ArcelorMittal retarde sa décarbonation dans le Nord
latribune.fr

Photo d'illustration
Reuters
latribune.fr

Photo d'illustration
Reuters
Le sidérurgiste ArcelorMittal a décidé de retarder son projet massif d'acier décarboné sur son site de Dunkerque (Nord), a indiqué samedi le ministre délégué chargé de l'Industrie.
Selon le journal L'Usine Nouvelle qui a révélé l'information samedi, « le groupe demande désormais des mesures de protection de l'acier européen de la part de la Commission européenne avant d'engager tout investissement de ce type en Europe ». Contacté par l'AFP, ArcelorMittal n'a pas réagi dans l'immédiat.
Emblématique des efforts de cette industrie pour réduire son empreinte carbone, le projet d'ArcelorMittal à Dunkerque a été chiffré à 1,8 milliard d'euros, comprenant une aide de l'Etat pouvant aller jusqu'à 850 millions d'euros.
Il s'agit de construire deux fours électriques et une unité de réduction directe du fer, première étape pour produire l'acier décarboné. L'industriel met en avant depuis des années son plan de transition vers l'hydrogène vert pour plusieurs de ses aciéries européennes, dont celle du Nord, qui représente à elle seule 15% des émissions de CO2 de l'industrie française.
Le ministre délégué a assuré que « l'Etat français travaille, notamment avec les autres pays européens, pour rétablir des règles équitables face à la concurrence internationale ». Gaëtan Lecocq, secrétaire général de la CGT à Arcelor Dunkerque et élu au CSE de Dunkerque, a évoqué "un scénario noir", sans être en mesure de confirmer les projets éventuels de la direction.
« Avec les engagements liés à la COP21, on doit réduire nos émissions de CO2 d'un tiers d'ici 2030. Si on ne tient pas ces engagements, dans le meilleur des cas, Arcelor supprime toute la filière fonte, qui représente la moitié de l'usine (...). Le scénario le plus pessimiste, qu'on redoute, c'est la fermeture de l'usine », a déclaré le syndicaliste à l'AFP.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Arcelor Dunkerque, c'est « le plus haut fourneau d'Europe, 3.200 CDI directs, entre 8.000 et 9.000 en comptant les emplois indirects. Une famille sur cinq du Dunkerquois travaille directement ou indirectement pour ArcelorMittal », a-t-il insisté.
À lire également
« Pour l'instant, on met la pression sur les politiques pour qu'ils agissent, on ne va pas se laisser crever comme ça (...) on est le premier syndicat de la métallurgie en France, on sait se battre. Dès que les annonces vont tomber, on sera prêts », a-t-il promis.
latribune.fr
Décarbonation de l’aviation : le pari du e-SAF dans le sud de la France
Trump rallume la chaudière du charbon américain avec 700 millions de dollars
Micro-réacteurs nucléaires : Antares franchit le cap décisif de la criticité
L’industrie française repasse les 10% du PIB, mais les usines continuent de fermer