Total se retirera de son projet gazier en Iran s'il n'a pas une dérogation des Etats-Unis

 |   |  433  mots
Nous allons tout faire pour poursuivre le projet. Nous le devons à l'Iran qui nous a fait confiance, avait déclaré le PDG de Total, Patrick Pouyanné, le 3 avril dernier
"Nous allons tout faire pour poursuivre le projet. Nous le devons à l'Iran qui nous a fait confiance", avait déclaré le PDG de Total, Patrick Pouyanné, le 3 avril dernier (Crédits : Reuters)
Total renoncera à son grand projet d'exploitation du gisement offshore South Pars 11 en Iran s'il n'obtient pas une dérogation des Etats-Unis. Le risque d'une sanction est trop élevé, au regard des actifs américains de la compagnie française d'un montant de 10 milliards de dollars.

Le groupe français Total ne mènera pas à terme un grand projet gazier entamé en juillet 2017 à moins d'obtenir une dérogation de la part des autorités américaines, suite au retrait des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien, a-t-il annoncé mercredi dans un communiqué.

Le 8 mai, le président américain Donald Trump a déclaré que son pays se retirait de l'accord signé en 2015 entre des grandes puissances et l'Iran, qui avait accepté de brider son programme nucléaire en échange de la levée d'une partie des sanctions internationales.

"En conséquence (...), Total ne pourra pas continuer le projet South Pars 11 (SP11) et devra mettre fin à toutes les opérations qui y sont liées avant le 4 novembre 2018, à moins qu'une dérogation propre au projet ne soit accordée par les autorités américaines, avec le soutien des autorités françaises et européennes", explique le groupe.

L'administration Trump a choisi de rétablir l'intégralité des sanctions levées après l'accord de 2015 et d'appliquer des sanctions encore plus sévères.

Le producteur français de pétrole et de gaz souligne que les actifs américains "représentent plus de 10 milliards de dollars des capitaux employés de Total", et qu'il "ne peut pas se permettre d'être exposé à des sanctions secondaires américaines, qui peuvent comprendre la perte des financements en dollars par des banques américaines (...)".

Un contrat "en stricte conformité"

Pour obtenir une exemption, Total compte invoquer les conditions dans lesquelles a été signé le contrat de plusieurs milliards de dollars pour développer la phase 11 du vaste champ gazier offshore Pars Sud en Iran, avec Petrochina comme partenaire. Un contrat "en stricte conformité avec les résolutions de l'ONU et les législations américaines, européennes et françaises en vigueur à l'époque", précise le communiqué, qui insiste aussi sur le fait qu'il s'agit de gaz destiné uniquement au marché domestique iranien.

"Total a mis en œuvre volontairement une politique s'assurant qu'aucun des prestataires ne participant au projet ne soit affilié au corps des gardiens de la révolution, apportant ainsi une contribution aux objectifs de politique étrangère visant à restreindre la sphère d'influence de ce groupe", insiste le communiqué.

