Pétrole : Aramco, numéro un mondial, publie pour la première fois ses chiffres semestriels

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(Crédits : Ahmed Jadallah)
Très discret sur ses comptes, cette publication est rarissime pour le géant saoudien: c'est même la première fois depuis les années 1970. Le groupe doit tenir un peu plus tard dans la journée sa première conférence téléphonique d'après-résultats de son histoire, au cours de laquelle elle devrait fournir aux investisseurs des détails sur ses comptes et ses projets (comme celui du rachat de 20% des opérations de raffinage et de chimie du conglomérat indien Reliance pour 15 milliards de dollars).

Le géant pétrolier national Saudi Aramco a annoncé lundi une baisse de près de 12% de son bénéfice net pour le premier semestre de l'année par rapport à l'an dernier, lors d'un exercice de communication rarissime pour cette entreprise d'Etat extrêmement secrète qui vise une introduction en bourse.

Chute du bénéfice: la faute aux cours du pétrole

"Le bénéfice net de l'entreprise a été de 46,9 milliards de dollars pour la première moitié (de) 2019, à comparer aux 53 milliards de dollars pour la même période l'an dernier", a affirmé Saudi Aramco dans un communiqué, invoquant un recul des prix du pétrole.

"Malgré la baisse des cours du pétrole lors de la première moitié de 2019, nous avons continué à enregistrer de solides résultats et une trésorerie importante", a toutefois affirmé Amine Nasser, le Pdg d'Aramco, cité dans le communiqué.

Exigence de transparence des marchés et recherche de débouchés

Après cette publication, rarissime pour le géant saoudien très discret sur ses comptes, le groupe doit tenir un peu plus tard dans la journée sa première conférence téléphonique d'après-résultats de son histoire, au cours de laquelle elle devrait fournir aux investisseurs des détails sur ses comptes et ses projets.

Dans un contexte de transparence accrue et de recherche de débouchés pour sa gigantesque production de brut, Aramco va également racheter 20% des opérations de raffinage et de chimie du conglomérat indien Reliance pour 15 milliards de dollars, a annoncé lundi à Bombay le patron indien de Reliance, Mukesh Ambani, l'homme le plus riche du pays.

En avril, Aramco dévoilait un bénéfice fabuleux de plus de 111 milliards

Saudi Aramco avait déjà dévoilé début avril des bénéfices considérables pour 2018, qui faisaient du géant saoudien du pétrole l'entreprise la plus rentable au monde avec 111,1 milliards de dollars de profit annuel.

Ce chiffre dépassait de près d'un tiers le bénéfice cumulé des cinq supermajors: les américaines ExxonMobil et Chevron, la britannique BP, l'anglo-néerlandaise Royal Dutch Shell et la française Total. Il était quasiment le double de celui d'Apple (59,3 milliards de dollars pour son exercice décalé 2018), société cotée qui réalise les plus gros bénéfices au monde.

Rarissime publication de comptes et nouvelles rumeurs d'entrée en Bourse

Cette publication, la première depuis sa nationalisation dans les années 1970, avait eu lieu à l'occasion d'une émission obligataire destinée à financer une partie de l'acquisition de 70% du groupe de pétrochimie SABIC, pour 69,1 milliards de dollars.

Le recul des bénéfices de Saudi Aramco pour le premier semestre 2019 survient au moment où les spéculations vont bon train sur une potentielle entrée en Bourse du groupe sur une place financière internationale, une opération déjà reportée par le passé.

En juin, le prince héritier Mohammed ben Salmane avait affirmé dans une interview que l'Arabie saoudite restait engagée à vendre jusqu'à 5% du géant pétrolier national sur les marchés financiers, mais seulement au "bon moment", évoquant une fenêtre d'introduction entre la fin 2020 et le début 2021.

L'entrée en Bourse, pierre angulaire du programme de réformes du prince

L'opération pourrait permettre de lever jusqu'à 100 milliards de dollars et constitue la pierre angulaire d'un vaste programme de réformes envisagé par le prince pour diversifier l'économie du royaume, qui dépend majoritairement de l'or noir.

