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Une peinture contre le réchauffement climatique

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(Crédits : Cool Roof)
Basée à Brest, la start-up française Cool Roof remet le bioclimatisme au goût du jour en commercialisant une peinture pour toitures hautement réfléchissante. Le but : lutter contre le réchauffement climatique en réalisant d’importantes économies d’énergie.

Parfois, il suffit de partir de choses simples et évidentes pour déployer des solutions innovantes. C'est exactement ce qu'ont fait les créateurs de Cool Roof en imaginant une peinture pour toiture blanche, de protection imperméable et réfléchissant jusqu'à 95% du rayonnement solaire. « Les toitures des habitations situées en pays chauds sont peintes en blanc, cette couleur ayant la capacité de renvoyer la chaleur. En France, 70% des toits sont dotés d'une étanchéité de couleur noire, où la chaleur, qui se propage ensuite à l'intérieur des bâtiments, peut monter jusqu'à 80 degrés. Le moyen déployé pour lutter contre ce phénomène est la climatisation, qui renforce le réchauffement climatique et les îlots de chaleur urbains, tout en émettant une quantité importante de gaz à effet de serre. Notre peinture est une solution simple à tous ces problèmes », expose Antoine Horellou, dirigeant de Cool Roof.

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Economie d'énergie et budgétaires

C'est à la suite d'un problème d'étanchéité rencontré sur le toit de l'hyper-marché E. Leclerc de Quimper que Cool Roof est née. Le gérant de l'enseigne, Frédéric Lachèvre, fait alors appel à un électricien, Ronan Garadec, et à un frigoriste, Roland Soun. Soit, les trois fondateurs de la start-up. Ensemble, ils imaginent un premier pot de peinture rafraîchissante et hautement élastomère, pour éviter les fissures, et inspirée de la technique du « cool roofing », historiquement mise au point par la NASA. Les 7 000 m² de surface de toit sont habillés du revêtement blanc. Résultats : la chaleur enregistre une baisse de 6 degrés sur la surface peinte, une économie d'électricité annuelle de 20 000 euros (15 000 euros en coût de climatisation et 5 000 en frais de reprises en étanchéité), la durée de vie de la toiture gagnant sept années supplémentaires et le bilan carbone du magasin diminuant de quatre tonnes. « Plus les bâtiments sont exposés à un fort ensoleillement, plus les économies réalisées sont importantes », précises Antoine Horellou.

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Pigments de poudre d'huître

« Nous travaillons actuellement sur une nouvelle formulation, toujours sans solvant et sans composé organique volatile, à base de pigments de poudre d'huître pour la couleur, et d'algues pour la résine. Ce qui nous permet de nous inscrire activement dans l'économie circulaire et de réduire encore plus notre impact écologique », avance Antoine Horellou. Economie circulaire, mais aussi sociale et solidaire, les statuts de Cool Roof la référençant comme entreprise œuvrant dans ce registre. A ce titre, elle a réalisé à prix coûtant la toiture de la Péniche-Hôpital Adamant à Paris, pour améliorer la qualité de vie dans ses locaux soumis à de fortes chaleurs. Créée en 2015, élue entreprise innovante de l'année 2018 et figurant parmi les sept lauréats nationaux 2019 de la GreenTech verte du ministère de la Transition écologique et sociale, Cool Roof n'a pas fini de faire parler d'elle. « La France compte 50 millions de mètres carrés de surfaces industrielles, commerciales et agricoles à couvrir, soit notre cœur de cible. Sans oublier les collectivités, la mairie de Paris nous ayant référencé en troisième place de ses solutions « vertes » aux côtés du photovoltaïque et des végétaux. Voilà nos ambitions pour les dix années à venir », conclut Antoine Horellou.

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