"Nous allons tout faire pour poursuivre le projet. Nous le devons à l'Iran qui nous a fait confiance. Certains considèreront cela comme un échec mais je préfère cela plutôt que d'avoir renoncé à une belle opportunité par manque d'audace", avait déclaré aux Echos le PDG de Total, Patrick Pouyanné, le 3 avril dernier.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 18/05/2018 à 8:30 :
C'est comme si c'était fait.
a écrit le 17/05/2018 à 20:30 :
Il est claire que total un groupe internationnal ne peux pas aller à l'encontre de la politique americaine, ils on bien trops à perde....
Mais bon, nous n'oublierons pas les Americain dàns se couts la ....
S'ils y a une guerre est que sa parts en cacahouète , nous les laisserons se débrouille avec leur probleme...
Ils n'est pas question de faire tuer dès soldâts francais ....
a écrit le 17/05/2018 à 18:23 :
Cela devrait donner à réfléchir ; Il est bien évident que toutes transactions en dollars, tout commerce sur le territoire des US, nous rends juridiquement dépendant des juges US. C’est scandaleux, c’est du chantage ,mais …..qui osera s’opposer à cette extraterritorialité des lois américaines tant que le dollar sera monnaie de référence mondiale ? Alors pourquoi continuer à commercer avec ces gens-là ? Plus facile à dire qu’à faire, compte tenu des montages financiers de beaucoup de sociétés internationales comme Total. Il ‘empêche qu’il faut y réfléchir plus que sérieusement, et si l’Euro pouvait servir comme monnaie de substitution avec les autres puissances, il trouverait la une sacrée justification.
https://www.latribune.fr/economie/france/extraterritorialite-des-lois-americaines-la-france-veut-un-systeme-similaire-a-celui-des-etats-unis-754556.html
a écrit le 17/05/2018 à 18:05 :
Trump sait utiliser la puissance américaine au seul désavantage finalement de ses propres alliés ! Il crée des tensions au moyen orient, le pétrole monte en flèche (ils en sont le premier producteur mondial) ils se gavent, ils imposent des sanctions aux entreprises européennes qui laissent la place ou devront payer des amendes exorbitantes, tout benef pour les USA.
Réponse de le 17/05/2018 à 20:57 :
S'est claire toute est pou r le bénéfice des USA, le reste du monde doit payer...
Comme ce constat est accablant , nous devons favoriser nos échange commerciaux avec la Russie et la Chine.... Vendre dè la haute technologie ...
Ils nous faut taper là où sa fait mal....
a écrit le 17/05/2018 à 15:31 :
Que ce dit Donald Trump ? C'est qui le chef ?
a écrit le 17/05/2018 à 15:24 :
Comment éradiquer la concurrence et ensuite conclure un accord avec l'iran pour placer leurs entreprises ! ils sont forts ces amerlocs !
a écrit le 17/05/2018 à 15:05 :
Et si Total cédait l'exploitation aux Russes ?
a écrit le 17/05/2018 à 12:54 :
C'est ce que nous appelons "Solidarité"
Les sanctions pour les autres, les dérogations pour "La Grande Nation"
Les Italiens sont aussi engagés en Iran, d'accord, mais on ne peut pas faire des dérogations pour tout le monde.
a écrit le 17/05/2018 à 11:31 :
C'est étonnant qu'il n'existe pas de montages de sociétés pour pouvoir exploiter en Iran sans recevoir la foudre États-unienne, tout en respectant les accords Européens-Iran.

Lorsqu'il s'agit de Double Irish avec Dutch Sandwich sauce Malte/Bermude/Delware; là c'est étrangement possible...
Réponse de le 17/05/2018 à 15:21 :
"C'est étonnant qu'il n'existe pas de montages de sociétés pour pouvoir exploiter en Iran sans recevoir la foudre États-unienne"

Je ne le pense pas, je pense que les services de renseignements américains sont surtout suffisamment efficaces pour en connaitre beaucoup quand même voir la totalité, deep web ou pas.

Enfin je serais une multinationale, européenne en plus, donc sans puissance politique réelle pour me couvrir, je me plierais aux exigences des autorités américaines sans tiquer.

Seules des multinationales américaines peuvent, comme GS par exemple, faire office un temps seulement de contre pouvoir et avoir les mains libres ce temps durant.
Réponse de le 17/05/2018 à 15:48 :
Il me souvient que des techniciens américains étaient employés sur des sites pétroliers en Lybie par des entreprises écran, en raison de l'embargo décidé par les USA.
a écrit le 16/05/2018 à 23:08 :
En avril 2012, Peugeot s’est retiré du marché iranien sous la pression de son nouvel actionnaire General Motors et de United against nuclear Iran, un organisme piloté par les services secrets américains, britanniques, allemands et israéliens. Le constructeur au lion a ainsi perdu un marché à l’export rentable et en croissance qui aurait pu l’aider à surmonter la conjoncture européenne déprimée.

Le 26 juillet 2013, Carlos Tavares, directeur général délégué de Renault, annonçait que « le Président Obama a donné l’ordre de cesser l’activité en Iran ». En cause, le renforcement des sanctions de Washington à l’égard de l’Iran et la menace de rétorsion contre Nissan sur le marché américain en cas de poursuite des affaires iraniennes de Renault.
1) Le retrait de Peugeot et de Renault d’Iran, sur ordre des États-Unis et sans contestation du gouvernement français, est une nouvelle manifestation de la soumission de la France aux diktats américains.

