PME, collectivités locales : un « amortisseur énergie » au goût d'usine à gaz budgétaire
César Armand et Marine Godelier
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Reuters
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Un effort budgétaire exceptionnel de 12 milliards d'euros en 2023, mais « sans creuser le déficit ». Telle est la promesse du gouvernement, qui a présenté jeudi sa panoplie de mesures pour soutenir les entreprises et les collectivités locales face à la hausse des prix de l'énergie. L'équation risque de virer au casse-tête : il s'agira de « ne pas laisser tomber » les acteurs les plus durement touchés par la flambée des cours, lesquels appellent à l'aide depuis plusieurs semaines, tout en restant « vigilant sur les dépenses publiques », a assuré le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, lors d'une conférence de presse. Le beurre et l'argent du beurre.
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Pour décaisser sans s'endetter, l'exécutif compte notamment s'appuyer sur les rentes générées par certains acteurs pendant la crise : 7 des 12 milliards d'euros mobilisés proviendront des recettes des énergéticiens dont les coûts de production s'avèrent aujourd'hui bien inférieurs aux prix de vente sur le marché. En premier lieu EDF : en plus de l'ARENH, qui oblige le groupe français à vendre 100 terawattheure (TWh) à prix cassés à ses concurrents, le reste de sa production sera taxée au-delà d'un plafond de 180 euros le mégawattheure (MWh) afin d'alimenter les caisses de l'Etat. Par ailleurs, 3 milliards d'euros seront issus du guichet mis en place par le gouvernement cet été, une enveloppe déjà provisionnée pour les aides existantes et qui a été très peu utilisée.
César Armand et Marine Godelier