Une étude de The Lancet évalue à 340 milliards de dollars par an le coût de l'exposition aux perturbateurs endocriniens. Ce chiffre est atteint en mesurant les pertes économiques engendrées par les maladies et le manque à gagner dû aux pertes de points de quotient intellectuel des personnes exposées aux substances perturbant le fonctionnement normal d'un organisme.
Comment les scientifiques en sont-ils arrivés à un tel montant ? Les auteurs des deux études se sont notamment concentrés sur les incidences économiques liées à la perte de QI des personnes exposées aux perturbateurs endocriniens (présents dans les bouteilles en plastique, canettes alimentaires, détergents, jouets, cosmétiques,...). D'après l'étude de Lancet Diabetes & Endocrinology, les déficiences intellectuelles et la perte de points de quotient intellectuel (QI) liés à l'exposition aux polybromodiphényléthers (PBDE, utilisés notamment dans les meubles ou les emballages) seraient à l'origine des deux tiers des coûts sanitaires dus aux perturbateurs endocriniens aux Etats-Unis.
Des millions de points de QI perdus
Les scientifiques recensent 11 millions de points de quotient intellectuel (QI) perdus et 43.000 cas de retard intellectuel aux Etats-Unis pour la seule exposition au PBDE. Selon Teresa Attina, coauteure de l'étude, chaque point de QI perdu représente une réduction d'environ 2% de la productivité, soit une perte de revenus de 20.000 dollars par tête.
A cela, les scientifiques additionnent le coût des pesticides, qui auraient provoqué la perte de 1,8 million de points de QI et engendré 7.500 cas de retard intellectuel. Et en comptant les effets de l'ensemble des perturbateurs endocriniens, en comptant les phtalates et le bisphénol A, les scientifiques additionnent les coûts induits par les cas de diabètes et de maladies cardiovasculaires, notamment.
Le calcul des coûts économique induits par les points de QI perdus est-il fiable ?
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Néanmoins, comme l'explique l'épidémiologiste Denis Zmirou-Navier (EHESP) interrogé par le journal suisse Le Temps, cette méthode est discutable "elle ne prendrait pas suffisamment en compte le fait que certaines économies peinent à absorber de la main-d'œuvre très qualifiée". En outre, "l'augmentation du niveau d'études ne garantit pas toujours des revenus plus élevés".