A la rescousse du nucléaire, le Livret A préservera le logement social
César Armand
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C'est une question que doit se poser le nouveau PDG d'EDF, Luc Rémont, plusieurs fois par jour: comment financer le coût de construction des six nouveaux réacteurs nucléaires EPR2, une facture estimée à 51,7 milliards d'euros, voire à plus de 56 milliards en cas de difficulté ? Qui va payer ? EDF? L'Etat ? Le consommateur ? Et ce sachant que les 56 réacteurs nucléaires français, fruits du plan Messmer et construits entre le début des années 1970, ont été financés par l'énergéticien, sur ses fonds propres, puis par emprunt. Un schéma impossible aujourd'hui au regard de l'endettement colossal du groupe, supérieur à 60 milliards d'euros.
D'après Les Echos, les milliards d'euros du Livret A seraient l'une des pistes étudiées par le gouvernement, « une des rares ressources qui permet de déployer des financements à très long terme, cela correspond assez bien au profil du nucléaire », observe une source au sein des pouvoirs publics citée par nos confrères.
Selon nos informations, la Caisse des Dépôts, qui collecte le livret d'épargne préféré des Français dont le taux vient d'être relevé à 3%, est effectivement entrée en contact, il y a six mois, avec la direction financière d'EDF. Le bras armé de l'Etat sait en effet proposer des financements de 30 ans pour le logement social, de 40 ans pour les ponts et même de 80 ans pour le portage de foncier. « Nous sommes dans l'horizon du financement du nucléaire », déclare, à La Tribune, une source proche du dossier.
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En filigrane, ce sujet a été évoqué, dès janvier à l'Assemblée et au Sénat, par le directeur général de la Caisse, candidat à sa réélection. « Je suis convaincu que l'épargne populaire, du Livret A, du Livret de développement durable et solidaire, du Livret d'épargne populaire qui, au total, atteint 500 milliards d'euros aujourd'hui, peut davantage encore financer la transformation de notre appareil de production énergétique », avait affirmé Eric Lombard. Confirmé par les parlementaires, le patron de la CDC a remis le sujet sur la table en conseil de surveillance.
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