E-commerce : les startups nordistes profitent de l'essor du marché...et deviennent des cibles

Terre de grande distribution, les Hauts-de-France comptent aujourd'hui plusieurs startups qui apportent des services au retaileurs et e-commerçants, qu'il s'agisse de livraison collaborative, dernier kilomètre, animation commerciale ou nouvel expérience client... Tour d'horizon d'une filière où tout va très vite et où les appétits sont aiguisés.

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Colisweb a été rachetée en fin d'année dernière par ID Logistics (1,6 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2020).
Colisweb a été rachetée en fin d'année dernière par ID Logistics (1,6 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2020). (Crédits : Colisweb)

Coup sur coup, deux startups nordistes ont été croquées par de plus grosses entreprises. Début mars, Hopps Group, siégeant à Aix-en-Provence, annonçait préparer une prise de participation majoritaire dans la jeune pousse Yper, plateforme de livraison collaborative (des courses ramenées par votre voisin), pour particuliers et professionnels basée à Roubaix. « Le rapprochement avec Yper est une étape clé de notre stratégie de développement sur le marché de la livraison à domicile, particulièrement pour les produits frais », avait déclaré Eric Paumier, co-fondateur de Hopps Group dans un communiqué.

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D'autant que le groupe aixois compte bien tirer parti de la plateforme technologique d'Yper et de sa notoriété sur son marché, tout en profitant du savoir-faire et du réseau revendiqué de 150.000 particuliers de Yper, notamment sur les produits frais. La startup travaille déjà avec Cora, Chronodrive, Auchan ou encore Leclerc, opérant sur près de 5.000 viles en France.

Colisweb également rachetée

Autre startup prometteuse tombée dans le giron d'un plus grand, Colisweb a été rachetée en fin d'année dernière par ID Logistics (1,6 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2020). Là encore, le logisticien a souhaité se doter d'une solution qui a fait ses preuves en matière de livraison à J ou J+1 sur des créneaux de deux heures (avec un réseau de 1.500 livreurs). ID Logistics renforce ainsi son offre du dernier kilomètre auprès de ses clients distributeurs et e-commerçants, en ajoutant certains services comme le montage de meubles, la mise en service d'électroménager, la reprise des emballages et de l'ancien matériel. Colisweb réalisait 30 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2021, avec près de 750.000 colis livrés.

Ces deux opérations de croissance externes montrent à quel point certaines startups nordistes apportent de la valeur ajoutée. A Roubaix, Stocklear est une marketplace BtoB permettant de déstocker les retours clients et les invendus. Elle enregistre une croissance exponentielle, avec +260% d'activité et un volume de transactions multiplié par trois depuis sa création en 2017. « Nous sommes clairement portés par la loi concernant la responsabilité élargie du producteur, qui interdit notamment de détruire les invendus », souligne l'entrepreneur belge Simon Vancoppenolle, son fondateur. « Nous bénéficions à la fois d'une vraie prise de conscience des retailers mais également d'un engouement pour le marché de la seconde vie des produits. »

Animation commerciale

La startup compte ainsi doubler ses effectifs d'ici la fin de l'année pour arriver à près de 20 collaborateurs, recrutant pour développer toujours plus la technologie de la plateforme, pour conquérir de nouveaux clients et pour préparer le déploiement de la solution à l'international... Même si la France fait aujourd'hui clairement office de précurseur. « Le marché est en pleine ébullition. Nous avons la chance d'avoir été les premiers sur le marché. Nous disposons aujourd'hui d'une vraie avance technologique et commerciale, face aux initiatives émergentes ». Stocklear est actuellement en pleine levée de fonds.

Dans un autre registre, Caast.tv fournit une solution d'animation commerciale en digitale. « Nous avons lancé une co-création avec les retailers et les e-commerçants au moment du premier confinement », raconte Antoine Leclercq, CEO de Caast.tv. « Le besoin d'accompagner et de conseiller à distance s'est tout de suite fait sentir. Nous avons alors proposé une animation commerciale pour continuer à accompagner les clients, via le digital, vers la décision d'achat, ce qu'on appelle le live commerce ou le live shopping ».

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Caast.tv travaille aujourd'hui pour Carrefour, FNAC, Darty, Leroy Merlin, Boulanger, Electro Dépôt, Sephora, Cultura, etc. Le principe est que les produits sont présentés en direct, soit par leurs vendeurs, soit les marques partenaires, soit par des influenceurs... Si la méthode n'est pas encore très populaire en France, elle cartonne en Chine, où elle permettrait de générer quasiment 170 milliards de dollars en 2020, selon la société d'études de marché iResearch.

Expérience client digitale

Orienté également sur l'expérience client, Critizr a paradoxalement profité du changement des modes de consommation induits par la crise sanitaire. « Nous avons démarré il y a dix ans sur le thème de l'expérience client en point de vente : tout le monde la mesurait en magasins, avec par exemple des questionnaires en sortie de caisse mais tout était centralisé depuis le siège », se souvient Thibaut Carlier, CPO et également co-fondateur de Critizr.

Leur approche a été de transformer l'expérience client en une sorte de conversation entre le client et les équipes des magasins. « C'est d'autant plus pertinent quand on a un grand réseau de points de vente », souligne Thibaut Carlier. « Notre plus gros client, c'est Carrefour mais nous travaillons aujourd'hui avec toute la grande distribution alimentaire et aussi d'autres filières industrielles à l'international ».

Par exemple, Monoprix collabore aujourd'hui avec Critizr pour animer localement sa communauté de clients, les informant d'une ouverture le dimanche, d'une nouvelle offre de service de la livraison ou de promotions sur des produits d'exception... Toujours grâce à la startup nordiste, l'enseigne Carrefour converse désormais via Whatsapp. « L'appli de messagerie propose depuis l'année dernière la possibilité d'envoyer des publicités : l'idée est de moderniser la façon de contacter les magasins, comme on pourrait le faire avec des proches, tout en respectant la réglementation européennes RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données) ».

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