Renationalisation partielle d'EDF : la piste se précise, l'action bondit

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(Crédits : Reuters)
Pour sortir EDF du piège de la dette, le gouvernement français préparerait une renationalisation partielle des activités nucléaires d'EDF. La mise en oeuvre de ce plan pourrait intervenir en 2021.

L'électricien EDF va lancer sa réorganisation le 28 mai avec une réunion du comité de la stratégie de son conseil d'administration qui se penchera sur une renationalisation des activités nucléaires du groupe, a dit ce lundi 15 avril une source proche du dossier à Reuters, confirmant des informations du journal Le Parisien. Cette source a également confirmé que le projet serait ensuite présenté le 7 juin aux 200 hauts dirigeants de l'entreprise, puis le 20 juin aux organisations syndicales, comme rapporté par le quotidien.

En Bourse, le titre EDF prend 3,01% à 12,480 euros vers 13h05 alors que l'indice SBF 120 avance de 0,27% au même moment.

La nationalisation d'une partie des activités... et la privatisation progressive d'une autre

En novembre 2018, le président Emmanuel Macron a demandé à EDF de revoir son modèle pour garantir le financement de ses activités et annoncé que l'Etat allait réfléchir au renforcement de sa participation au capital du groupe - dont il détient aujourd'hui 83,7% -, face aux enjeux et aux risques spécifiques du nucléaire.

Selon Le Parisien, la réflexion pourrait aboutir à la création d'une "holding mère" qui « ne serait pas forcément à 100% publique ; en tout cas pas tout de suite », en raison du coût élevé de rachat des actionnaires minoritaires d'EDF, estimé entre six et huit milliards d'euros. Toujours selon le quotidien, cette structure de tête « accueillerait le nucléaire et sa commercialisation sur le marché de gros », et peut-être aussi les grands barrages hydrauliques.

Elle détiendrait également « majoritairement mais pas forcément à 100% » une participation dans une "société fille" qui porterait la vente auprès des clients, particuliers et professionnels, ainsi que les participations dans les réseaux, RTE et Enedis. Ce dernier pourrait en outre, à terme, ouvrir son capital aux investisseurs privés.

Le projet serait examiné par la Commission européenne en 2020 pour une mise en oeuvre prévue en 2021.

Préserver l'intégrité du groupe

Dans une note, Jefferies a calculé que le coût de rachat des minoritaires évoqué impliquait un prix de 12,5 à 16,6 euros par action, soit 20% de plus que le cours actuel en milieu de fourchette. Sam Arie, analyste chez UBS, juge pour sa part que la restructuration d'EDF aboutira à la création de deux bilans distincts et potentiellement à l'introduction en Bourse d'un "nouvel EDF", sur le modèle de la création de l'allemand Innogy à partir de RWE.

« S'il y a une renationalisation du groupe EDF incluant le parc nucléaire, nous nous attendons à une prime pour les minoritaires », a-t-il ajouté. EDF n'a pas commenté ces informations.

L'option d'une holding de tête aurait le mérite de préserver formellement l'intégrité de l'électricien public, condition posée par l'Élysée. L'État prendrait ainsi en charge les activités nucléaires et garderait le contrôle du "nouvel EDF", qui pourrait toutefois rester coté et aurait vocation à s'ouvrir à d'autres investisseurs.

Une renationalisation du parc nucléaire d'EDF impliquerait cependant une nouvelle régulation des prix de vente du groupe, aujourd'hui plafonnés par le mécanisme de l'Arenh (Accès régulé au nucléaire historique), dont l'électricien public souligne régulièrement l'impact négatif sur ses résultats.

Selon Le Parisien, EDF a diligenté plusieurs organismes financiers avec lesquels il travaille, dont la Société Générale, JP Morgan, UBS, Oddo ou encore Natixis.

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a écrit le 16/04/2019 à 12:29 :
Cas école du principe libéro-macroniste : nationaliser les activités déficitaires et en même temps privatiser les rentes de situation ( fournisseurs alternatifs bénéficiaires de prix de gros d'électricité nucléaire artificiellement bas , et de conditions d'achats obligatoires par EDF d'électricité voltaïque et éolien à des prix très supérieurs aux prix de marché . Et pour s'assurer de la neutralité syndicale dans l'entreprise , promettre de maintenir statut et avantages exceptionnels du personnel malgré leur coût exorbitant .
Tant pis pour les contribuables consommateurs .
a écrit le 16/04/2019 à 3:07 :
Francais, a vos porte monnaies....
a écrit le 15/04/2019 à 16:44 :
Le prix de l'électricité est surtout composé de taxe 40% hors TVA, TVA qui s'ajoute d'ailleurs à l'ensemble du prix... L'augmentation sert surtout à sauvegarder les profiteurs de l'oligarchie financière, purs produits de cette construction européenne funeste à notre nation. L'article 106 du TFUE nous contraint au démantèlement de ce fleuron industriel hérité du CNR au profit de quelques affairistes que l'on retrouve comme lobbyiste à Bruxelles. L’ARENH est la plus belle spoliation légale de tous les temps. L’ARENH obligent EDF à céder le quart de sa production (100Twh/h) à 42 Euro le Mwh/h pour que des pseudos concurrents puissent se remplir les poches sans risque!
Vous pouvez lire cet article : https://www.quechoisir.org/actualite-electricite-hausse-de-tarif-abusive-n65711/
Voir également le scandale de l’obligation d’ouverture des concessions des barrages poussées par Margrethe Vestager. Concernant les barrages, voici une excellente analyse : https://blogs.mediapart.fr/bertrand-rouzies/blog/160618/privatisation-des-barrages-francais-un-acte-de-haute-trahison
Sur l'autel de la construction européenne nous sommes, via le traité de Lisbonne, en train de nous saborder. Il faut savoir que la négociation avec la commission va être rude. Quelles en seront les contreparties ??

Salutation à Aegean
a écrit le 15/04/2019 à 15:54 :
on est tranquille, l électricité va doubler dans les 10 ans
a écrit le 15/04/2019 à 15:24 :
C'est beau le capitalisme néolibéral, on nationalise quand ça ne fonctionne pas pour ne pas assumer les responsabilités et on privatise quand cela fonctionne et est rentable. Privatisation des profits, nationalisation des pertes... Privatiser des actifs aussi stratégiques que le rail, l'énergie, l'eau, les monopoles d'Etat, les autoroutes et aéroports etc c'est un crime de haute trahison
Réponse de le 15/04/2019 à 15:58 :
On nous prend pour des vaches à lait... il est temps de sortir de l´UE, de l’Euro et de l’OTAN pour retrouver notre souveraineté et refaire de nos entreprises publiques un bien au service du peuple et non de profiteurs ponctuels.

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