Rachat d'US Steel : Nippon Steel prêt à donner une usine à ArcelorMittal pour 1 dollar
latribune.fr

ArcelorMittal pourrait obtenir la moitié des parts de Nippon Steel dans AM/NS Calvert contre 1 dollar symbolique.
Francois Lenoir
latribune.fr

ArcelorMittal pourrait obtenir la moitié des parts de Nippon Steel dans AM/NS Calvert contre 1 dollar symbolique.
Francois Lenoir
Ce vendredi, l'aciériste Nippon Steel s'est dit prêt à céder sa participation de 50% dans la coentreprise américaine AM/NS Calvert. Cette dernière exploite une usine dans l'Alabama (sud-est des Etats-Unis), dotée d'un four à arc électrique. Pour l'heure, Nippon Steel et le groupe luxembourgeois contrôlent chacun la moitié de la structure.
Mais le japonais a annoncé son intention de transférer à ArcelorMittal la moitié de ses parts contre 1 dollar symbolique. Nippon Steel « injectera des liquidités et renoncera à des prêts conclus comme partenaires, pour un montant estimé à environ 0,9 milliard de dollars », a détaillé de son côté ArcelorMittal dans un communiqué distinct. L'objectif ? Ne pas compromettre son projet de rachat de son grand rival américain US Steel.
En limitant ainsi ses activités aux Etats-Unis, Nippon Steel entend éviter certaines réserves liées au respect des règles antitrust, alors que l'acquisition d'US Steel doit encore recevoir le feu vert des régulateurs américains et de Washington. Ce dossier très politique ne sera tranché qu'après le scrutin présidentiel de novembre.
« Ce transfert d'actions (à ArcelorMittal) vise à répondre de manière proactive à toute préoccupation antitrust que pourrait entraîner le maintien de la participation de Nippon Steel dans Calvert après l'acquisition » d'US Steel, a expliqué l'entreprise.
En revanche, cette cession ne se concrétisera que si Nippon Steel parvient bel et bien à acquérir le géant américain. « Il n'existe aucune assurance ou garantie qu'il mènera à son terme son acquisition de US Steel », et en cas d'échec, AM/NS restera une coentreprise à 50-50, prévient cependant le groupe français.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Et pour cause, l'exécutif américain est opposé au rachat de son aciériste par l'entreprise japonaise. Acceptée par le conseil d'administration et les actionnaires d'US Steel, le président Biden a déclaré à plusieurs reprises vouloir bloquer cette acquisition, annoncée en décembre dernier pour un montant de 14 milliards de dollars, mais depuis suspendue faute d'autorisation des régulateurs. Raisons invoquées : des inquiétudes autour de la sécurité nationale et le maintien des sites industriels.
A moins d'un mois de l'élection présidentielle, les deux candidats ne veulent, ni l'un ni l'autre, voir se concrétiser cette opération. Kamala Harris a affirmé, lors d'une réunion de campagne, vouloir maintenir l'aciériste sous contrôle américain. Donald Trump a, lui, promis de s'opposer au rachat en cas d'élection.
À lire également
Mais Nippon Steel pourrait bien faire jouer la campagne en sa faveur. Basé à Pittsburgh, dans l'Etat clé de Pennsylvanie, le siège du groupe emploie des milliers de personnes. Or en septembre, US Steel a évoqué la mise en place d'un plan social si la prise de contrôle n'avait pas lieu. Il a aussi indiqué qu'il renoncerait à des investissements massifs de modernisation de ses installations de Mon Valley Works, en Pennsylvanie, et Gary Works, dans l'Indiana.
(Avec AFP)
latribune.fr