Plastique : le gouvernement lance un "pacte" autour des emballages

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Parmi les signataires: Auchan, Carrefour, Casino, Coca Cola Europe, Danone, Système U, Franprix, Monoprix, Unilever, L'Oréal, Nestlé France, représentant au moins la moitié du volume d'emballages plastique utilisés en France.
Parmi les signataires: Auchan, Carrefour, Casino, Coca Cola Europe, Danone, Système U, Franprix, Monoprix, Unilever, L'Oréal, Nestlé France, représentant au moins la moitié du volume d'emballages plastique utilisés en France. (Crédits : Baz Ratner)
Plusieurs groupes de l'agroalimentaire et de la grande distribution se sont engagés jeudi à mieux recycler leurs emballages en plastique et à travailler à leur éco-conception voire à leur élimination. Mais cette approche purement volontaire est contestée par des ONG.

Selon la secrétaire d'Etat Brune Poirson, qui doit présenter d'ici l'été un projet de loi sur l'économie circulaire, voici "une étape majeure dans la lutte contre la pollution plastique": jeudi 21 février plusieurs groupes, notamment de l'agroalimentaire et de la grande distribution, ont signé avec le gouvernement et des ONG un "pacte" visant à réduire les emballages en plastique.

"Cette convergence sur le constat, le discours et les actions est inédite en France et unique en Europe", assure la secrétaire d'État.

Parmi les signataires: Auchan, Carrefour, Casino, Coca Cola Europe, Danone, Système U, Franprix, Monoprix, Unilever, L'Oréal, Nestlé France, représentant au moins la moitié du volume d'emballages en plastique utilisés en France -pour le conditionnement, le transport ou la protection des produits.

Des engagements évalués régulièrement

Ces entreprises s'engagent à "atteindre collectivement 60% d'emballages plastiques effectivement recyclés d'ici 2022" (contre 26% aujourd'hui), explique le communiqué de presse du gouvernement. Elles promettent également d'"éco-concevoir les emballages pour les rendre réutilisables, recyclables ou compostables à 100% d'ici 2025", ainsi que d'"établir une liste des emballages devant être désignés comme problématiques ou inutiles et pour lesquels des mesures pour leur élimination devront être prises".  Parmi les exemples concrets d'actions potentielles citées par le ministère, le remplacement des pailles en plastique et des barquettes en polystyrène (pour lesquelles il n'existe aujourd'hui pas de solution de recyclage viable économiquement), l'offre de certains produits en vrac et l'augmentation des taux de matière recyclée incorporée dans certains produits.

L'Etat, le WWF et la Fondation Tara, agissant comme garants, seront chargés de suivre la mise en oeuvre des engagements prévus par le texte. Un point des avancées sera réalisé tous les six mois dès 2021, et un bilan rendu public chaque année. "Ainsi, les entreprises signataires devront par exemple indiquer le taux de matières plastiques recyclées incorporées dans les emballages", souligne le ministère.

Pas d'objectif chiffré de réduction des emballages

L'idée d'un "pacte" s'est imposée devant la difficulté à légiférer sur cette question, pour des raisons pratiques (diversité des matériaux) ou même sanitaires, explique-t-on au ministère de la Transition écologique et solidaire. "Tous les acteurs comprennent qu'il est plus que jamais temps pour eux d'investir réellement la question sans quoi nous passerons de l'incitation à la sanction", souligne Brune Poirson, en réitérant ainsi une menace qui avait déjà plané en juillet 2018, lors de premiers engagements de l'industrie sur le plastique.

Mais les ONG Zero Waste et Surfrider, pour qui des mesures réglementaires contraignantes sont indispensables, rejettent cet argument. "Le pacte volontaire signé jeudi apparaît insuffisant pour inverser une tendance de croissance exponentielle", soulignent les ONG, relevant que, selon les prévisions du secteur, la production de plastique mondiale devrait croître de 40% ces 10 prochaines années, les emballages jetables représentant un tiers de cette augmentation.

