Nucléaire : des petits réacteurs modulaires pour remplacer les anciennes centrales belges ?

La coalition au pouvoir a confirmé la fermeture des sept réacteurs nucléaires du pays d'ici 2025, exploités par la filiale belge d'Engie. Mais un financement de 100 millions d'euros a été acté ce matin en conseil des ministres afin d'accélérer le développement des petits réacteurs nucléaires. Un nouveau marché sur lequel le groupe français pourrait s'intégrer dans un rôle d'architecte.

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L'un des deux centrales belges.
L'un des deux centrales belges. (Crédits : Reuters)

Adieu le vieux nucléaire, bonjour celui de nouvelle génération ? La coalition belge au pouvoir a confirmé une nouvelle fois l'arrêt des sept réacteurs du pays d'ici 2025, dispatchés dans les deux centrales du pays, comme elle s'était engagée à le faire lors de sa prise de fonction en octobre 2020. Cette décision confirme l'acte législatif allant dans cette direction, votée en 2003, qui imposait la fermeture des centrales âgées de plus de quarante ans. L'accord validé hier par les libéraux, les écologistes et les socialistes assure un financement de 100 millions d'euros pour développer les petits réacteurs nucléaires de nouvelle génération, les fameux SMR - pour small modular reactor. A titre de comparaison, la France va injecter 1 milliard d'euros d'ici 2030.

"C'est avec un regard ouvert vers l'innovation et les nouvelles technologies que nous envisageons le futur énergétique", a plaidé M. De Croo, rappelant l'objectif de neutralité carbone à l'horizon 2050 auquel doivent aussi contribuer les renouvelables (solaire, éolien offshore).

Un mix énergétique pas encore clair

Ce compromis a été porté par les libéraux francophones du MR, un des sept partis de l'équipe gouvernemental. Ce parti mettait en garde contre le scénario de sortie complète défendu par la ministre de l'Energie, l'écologiste flamande Tinne Van der Straeten. Les libéraux appelaient à conserver une partie des capacités nucléaires actuelles en arguant notamment que les nouvelles centrales au gaz prévues pour sécuriser l'approvisionnement énergétique sont trop polluantes, génératrices de CO2. Le nucléaire compte pour environ 40% de l'électricité produite en Belgique.

Plus précisément, le chef des libéraux francophones Georges-Louis Bouchez n'a pas déposé les armes. Il est allé jusqu'à affirmer que "la sortie du nucléaire n'a pas été décidée", évoquant le délai de trois mois que le gouvernement se réserve par sécurité

La Belgique n'a toujours pas dit comment elle entend compenser la baisse de sa production d'électricité après la fermeture des réacteurs nucléaires, l'hypothèse de centrales au gaz étant ainsi envisagée. Une décision à ce sujet pourrait ne pas intervenir avant le mois de mars.

Globalement, le compromis obtenu retient "le scénario A" de la ministre de l'Energie. "L'accord confirme le mécanisme d'investissements mis en place pour remplacer le nucléaire actuel qui est obsolète", a encore indiqué cette même source.

Une histoire débutée en 1988

Avec l'arrêt du nucléaire, c'est une page qui se tourne pour la Belgique, et également pour l'exploitant du parc, une filiale d'Engie. Suez - l'ancêtre d'Engie, avait pris le contrôle en 1988, de la Société générale de Belgique, l'un des fleurons du pays, mettant ainsi la main sur Electrabel (l'équivalent belge d'EDF). Le groupe avait donc hérité de sept réacteurs, répartis sur deux centrales à Tihange en Wallonie et Doel en Flandre, avec au total 6 GW de capacités.

Alors que le gouvernement d'Herman Van Rompuy avait décidé en 2009 de porter à 50 ans la durée de vie du parc, Engie-Electrabel avait décidé de fermer l'activité d'ici 2025, dans la foulée de l'annonce du nouveau gouvernement, en octobre 2020. Une décision notamment justifié par les lourds investissements que représentaient un prolongement de l'exploitation des réacteurs historiques.

Mais le champion français pourrait continuer à accompagner le nucléaire en terre flamande et wallone. En effet, il développe depuis quelques temps une vision sur l'intégration des petits réacteurs nucléaires modulaires, comme l'explique ce document de 2020.

Comptant capitaliser sur son expérience acquise dans l'exploitation des centrales belges, Engie-Tractebel veut développer le concept du SMR à usage industriel tout en se positionnant comme un expert sur les évaluations financière et technique. L'entreprise assiste les inventeurs, constructeurs ou exploitants dans leurs projets de développement de SMR innovants, de l'étude de faisabilité à l'obtention des licences nécessaires auprès des autorités compétentes et à la mise en service finale.

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Commentaires 13
à écrit le 26/12/2021 à 11:50
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Nos centrales actuelles sont sous protection de la Gendarmerie. Tous ces petits réacteurs comme on dit aujourd'hui, il faudra aussi les protéger. Il y a donc de l'embauche en vue dans la Gendarmerie.

à écrit le 26/12/2021 à 10:11
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Les SMR existent depuis les années 70, ce sont les réacteurs de propulsion des sous marins d'une technologie bien maitrisée.

à écrit le 24/12/2021 à 15:23
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S'ils n'en veulent plus, qu'ils nous les louent pour passer l'hiver!

à écrit le 24/12/2021 à 14:42
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Il faut faire payer le dementelement des centrales par ceux qui les utilisent c'est a dire nos amis Belges et apres ils viendront nous acheter de l'elelectricite nucleaire pour faire leur frites ....

à écrit le 24/12/2021 à 7:01
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Bonne stratégie pour sortir des griffes de la France pour la production d'énergie qui causait des problèmes avec le controle des prix. Vont repartir de zéro, mais en controlant leurs prix de vente. Bon choux la Belgique

à écrit le 23/12/2021 à 20:55
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Ils peuvent se chauffer à la friteuse sinon !

à écrit le 23/12/2021 à 17:58
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Au niveau du réseau de distribution, on imagine que 50 petites sources c'est mieux que 5 grosses mais ça crée des surcoûts (en prix de l'énergie produite), des petits réacteurs. Fera-ce moins peur aux gens d'en avoir à 25km de chez soi et non plus 10...

le 24/12/2021 à 14:44
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ils nous les ont vendu car ca les arrangeaient bien mais faut passer au tittoire caisse

à écrit le 23/12/2021 à 15:02
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Entre les pertes de la taxe CO2 ,les portiques autoroutiers ,ITER ,les centrales que l'on arrivent pas à construire ,les programmes spaciaux qui n'ont rien d'urgent ,la dette et ses intérêts ,les renflouement d'entreprises d'État ,les largesses elect...

à écrit le 23/12/2021 à 14:57
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Pour 100 briques, t'as plus rien 😂.

à écrit le 23/12/2021 à 14:47
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Ce qui prouve que la course à la puissance de l'EPR était une erreur monumentale. Une fois de plus, l'industrie française prouve qu'elle est dirigée par des neuneus

à écrit le 23/12/2021 à 14:35
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nous aussi à Blaye au sud ouest !!!!! chez nous ont remet et ont enlève !!!! supprimé des emplois !!..

à écrit le 23/12/2021 à 12:33
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100 millions pour remplacer 7 réacteurs..? La crise de l'électricité est devant nous (pour mémoire, tout le nord de l'Europe est interconnecté).

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