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Du fromage au biogaz : quand le Beaufort produit de l’électricité

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Le petit lait permet aujourd’hui d’alimenter 1 500 foyers en électricité.
"Le petit lait permet aujourd’hui d’alimenter 1 500 foyers en électricité." (Crédits : Valbio/Savoie Lactée)
Produire de l’électricité à partir des restes de fromage en passant par la méthanisation: c’est ce que réalise l’usine “Savoie lactée”. D’autres installations de ce genre sont déjà implantées en France et revalorisent par exemple les déchets issus de productions vinicoles.

Pour valoriser les déchets issus de la production du Beaufort, l'Union des producteurs de Beaufort a investi dans "Savoie lactée" une usine de méthanisation. Mise en place par la société Valbio, cette installation a permis de "rapatrier la valeur ajoutée du Beaufort en Savoie", explique François Decker, PDG de Valbio.

La méthanisation capte le méthane des déchets organiques, ici le petit lait ou lactosérum issu du Beaufort, pour en faire du biogaz ensuite valorisé en électricité.

1.500 foyers alimentés en électricité grâce au petit lait

Source d'énergie redistribuée à EDF, le petit lait permet aujourd'hui d'alimenter 1 500 foyers en électricité. Les quantités de ce lactosérum ne sont pas négligeables puisque pour produire un kilo de Beaufort il faut 10 litres de lait. A l'issue de la fabrication du fromage, il reste toujours neuf litres de petit lait. Un "jus" chargé en matières organiques.

Avant l'installation de Savoie lactée, le petit lait alimentait "la filière de séchage destinée à l'alimentation des porcs", explique François Decker. Mais le traitement et la revente du petit lait se faisait dans le nord de la France et "payait à peine le transport du lactosérum". Par soucis d'économie et avec "une vision sur le long terme de la filière Beaufort", le groupement de producteurs traite désormais ses déchets sur son propre territoire et les recycle.

Des économies d'énergie après un lourd investissement

L'usine produit trois millions de kWh et l'économie faite en gaz naturel représente 50.000 euros. L'investissement de base d'un montant de 13 millions d'euros a pu bénéficier de subventions et la station sera payée dans "cinq à sept ans" ajoute le PDG de Valbio.

"Un beau pari", pour François Decker, qui reconnaît que "le coût de l'opération est relativement important". Au delà des économies d'énergie et de coûts, Savoie lactée a aussi permis la création de 10 emplois.

"La méthanisation permet de résoudre des problèmes de gestion de déchets mais ne va pas les transformer en or noir", nuance-t-il.

Permettre "l'autonomie énergétique"

Dans une autre fromagerie, "douze fois plus petite", située à Temple-sur-Lot (Lot-et-Garonne) l'idée était "plus dans la baisse de consommation". Ce chantier, aussi géré par Valbio, a permis "l'autonomie énergétique" du producteur. Mais "les banques sont frileuses" face à ces projets, ajoute François Decker, et certains peuvent bloquer par manque de moyens.

En dehors du recyclage des déchets issus de la production de fromage, d'autres éléments organiques peuvent être transformés via une unité de méthanisation. C'est le cas des végétaux, comme les légumes, les fruits mais aussi pour les secteurs du vin et de la bière. Tant qu'il y a "suffisamment de matières organiques pour faire du gaz" résume François Decker. Des matières organiques qu'on retrouve aussi dans les centres de stockage des déchets. Au Plessis-Gassot dans le Val d'Oise, ce sont les détritus de la décharge voisine qui sont revalorisés en biogaz.

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