Le groupe n'a pas fait mention lundi de l'introduction boursière d'Aramco dans son communiqué, pour laquelle les Bourses de New York, Londres et Hong Kong sont sur les rangs. Initialement prévue en 2018, elle avait été repoussée en raison de conditions de marché défavorables.

Pour préparer ses premiers pas boursiers, Ryad a mis en place un certain nombre de procédures clés dont une loi sur la taxation des hydrocarbures, la nomination d'un nouveau conseil d'administration d'Aramco et l'autorisation d'un audit indépendant des réserves de pétrole du royaume, a affirmé Mohammed ben Salmane en avril.

Première ouverture des comptes aux agences de notation

Aramco a également ouvert pour la première fois ses comptes aux agences de notation internationales et s'est transformée en société publique par action, selon le dirigeant.

Dans un contexte de transparence accrue et de recherche de débouchés pour sa gigantesque production de brut, Aramco va racheter 20% des opérations de raffinage et de chimie du conglomérat indien Reliance pour 15 milliards de dollars, a confirmé lundi le patron indien de Reliance, Mukesh Ambani, l'homme le plus riche du pays.

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a écrit le 13/08/2019 à 14:44 :
D'un côté le GIEC qui appelle à décarboner l'économie pour la survie de l'humanité, de l'autre, les plus gros bénéfices engrangés par une entreprise pétrolière. Ca pourrait être le thème du fable de La Fontaine, avec la morale suivante: il est plus facile de penser la fin de l'humanité, que celle du pétrole (pour paraphraser le titre d'un livre).
a écrit le 13/08/2019 à 7:13 :
46,9 milliards de bénéfice net pour la première moitié de l'année, et vous sortez les mouchoirs? C'est une plaisanterie ?
a écrit le 12/08/2019 à 14:32 :
Heureusement que le cours du pétrole a encore un minimum de sens et dans le contexte d'une crise économique mondiale du fait de l'incapacité de la classe dirigeante de guider la classe productrice il est logique que les bénéfices liés à cette activité soient en baisse constante.

Les débouchés ? Simple, revenir aux sources et ne fabriquer plus que le plastique de base à savoir inusable et incassable version recyclable ou modulable ou tout autre utilité circulaire et seulement circulaire. Le plastique restant quand même une formidable invention mais on ne peut plus se permettre qu"au nom de la marge bénéficiaire il continu de massivement polluer.

En ce qui concerne l'essence là aussi ce puissant lobby qui a encore tellement de ressources financières pourrait simplement générer des véhicules qui consomment très peu en rachetant par exemples des constructeurs que le manque de pouvoir d'achat des ménages condamne à être de plus en plus malmenés revenant sur le tout électronique, tout confort, de plus en plus inutile et surtout énormément énergivore, on a les moyens technologiques de faire plus simple et bien mieux.

Oui il est évident que nombreux intermédiaires vont couler mais d'être les premiers à mettre en place des idées qu'aucun juge ne leur refusera, c'est devenu important, leur permettra de pérenniser leurs nouvelles activités et d'être toujours sur la place.
a écrit le 12/08/2019 à 14:10 :
Le royaume saoudien est en marche vers la faillite, que le FMI avait pronostiqué pour 2020 sauf réformes drastiques.

La vente d'actions d'Aramco devait financer la diversification de l'économie. La chute des bénéfices va réduire d'autant le fruit de cette vente et la diversification est plus que superficielle.

D'autre part MBS a engagé le pays dans une série de guerres couteuses sur le plan financier, diplomatique et économique.
On hésite à investir dans un pays en guerre et dont le régime est passé de monarchie sévère à autocratie sanglante. Le sort réservé aux princes qui ont été pris en otages par le pouvoir, contre rançon, ne laisse pas présager d'un état de droit qui protègerait les investisseurs de l'arbitraire.

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