Auchan : le distributeur doit annoncer mardi un plan social d'ampleur
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[Article publié le lundi 04 novembre 2024 à 12h59 et mis à jour à 16h49] Le distributeur Auchan, enseigne de la galaxie Mulliez, s'apprête à présenter mardi aux représentants de ses salariés un projet de plan social d'ampleur. Aux alentours de 2.300 emplois sont ainsi menacés dans une entreprise qui compte 54.000 salariés en France, a appris l'AFP ce lundi de source proche du dossier, confirmant une information de La Lettre.
Une partie des emplois seraient menacés au niveau des fonctions support au sein des différents sièges, une autre partie au niveau des magasins. La direction du groupe Auchan, sollicitée par l'AFP, n'a pas souhaité faire de commentaire.
Les représentants du personnel de plusieurs entités du groupe nordiste ont été convoqués mardi à 9h00 à des CSE en région lilloise, pour un « point sur la situation de l'entreprise et ses projets ». Les syndicats craignent de mauvaises nouvelles sur le front de l'emploi, selon cette source.
« Je sais qu'on est dans une période économique pas facile, mais de là à avoir des chiffres comme ça... », a réagi auprès de l'AFP Fabien Alliata, délégué syndical CFDT services centraux. Il restait toutefois prudent dans la mesure où « il n'y a aucune information officielle » pour l'heure. Prudence aussi du côté de Franck Martinaud délégué syndical Retail, FO. « On a beaucoup de signaux qui nous alarment mais c'est dur d'aller plus loin » dans le commentaire dans l'attente d'informations officielles, a-t-il déclaré. « Si c'est ce chiffre-là, c'est énorme », a-t-il néanmoins reconnu. En attendant plus de détails, Gilles Martin, délégué syndical retail CFDT Auchan France, a en tout cas estimé que des suppressions d'emplois seraient « dramatiques pour beaucoup de salariés », dont un grand nombre « travaillent déjà à flux très tendus ».
Pour le spécialiste du secteur de la grande distribution, Olivier Dauvers, « si les syndicats tremblent, c'est qu'il y a des raisons », a-t-il indiqué dimanche. Notamment parce que « les difficultés » d'Auchan en France « ont des années durant été couvertes par les activités à l'international ». Mais depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, la très rentable branche russe du distributeur ne joue plus ce rôle. Des informations de presse ont d'ailleurs évoqué ces derniers jours la vente de cette filiale russe. Auchan Russie, qui emploie environ 30.000 personnes, a répondu à l'AFP ne pas commenter « les rumeurs sur le marché ».
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Auchan Retail avait déjà annoncé en septembre 2020 la suppression de 1.475 postes en France, après un plan de départs volontaires de plus de 500 postes en janvier de la même année. Mais le pionnier du format des hypermarchés enchaîne les exercices financiers difficiles et sa holding Elo a annoncé en juillet une perte nette de près d'un milliard d'euros sur les six premiers mois de 2024.
En 2023, Elo - qui employait au 30 septembre 155.000 personnes dans le monde dont 64.400 en France - avait annoncé une perte nette de 379 millions d'euros et des ventes en recul de 1,7% à 32,9 milliards d'euros. Alors que l'inflation avait dopé les ventes de la plupart des concurrents de la grande distribution.
En France, plusieurs facteurs expliquent les difficultés du distributeur, 5e acteur du marché français. D'abord, sa part de marché, à 9,1% au dernier pointage, loin derrière E.Leclerc (24,1%), Carrefour (21,4%), Mousquetaires/Intermarché (17,4%) et Coopérative U (12,2%). Cette donnée est importante dans le rapport de force avec les fournisseurs de l'agro-industrie. Car plus la part de marché est grande, plus ceux-ci sont enclins à accorder de meilleurs conditions de vente des produits mis ensuite en rayons. Ce, alors que le prix est le premier critère d'achat pour la grande majorité des consommateurs. Pour surmonter cet écueil, Auchan s'est associé avec son concurrent Intermarché pour acheter ensemble dans une alliance d'une durée inhabituellement longue de 10 ans.
En outre, le groupe est, à l'instar de Carrefour, construit sur un modèle intégré. Il souffre de la concurrence des E.Leclerc, Intermarché et Coopérative U. Ces derniers sont des regroupements d'entreprises indépendantes, ce qui minimise au maximum les fonctions supports. Et leurs conditions sociales sont généralement moins-disantes. Cela permet à ces magasins d'être en général plus compétitifs dans les prix de vente en rayon.
Autre point faible : Auchan est historiquement fort sur le format hypermarchés, les plus grands magasins, moins en vogue aujourd'hui. C'est pourquoi le distributeur espère réduire la surface commerciale d'un certain nombre d'entre eux. Et souhaite proposer à d'autres enseignes de s'implanter sur les surfaces laissées vacantes.
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Tout ce contexte suscite l'inquiétude des organisations syndicales depuis plusieurs mois. « Quand on rationalise, qu'on massifie, on peut redouter des conséquences sociales et c'est ce qu'on s'attend à entendre le 5 novembre », avait ainsi indiqué fin octobre Gilles Martin auprès de l'AFP. Les réunions de ce mardi devraient confirmer - ou non - ces craintes.
(Avec AFP)
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