1.1.- L’abandon de l’industrie française

Le gouvernement français n’a pas contesté le renforcement des sanctions contre l’Iran décidées unilatéralement par Washington, en dehors de tout cadre légal international. Que le directeur général délégué de Renault note, non sans ironie et sans amertume, qu’il reçoit ses ordres du Président américain en dit long sur le renoncement des autorités françaises à défendre les intérêts et les emplois de l’industrie tricolore.

L’abandon forcé du marché iranien par les constructeurs automobiles français est d’autant plus tragique :

qu’il clôt une présence vieille de 34 ans, établie en 1978 lorsque Peugeot avait racheté les actifs de Chrysler Europe[3], et qui avait survécu à l’avènement du régime islamique en 1979. Cette implantation historique avait permis aux marques de PSA de conquérir 30% du marché iranien[4]. Les firmes automobiles américaines sont, pour leur part, absentes d’Iran ;

qu’il accentue l’effondrement du commerce extérieur français déjà très déficitaire[5]. Peugeot a exporté des pièces détachées pour 450.000 véhicules en Iran en 2011[6] et Renault pour 100.000 en 2012[7] ;

qu’il contribue à la destruction de l’emploi automobile en France, déjà très affecté par la baisse des ventes en Europe[8].

Cette nouvelle marque de servilité à l’égard de Washington est intervenu quelques semaines seulement après que la France eut refusé l’asile à Edward Snowden, fermé son espace aérien sans raison au Président bolivien Evo Morales, et renoncé à toute action contre les entreprises suspectées de surveiller la population française pour le compte des services de renseignement américains.

En parallèle de cette servilité, les signes de plus en plus préoccupants du basculement des États-Unis dans un régime dictatorial se multiplient. Ils justifieraient qu’une puissance comme la France dise « leur fait » aux Américains au lieu de se confondre avec eux.
Même chose aujourd' hui pour l' entreprise Total alors que la France est à nouveau commandée par Macron et Philippe, deux Young Leaders issus de la French Amercan Foundation et choisis pour suivre une ligne politique atlantiste accomodante ..

La French-American Foundation - France est une organisation qui se consacre à « renforcer les liens entre la France et les États-Unis ».

Fondée en 1976, elle se donne pour objectif d'encourager un dialogue actif entre les deux pays. L'une de ses activités principales est l'organisation de séminaires pour des jeunes dirigeants (Young Leaders) français et américains issus de la politique, de la finance, de la presse « à fort potentiel de leadership et appelés à jouer un rôle important dans leur pays et dans les relations franco-américaines ». Ces séminaires sont un des instruments du Soft power américain.
https://fr.wikipedia.org/wiki/French-American_Foundation
https://www.upr.fr/actualite/monde/haute-trahison-cretinerie-sabotage-presence-francaise-en-iran
a écrit le 16/05/2018 à 19:20 :
Les sociétés européennes n'ont pas le choix. A partir du moment où les USA (les politiques) ont mis un pays sous embargo, tout lien américain conduira les juges américains à de très lourdes condamnations. Même Trump à ce stade n'y peut plus rien, ce n'est plus un problème politique, mais un problème légal. Evidemment, c'est un sérieux problème pour l'Europe, mais je doute que la solution soit simple, et personne ne prendra le risque, si ce n'est des sociétés strictement européennes, sans aucun lien avec les USA, pas même l'utilisation du dollar, ou des prestateurs de services américains, ou en liens avec les USA (toutes les banques de la planète)...
a écrit le 16/05/2018 à 18:02 :
Sage décision, c'est juste que du coup cela met encore plus en perspective l'impuissance politique totale de l'UE, puisque nos multinationales obéissent directement aux états unis.

Le secteur privé a besoin d'être guidé, nos multinationales ont tout fait pour se débarrasser de la tutelle des états européens pour au final se mettre sous tutelle de l'état américain.

Ça c'est de l'information, merci beaucoup.
Réponse de le 17/05/2018 à 11:44 :
"Les entreprises sont libres de leurs décisions sur l'Iran, dit Macron"

""Les entreprises, en particulier les entreprises internationales qui ont des expositions dans de nombreux pays, font des choix qui leur sont propres en fonction des intérêts qui sont les leurs" https://www.latribune.fr/depeches/reuters/KCN1II114/les-entreprises-sont-libres-de-leurs-decisions-sur-l-iran-dit-macron.html

Quel dramatique absence totale de puissance politique et figurez vous que l'europe plonge, étrange non ?

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :