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Et si la route devenait l'alliée des réseaux de chauffage urbain ?

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(Crédits : Shutterstock)
Testé depuis 2017 par le spécialiste des travaux publics Eurovia, le procédé Power Road transforme l'enrobé des routes en réservoir de chaleur disponible pour les infrastructures à proximité. Une innovation qui pourrait réduire les consommations d'énergie, hiver comme été.

Après la route solaire (Wattway, développée par le constructeur routier Colas), place à la route à énergie positive. C'est en tout cas le choix effectué par Eurovia, filiale du groupe Vinci, dans cette course à l'innovation routière. En combinant les technologies de géothermie et de captage d'énergies renouvelables, Power Road récupère la chaleur du soleil pour la restituer ou bien la stocker en vue d'une utilisation ultérieure. Un pari qui pourrait bien incarner l'avenir du secteur au vu des premiers résultats encourageants enregistrés lors des différents tests.

Mode hiver, mode été

À première vue, l'enrobé Power Road ressemble à n'importe quel bitume routier. Sa spécificité est dissimulée un peu plus bas, à une dizaine de centimètres de profondeur : des tubes dans lesquels circule un fluide caloriporteur qui récupère le rayonnement solaire accumulé par le revêtement en été. Cette chaleur est ensuite transférée à des sondes géothermiques (à 80 mètres de profondeur) qui opèrent comme des ballons de stockage d'énergie.

Les usages de cette technologie se déclinent en deux temps. L'hiver, les sondes peuvent restituer la chaleur directement vers le bitume afin de déneiger les routes. En été, et plus globalement le reste de l'année, elles peuvent aussi amener cette énergie vers les infrastructures environnantes (bâtiment, résidentiel, etc.) grâce à un système de pompe à chaleur. Le tout sans diminuer les propriétés du revêtement en matière de confort et de sécurité.

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Sept sites tests

Rien que sur le territoire métropolitain, on compte près de 6 000 km2 d'infrastructures routières. Le potentiel énergétique de ces équipements est donc très important : de 150 W /m2 à 1 000 W/m2 selon la zone géographique et la saison. Eurovia a lancé des tests sur six sites en France et à l'étranger, histoire de valider la fiabilité, la sécurité et le rendement de ses installations. Avec 25% de captage énergétique maximal par jour, les premiers essais s'avèrent d'ores et déjà concluants et permettent d'envisager d'autres déploiements.

Il s'agit désormais de modéliser les évolutions du rendement en fonction des conditions climatiques, mais aussi la durabilité de ses infrastructures, notamment par rapport au trafic potentiel. Sur le premier démonstrateur, près d'une gare de péage de l'autoroute A10 à Saint-Arnoult-en-Yvelines, les équipes ont ainsi simulé un trafic de trois à cinq millions de poids lourds en seulement quelques mois. Un nouveau test vient d'être mis en œuvre en octobre, à Égletons (Corrèze), où 660 m2 de chaussée vont être raccordés au réseau de chaleur de la commune. Une cinquantaine d'autres projets sont actuellement à l'étude.

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