Face à la « concurrence déloyale » de l'acier chinois à bas coût, Alain Le Grix de la Salle appelle l'Europe à freiner ses importations et à protéger son industrie. Le président d'ArcelorMittal France n'exclut pas la fermeture de sites industriels en 2025.La filière européenne doit faire face à une « concurrence déloyale », en référence à l'acier chinois, témoigne Alain Le Grix de la Salle, le président d'ArcelorMittal France. Auditionné par les députés de la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, le 22 janvier, le patron français a pesté contre le prix actuel du carbone aux frontières instauré en Europe.
« Le Mécanisme d'Ajustement Carbone aux Frontières [MACF ou CBAM, NDLR] n'est pas assez efficace actuellement. Nos clients ne sont pas prêts à payer plus cher pour un acier bas carbone. Aujourd'hui, le Co2 c'est 10% du prix de vente pour un producteur d'acier en Europe et en 2030 ça sera 25%. Dans le même temps, les producteurs d'acier chinois ne supportent pas ce coût de Co2. Leur acier arrive en Europe à des prix inférieurs à nos prix de revient », s'inquiète Alain Le Grix de la Salle.
Dans ce contexte, le dirigeant à la tête de 15.500 salariés en France (25% des effectifs européens du groupe) attend beaucoup du Clean Industrial Deal européen (ou plan pour une industrie propre) qui devrait comporter un volet dédié à la filière européenne de l'acier. La France travaille en coulisses pour renforcer le mécanisme de taxe carbone aux frontières et ainsi protéger au mieux l'industrie européenne en évitant notamment des contournements.
« Aux États-Unis, la part des importations dans la consommation des aciers plats a diminué de 25% en 10 ans, quand en Europe elle a augmenté de 65%. Les États-Unis protègent leur industrie par tous les moyens. Nous ne sommes pas contre les importations, mais nous demandons qu'elles soient limitées », appelle le président d'ArcelorMittal France.
Des surcapacités de production dans le monde
Lors de son audition devant les députés, le dirigeant français a dès lors regretté un certain « niveau excessif des importations » en Europe. « Sur le quatrième trimestre de l'année 2024, elles ont atteint 30%. Un tiers du marché européen est servi par des aciers importés », a-t-il regretté. Alain Le Grix de la Salle n'a pas manqué, très rapidement, de faire lien avec les 100 à 120 millions de tonnes d'acier chinois à bas coût exportées sur l'ensemble de l'année 2024, soit la totalité de la consommation européenne d'acier sur 12 mois.