Sûreté nucléaire : inquiétudes après l’annonce surprise de la fusion entre l’ASN et son bras technique
Juliette Raynal
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CHARLES PLATIAU
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« C'est un séisme », « on ne s'y attendait absolument pas », « c'est un véritable coup de massue sur la tête », « tout le monde est resté sans voix, complètement estomaqué »... A l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), les réactions des délégués syndicaux sont unanimes. Tous sont abasourdis par l'annonce surprise du gouvernement, qui prévoit de faire disparaître cette institution née, il y a 20 ans, du rapprochement de l'IPSN (Institut de protection et de sûreté nucléaire), historiquement rattaché au Centre d'énergie atomique (CEA), et de l'Office de protection contre les rayonnements ionisant (OPRI).
Le gouvernement compte, en effet, scinder et répartir les compétences de cet institut chargé de la recherche et de l'expertise sur les risques nucléaires et radiologiques au sein de trois autres organismes : l'Autorité de sûreté nucléaire (l'ASN), son équivalent dans le monde militaire, le DSND, et le CEA, organisme public chargé de la recherche dans le nucléaire et les nouvelles énergies. Le communiqué de presse présentant cette vaste réforme précise que « les compétences techniques de l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) seront réunies avec celles de l'ASN ». Cette annonce fait suite à une décision prise lors du Conseil de politique nucléaire, réuni le 3 février dernier par Emmanuel Macron, et auquel l'IRSN n'était pas convié.
L'ensemble des 1.700 salariés de l'IRSN, le bras technique de l'ASN, ont pris connaissance du projet de fusion entre l'IRSN et l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) mercredi matin à 9h30. Leur directeur général Jean-Christophe Niel les a réunis en visioconférence, deux heures à peine avant que le communiqué de presse du ministère de la Transition énergétique ne soit publié. « Nous l'avons senti abattu », rapporte Philippe Bourachot, délégué CGT, syndicat majoritaire à l'IRSN.
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La surprise générale ne se limite pas aux seuls salariés de l'institut. L'annonce n'était visiblement attendue de personne, ou presque, dans la filière. « Surprise généralisée autour de moi, dans mon entreprise, comme parmi les collègues d'autres entreprises », témoigne Tristan Kamin, ingénieur en sûreté nucléaire. « A peu près personne n'a d'avis tranché sur le sujet... Ni même ne prétend pouvoir en avoir un ! », confie-t-il.
Juliette Raynal