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Pétrole: pourquoi la crise pourrait empirer

Jérôme Marin

Publié le 21 avril 2020 à 14:53 - Mis à jour le 21 avril 2020 à 15:42

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L'arabie saoudite se dit prete a agir pour stabiliser le petrole

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Cours négatifs, demande en berne, capacités de stockage presque pleines... Malgré la baisse historique de la production votée par l'Opep+, le marché pétrolier n'entrevoit toujours pas de sortie de crise.

Du jamais vu sur le marché pétrolier. 

Depuis lundi, le baril de WTI, le brut américain de référence, évolue en territoire négatif. Autrement dit: les vendeurs doivent payer les acheteurs pour se débarrasser de leur pétrole. Jusqu'à 37 dollars par baril ! Une situation inédite, impensable il y a encore quelque semaines, qui illustre le spectaculaire choc qui frappe le secteur depuis que la propagation de l'épidémie de coronavirus a mis à l'arrêt des pans entiers des grandes économies mondiales, et fait plonger la demande de pétrole.

Cette première historique est avant tout une "anomalie" technique. Elle s'explique par l'expiration des contrats pour livraison en mai, qui arrivent à échéance ce mardi. Les traders et les spéculateurs qui détiennent ces contrats à terme doivent en effet s'en séparer à la hâte avant qu'ils ne se transforment en livraisons physiques. Et ainsi éviter de se retrouver avec des lots de 1.000 barils sur les bras. Ce mouvement de panique a été accentué par l'envolée des prix du stockage, alors que les capacités mondiales se remplissent très vite et pourraient être pleines au cours des prochaines semaines.

Surproduction

Une anomalie certes, mais qui pourrait bien se reproduire dans un mois lorsque les contrats pour livraison en juin arriveront à leur tour à échéance, préviennent déjà les analystes de S&P Global Platts. Car la situation sanitaire mondiale ne laisse pas entrevoir des signes de stabilisation du marché pétrolier à court terme. Dans de nombreux pays, les mesures de confinement se prolongeront, au moins, jusqu'au courant du moi de mai. Et lorsqu'elle seront levées, la relance des économies ne sera que très progressive.

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L'Agence internationale de l'énergie (AIE) prédit ainsi que la demande devrait chuter de 29 millions de barils par jour en avril, par rapport à 2019, retombant à son plus bas niveau depuis 1995. En mai, le repli devrait se chiffrer à 26 millions de barils par jour. Et à 15 millions de barils en juin. La surproduction pétrolière devrait donc se poursuivre pendant plusieurs mois, malgré l'accord trouvé mi-avril par les pays membres de l'Opep+ pour réduire drastiquement leur production. Mais l'ampleur de ces coupes (9,7 millions de barils par jour) reste bien insuffisante.

Jérôme Marin

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