En France, seule une entreprise est capable de recycler le titane pour en faire une matière première secondaire. Mais la filiale d'Aubert & Duval, EcoTitanium, pourrait bientôt avoir un partenaire sur ce marché ô combien stratégique. Historiquement connue pour ses activités dans le recyclage de déchets industriels, la Sovamep compte investir une quinzaine de millions d'euros, en partie pour recycler les chutes de titane issues de l'industrie aéronautique. Cette PME de la banlieue toulousaine dispose d'une organisation stratégique pour se positionner sur ce marché. Son dirigeant en pose les enjeux : « Selon le Bureau de recherches géologiques et minières [BRGM], 80 % du titane qui entre dans une usine aéronautique en ressort en chute de production. Nous n'avons plus de mines en France sur de nombreux minerais stratégiques, et nous devons donc garder ces matières premières secondaires. Le titane est le parfait exemple de ce qu'il ne faut pas faire. »
Sa société est aux premières loges pour dresser un tel constat et agir in fine. En plus de son siège social à Muret (Haute-Garonne, 40 collaborateurs), alimenté en déchets de cette filière industrielle d'excellence, la filiale de la Sovamep au Maroc, Valdeme (80 salariés), s'est spécialisée dans la récupération des déchets métalliques des sous-traitants aéronautiques présents sur place.