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Trophée Andros : l’avenir s’inscrit dans l’électrique

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Le départ du Trophée Andros électrique sera donné ce week-end à Val Thorens
Le départ du Trophée Andros électrique sera donné ce week-end à Val Thorens (Crédits : 2MO)
Le Trophée Andros électrique, dont le départ de l’édition 2018 sera donné ce week-end à Val Thorens, connaît un succès grandissant d’année en année. Une vitrine pour la voiture électrique en ce qu’elle valide ses avancées technologiques, selon les organisateurs.

C'était le 5 décembre 2009, déjà à Val Thorens. Christian Estrosi, alors ministre de l'Industrie, donnait le départ de la toute première course de voitures électriques au monde. Un premier Trophée Andros électrique lancé « bien avant la Formule E », rappelle malicieusement Max Mamers, le directeur de l'évènement. Une curiosité tout même, à ses débuts.

Huit années ont passé, et le Trophée Andros électrique est toujours là. De plus en plus populaire. La course a attiré l'an dernier pas moins de 52 000 spectateurs (sur treize manches).

La Tribune de l'énergie a demandé à son patron d'expliquer le succès de la manifestation et surtout ce que cela dit de l'évolution de la voiture électrique en France.

LTDE : L'édition 2018 du Trophée Andros électrique démarre ce week-end, à Val Thorens. Peut-on rappeler ce qui a été à l'origine de sa création ?

Max Mamers : C'est d'abord le fait d'être obligés de travailler sur la voiture décarbonée. Et l'électrique avait toutes les capacités pour mener à bien cette transformation. La deuxième chose, c'est que le Trophée Andros se déroulait -et se déroule toujours- dans des massifs montagneux protégés. Proposer une course de véhicules décarbonnés qui ne font pas de bruit avait donc un grand intérêt.

LTDE : A quels freins vous êtes-vous heurté ?

M.M. : Il a fallu combattre la particularité de batteries électriques qui craignent le froid. Celui-ci a effectivement un inconvénient majeur, qui est de diminuer considérablement la puissance de la batterie.

Or nous avons prouvé que l'on pouvait rouler avec de l'électrique dans toutes les conditions de neige, de froid ou d'altitude. Nous avons trouvé des solutions qui pourront être mises au service de la voiture électrique de monsieur-tout-le-monde.

LTDE : Quel est justement le pont entre compétition sportive et trajets du quotidien ?

M.M. : La compétition a toujours eu valeur de validation pour le grand public. Il est donc tout à fait normal que les constructeurs auto passent par l'électrique. Toutes les solutions testées et validées sur nos voitures depuis 2009 ont servi aux industriels.

Il faut aussi rappeler que c'est aux 24 heures du Mans que l'on a vu les premiers freins à disque, les premiers phares à iode ou les premiers pneus sans chambre à air.

Voir de grandes marques engagées sur l'électrique « n'est plus une anomalie »

LTDE : Le Trophée Andros Electrique peut donc être une aide pour le marché du véhicule électrique en France (un peu plus de 1% des immatriculations dans le pays) ?

M.M. : Ne serait-ce qu'en termes d'image, c'est incontestable. Le Trophée Andros contribue à rendre la voiture électrique «  sexy ».

On le ressent d'ailleurs sur l'offre industrielle, où il y a désormais des Tesla, des BMW... C'est devenu quelque chose à la mode et plus une « anomalie ». Et ce n'est que le début. Beaucoup de gens travaillent sur l'énergie embarquée par les voitures électriques et les progrès ont déjà été énormes en dix ans.

LTDE : En huit ans, le regard que porte le grand public sur le véhicule électrique a-t-il beaucoup changé ?

M.M. : Pour la première édition, nous pensions créer le buzz. Or ça n'a pas été le cas. Depuis huit ans, en revanche, l'intérêt pour le Trophée Andros électrique est grandissant. Encore plus fort que ce que l'on pouvait attendre. Les gens se disent que, finalement, c'est vraiment ça, la mobilité de demain.

LTDE : En quoi le pilotage d'une voiture électrique est-il différent de celui d'une voiture thermique ?

M.M. : Sur glace, les voitures électriques sont un peu plus difficiles à conduire. C'est pour ça que les jeunes pilotes veulent passer par là, ça les rend meilleurs.

Comme le moteur électrique donne toute sa puissance d'emblée à l'accélération, il faut un peu plus doser dans les virages. Quant aux performances, nous avons mené un comparatif il y a deux ans entre thermique et électrique (vidéo ci-dessous). De manière générale, les performances se valent.

Les constructeurs, eux, choisissent désormais de s'engager sur certaines compétitions car ils savent qu'à terme, elles deviendront électriques. C'est pour eux une manière d'écrire l'histoire.

LTDE : Comment le Trophée Andros électrique va-t-il évoluer dans les années qui viennent ?

M.M. : L'évolution est déjà enclenchée. Dès 2020, nous avons pour ambition qu'il n'y ait plus qu'un Trophée Andros, avec des voitures électriques. A compter de la deuxième partie de cette saison, nous aurons d'ailleurs nos premières voitures électriques 100% équipées de quatre roues motrices (ce qui n'est le cas que des voitures thermiques pour le moment, ndlr).

C'est une grande première. Nous devançons le rallye-cross qui a l'intention de le faire lui aussi. Et l'an prochain, il y a aura des voitures électriques qui se mélangeront à la compétition réservée aux moteurs thermiques.

Propos recueillis par Benjamin Hay

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