La France se prépare à livrer du gaz à l'Allemagne..., une grande première!
Juliette Raynal
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Christian Hartmann
Juliette Raynal
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Christian Hartmann
Alors que l'Allemagne anticipe une coupure totale des livraisons de gaz russe et se prépare à une pénurie qui pourrait avoir des conséquences dramatiques sur son économie, la question n'est plus de savoir si la France livrera du gaz à l'Allemagne, mais de savoir quand et dans quelles quantités.
« On sent que l'Allemagne va demander de changer le sens du flux des livraisons de gaz. Il y a une question de solidarité. Si nous sommes dans une bonne situation, on peut se permettre d'envoyer du gaz pour soutenir nos voisins allemands. La question c'est quand et dans quelles quantités », confirme-t-on au ministère de la Transition énergétique. Samedi, en marge des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, la Première ministre Elisabeth Borne avait déjà indiqué que, la France devrait fournir une petite partie de son gaz à l'Allemagne.
Historiquement, les flux de gaz en Europe ont toujours transité de l'Est vers l'Ouest, via trois gazoducs : Nord Stream 1 (qui relie directement la Russie à l'Allemagne), Yamal-Europe (qui relie la Russie à l'Allemagne, en passant par la Biélorussie et la Pologne) et Brotherhood (qui transite notamment par l'Ukraine).
Désormais, ces flux d'Est en Ouest sont très faibles. En effet, dans le contexte de fortes tensions entre la Russie et les pays occidentaux liées à la guerre en Ukraine, le géant russe Gazprom a coupé ses livraisons par gazoduc vers la Pologne, la Bulgarie et la Finlande et a réduit ses livraisons de 40% vers la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Autriche, la République tchèque et la Slovaquie. Résultat, les livraisons de gaz russe représentent aujourd'hui la moitié de ce qu'elles étaient en 2021 à la même période. Pis encore, alors que la Russie a arrêté totalement, lundi 11 juillet, le fonctionnement de Nord Stream 1 pour une opération de maintenance prévue de longue date, les Vingt-Sept se préparent à ce que le gazoduc ne redémarre pas.
À lire également
D'ici quelques semaines, les flux devraient donc s'inverser pour transiter de l'Ouest vers l'Est. Ce qui est inédit. On se dirige vers « une reconfiguration des flux européens de gaz où la France et l'Espagne deviennent la porte d'entrée du gaz, là où avant elles en recevaient », explique-t-on au sein du cabinet d'Agnès Pannier-Runacher.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Juliette Raynal