EXCLUSIF. Selon nos informations, la majorité des candidats au dernier appel d’offres lancé par l’Etat sur les projets de parcs photovoltaïques au sol présenteront un vice de conformité. Comme pour celui sur l’éolien terrestre, où 6% seulement des volumes initialement recherchés ont été retenus, la plupart des exploitants n’auraient pas respecté une récente modification du cahier des charges. De quoi faire désordre, alors que le projet de loi du gouvernement sur l’accélération des énergies renouvelables...Une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule. Et un deuxième loupé se profile pour le gouvernement après celui observé lors du dernier appel d'offres sur l'éolien terrestre. Selon nos informations, l'appel d'offres lancé cette fois sur les projets de parcs photovoltaïques au sol, dont les candidatures ont été clôturées en décembre dernier, va déboucher lui aussi sur un fiasco.
A l'instar de celui sur l'éolien, où 6% seulement des volumes initialement recherchés ont été retenus, la majorité des postulants présentera un vice de conformité. Si bien que sur les 925 mégawatt-crête (MWc) appelés par la puissance publique, seule une toute petite partie risque d'être effectivement attribuée. De quoi, là encore, retarder la mise en service de nouvelles capacités d'énergies renouvelables en France, au moment même où l'exécutif martèle son souhait d'accélérer en la matière.
« Il ne fait aucun doute qu'il va y avoir un bis repetita », explique à La Tribune l'un des producteurs retoqués lors de l'appel d'offres sur l'éolien terrestre, et dans la course pour celui sur le solaire. « On sait aujourd'hui qu'on se dirige vers les mêmes pourcentages de rejet », confirme une source proche du dossier ayant requis l'anonymat.
Imbroglio général
En effet, pour la sélection des derniers lauréats sur l'éolien terrestre, dont les résultats ont été publiés en début de semaine, la majeure partie des candidats - correspondant à 75% de la puissance appelée - n'ont pas intégré une récente modification du cahier des charges imposé par le gouvernement, entraînant leur disqualification pure et simple. Si bien que finalement, 54 mégawatts (MW) de puissance ont été octroyés sur les 925 MW demandés - un « loupé historique », selon la Commission de régulation de l'énergie (CRE), l'instance chargée d'examiner les dossiers.
« Il y a eu un changement très précis dans la manière de remplir le formulaire sur les garanties financières, qui doivent désormais durer plus longtemps, et à côté duquel quasiment tous les opérateurs sont passés », précise un porteur de projet.