Les magasins de vêtements déconfinés mercredi mais pas sauvés
Corentin Dautreppe, AFP
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"Moi, je suis en bord de mer, en juillet et août je travaille ! Mais pour les collègues de Tours, d'Orléans ou de Paris..." Comme Stéphane Rodier à Granville dans la Manche, les commerçants du prêt-à-porter restent préoccupés malgré la réouverture mercredi 19 mai.
"Si on cumule, on en est à cinq ou six mois de fermeture administrative depuis un an, le gros enjeu va être d'écouler les stocks", avertit le sociologue à l'université de Paris Vincent Chabault, auteur d'un "Eloge du magasin".
Dans sa boutique de chaussures entre Alesia et Porte d'Orléans à Paris, Emile Wakselman montre un modèle féminin. "C'est léger, confortable, tout ce que vous voulez! Sauf que ce n'est plus de saison pour le printemps, et ça va rester jusqu'à l'automne."
Ces chaussures finiront-elle par partir? "La marchandise qui dort, il faut la payer", souligne le commerçant. Et s'il faut solder le modèle, parce que la couleur ou la matière ne sont plus à la page, c'est sa marge qu'il devra amputer d'autant.
Payer les fournisseurs, les charges fixes comme le loyer... Les commerçants ont continué à sortir de l'argent pour maintenir leur activité à flot, alors que certains estiment avoir perdu, depuis le déclenchement de la crise du Covid-19, 40% de leur chiffre d'affaires habituel.
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Pierre Talamon, créateur de vêtements pour hommes, peut à peine circuler dans le sous-sol de sa boutique du Marais à Paris, encombré de portants sur lesquels patientent vestes d'hiver ou chemises de la saison précédente.
Lui demande à être accompagné par des aides d'Etat "tant que l'interaction humaine n'est pas revenue à la normale".
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"On ne s'habille pas pour défiler tout seul devant sa glace", plaide-t-il. Cela pourrait changer avec le déconfinement, mais "il aura fallu attendre le mois d'avril 2021", pour qu'une aide permette de compenser la perte de chiffre d'affaires.
Pour ne rien arranger, les ventes de prêt-à-porter baissent depuis plus de dix ans, rappelle Gildas Minvielle, directeur de l'observatoire économique de l'Institut Français de la Mode (IFM).
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