Reste-t-il une place sur le marché français pour une marque nationale de vélos, de retour avec une forte ambition ? En annonçant cet hiver leur implantation industrielle à Revin, dans les Ardennes, les cycles Mercier jouent le pari de la relance économique dans ce département du Grand-Est, privé de 8.000 emplois privés au cours de la décennie passée. Mercier promet 270 emplois dans cinq ans. Cette marque historique, née en 1919 à Saint-Etienne et disparue à la fin des années 1980, va s'installer dans une friche industrielle mise à sa disposition par les collectivités locales ardennaises.
Abandonnée par le fabricant de sanitaires Porcher puis par le spécialiste de l'électroménager Electrolux, la commune de Revin (6.200 habitants) déroule le tapis rouge pour son nouvel investisseur sur ce site réhabilité de 60.000 mètres carrés, dont 15.000 mètres carrés construits. Jean-Marc Seghezzi, qui a porté la renaissance de Mercier par l'intermédiaire de la société de participation financière luxembourgeoise Starship Investments, prévoit "une capacité de 500.000 vélos par an, avec une production organisée en deux équipes. A court terme, la part des vélos électriques devrait s'établir à 50 % de ce volume chez Mercier". Le lancement de la production est prévu fin 2021 avec des effectifs limités, au départ, à 140 salariés.
Le pari est osé mais le marché français du vélo se porte bien. Selon Thierry Cornec, directeur pour la région Europe du Sud de l'industriel multi-marques Accell Group, qui possède notamment la marque française Lapierre, "les ventes de vélos en France pourraient s'établir en hausse de 10 % en 2020". Soit 3,3 millions d'euros d'unités, un volume à confirmer en avril lorsque la fédération nationale Union Sport et Cycles publiera ses données statistiques annuelles.