Le nouveau plan à 7 milliards d’euros proposé par Bruno Le Maire pour alléger les factures énergétiques des entreprises peine à convaincre les dirigeants normands dont La Tribune a pris le pouls. Il faut aller plus vite et plus fort sous peine d’une casse majeure, alertent-ils.Si c'était un ballon d'essai, il a tout l'air de faire pschitt. Au lendemain de la promesse faite par Bruno Le Maire de lancer un nouveau dispositif d'aide aux entreprises censé amortir la flambée des coûts de l'énergie, l'accueil est pour le moins circonspect sur le terrain. L'angoisse monte d'un cran chez les dirigeants que nous avons rencontrés, à la veille de renouveler leurs contrats de fourniture d'énergie.
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Le peu d'effet des mesures adoptées jusqu'ici leur fait douter de l'efficacité des prochaines.
«Malgré la charte que le gouvernement a signé avec les fournisseurs, nous recevons encore des offres "à prendre ou à laisser" le jour même à 17h et à des niveaux qui oscillent entre 300 à 490 euros du mégawatt», tempête Alain Verna, président de l'UIMM Normandie et PDG de Toshiba Tec Europe (Dieppe).
Lui redoute qu'en l'absence d'un bouclier tarifaire en acier trempé, sa maison-mère japonaise ne soit tentée de transférer la fabrication des encres pour imprimantes, produites à Dieppe pour la Chine, dans son usine américaine à l'abri de la crise énergétique qui frappe l'Europe.
«Le seul niveau qui serait supportable pour nous, c'est une augmentation des prix de l'énergie de deux, voire deux fois et demi.Au delà, ce sera infranchissable», prévient-il.
Soit bien en deçà des montants que le ministère de l'Économie envisage de prendre à sa charge dans son nouveau mécanisme de soutien. « Même si on revient à un coefficient multiplicateur des factures de trois ou quatre, ce sera encore trop lourd », insiste Alain Verna.
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Des entrepreneurs « figés par la peur »
Patrick Coquelet, Pdg du plasturgiste Polytechs installé en Seine-Maritime (160 salariés et 40 millions d'euros de chiffre d'affaires) se montre au moins aussi alarmiste. « Cela fait quarante ans que j'exerce et je n'ai jamais vu un contexte aussi violent. Si l'État ne réagit pas plus vite et plus fort, la situation va devenir explosive, et je pèse mes mots », alerte t-il, l'air grave.