Or, "si le pacte reprend des engagements positifs sur la progression du recyclage, il ne contient aucun objectif chiffré de réduction nette des quantités d'emballages utilisés, ce qui ne permet pas d'évaluer l'ambition réelle des entreprises signataires", arguent les associations.

Les emballages représentent aujourd'hui un tiers du plastique utilisé, mais près de 60% de celui que l'on retrouve dans la nature et notamment les océans.

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a écrit le 22/02/2019 à 10:52 :
Voilà un combat, qui mérite d’être mis en avant et accentué. Car cette pollution des plastiques et particulièrement des bouteilles, m’inquiète beaucoup plus que le dérèglement climatique. Les océans en sont blindés, les bords des routes également c’est du délire. Les taxes carbone qui ne servent à rien au niveau climat devraient être dirigées vers cette lutte .Les mesures de nettoyage sont urgentes. En ce qui concerne les bouteilles, qu’attend-on pour un retour au verre consigné ?
a écrit le 22/02/2019 à 9:58 :
il faut taxer les emballages qui finiront très vite au recyclage !
a écrit le 22/02/2019 à 9:12 :
En Suède une bouteille plastique (c'est imprimé dessus) c'est 10Kr de consigne, 1 euro environ, mais ne sais pas quel chemin ça suit ensuite, est retraitée, re-remplie, broyée, ... ?
Y a un côté "pervers" à la vertu du recyclage, on paie l'emballage contenant le produit, on le met dans le conteneur de recyclage sinon amende salée à craindre (mauvais citoyen, mauvais trieur), on paie pour faire enlever tout ça et aller dans les filières vertueuses en place, mais ça signifie en creux que rien ne doit changer vu que c'est optimal à 100%, rien de perdu, ni envolé aux courants d'air ni flottant sur une rivière ou un fleuve.
L'économie de l'emballage est alors optimale, rien ne peut en faire réduire les quantités vu que les cycles complets existent, on peut même sur-sur-sur-emballer vu que ça sera traité, géré, transformé et pas perdu.
Y avait pas mal de chose sous verre mais ça a basculé en plastique. Le verre est peu écolo à cause de son poids, mais réutilisable à l'infini. Fini le jus d'orange, j'achète les fruits, le lait, j'en ai trouvé (cher) en verre mais la filière est là pour le flacon. A nous de laisser les trucs qui ne nous conviennent pas, on les verra disparaitre faute d'acheteurs.
Le polystyrène, c'est dommage, surtaxé car pas de filière, pourtant le seul qui redonne le monomère en le chauffant PS -> Styrène réutilisable comme matière première pour refaire du PS neuf. On a choisi de ne traiter que le PET, matériau des flacons.
a écrit le 21/02/2019 à 20:17 :
Pourquoi ne pas remplacer ces bouteilles en plastiques par du verre ou bien emballage en carton ou bien tout simplement «  récupération «  des bouteilles plastiques vides , les stériliser et remettre dans le circuit ou bien

Installation de machine libre service de boissons et chacun vient avec sa bouteille en plastique multi-usages illimités pour se servir et payer en caisse.( ou bien du verre aussi= c’est mieux pour la santé )

Ça limitera la production du plastique.
a écrit le 21/02/2019 à 17:46 :
L'emballage c'est aussi la marge bénéficiaire de l'actionnaire qui possède le monde.

Rien n'est fait actuellement en matière d'emballage alors que l'on devrait pouvoir trouver sans aucun problème des grosses quantités ou que l'on puisse acheter en vrac.

Avec internet on peut tout intégrer, toute la paperasserie, les modes d'emplois, les garanties et-c..., les emballages sont donc devenus entièrement dispensables. Ce n'est encore une fois qu'une question de marge bénéficiaire à éliminer mais comme les LREM sont aussi une de leur marge bénéficiaire, ainsi que le PPE et l'union européenne dans son ensemble ça ne bouge pas.

Sans parler de la filière verre totalement sous exploitée alors que facilement recyclable.

C'est pas les idées ni les solutions qu'il manque c'est la volonté des propriétaires de capitaux et d'outils de production, uniquement.

Plus on possède et plus on est possédé.

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