Le Rouennais DB Invest se voit en antidote à la "fast fashion"
Nathalie Jourdan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

DB Invest gère un stock de 4.000 tonnes de vêtements de seconde main.
dr
Nathalie Jourdan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

DB Invest gère un stock de 4.000 tonnes de vêtements de seconde main.
dr
Situé en bord de Seine à quelques kilomètres des flèches de la cathédrale de Rouen, l'entrepôt flanqué d'une pancarte qui a connu des jours meilleurs ne laisse pas deviner la caverne d'Ali Baba qu'il renferme. A l'intérieur, des ballots de vêtements à perte de vue rangés par familles et par couleurs : Levis 501, pantalons de velours, pulls irlandais, chemisiers à rayures... Plus loin, des kilomètres de portants supportent ici des jupes liberty, ailleurs des vestes en jean.
Et partout des collaborateurs qui réparent, trient, ou classent avec une dextérité d'orfèvre, distinguant en quelques secondes la soie du polyester, l'imprimé hype de celui passé de mode, la qualité du tout-venant. Bienvenue dans l'antre d'Eureka Fripes, vaisseau amiral du groupe DB Invest (42 millions de chiffre d'affaires - 300 salariés), un pionnier du vêtement de seconde main fondé en 1974 et qui entend apporter un remède au tout-consommation de la "fast fashion" (mode éphémère).
S'il ne paye pas de mine, l'endroit est fréquenté par le monde entier. Stylistes, créateurs allemands ou brésiliens, costumiers d'Hollywood, revendeurs britanniques ou envoyés spéciaux de grandes marques savent trouver le chemin de ce temple de l'économie circulaire dont les dirigeants aiment à se présenter comme « les antiquaires du vêtement ». Environ les deux tiers des cinquante tonnes de textile qui arrivent ici chaque semaine partent vers l'étranger.
À lire également
Des dépôts comme celui de Rouen DB invest en possède quatre autres : en Australie, au Japon et USA (Los Angeles et New York). En tout, le groupe revendique un stock de 16 millions d'articles « de tous genres et époques » dont certaines pièces datent des années 20. La mode étant un éternel recommencement, ce gisement sans égal lui confère une longueur d'avance, explique Eric Rey, directeur commercial.
Nathalie Jourdan