne, on arrivera enfin à faire baisser nos émissions.

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