Communication ou discrétion ? Face aux scandales sanitaires dans l’alimentation, la stratégie de crise des entreprises est complexe et diffère. Critiqué pour avoir tardé à réagir, le confiseur italien joue désormais la transparence. Pour restaurer son image de marque ternie, alors que des millions de produits Kinder ont été retirés du marché en France en avril après de nombreux cas de salmonellose détectés, le directeur général France de Ferrero, fait son mea culpa. Cette stratégie suffira-t-elle à restaurer l'image de marque du confiseur italien ? Explications.Le chocolatier italien Ferrero affronte actuellement un scandale sanitaire d'envergure. Le groupe agroalimentaire, qui commercialise des produits bien connus des consommateurs tels que Nutella, Kinder, Ferrero Rocher ou encore Mon Chéri, a lancé quinze jours avant Pâques un rappel géant de produits de la marque Kinder qui contenaient potentiellement une bactérie, la Salmonelle. Des millions de produits Kinder, représentant plus de 3.000 tonnes ont ainsi été retirés du marché en France après de nombreux cas de salmonellose détectés en Europe. « Il s'agit du plus gros rappel de produits de ces 20 dernières années », selon Nicolas Neykov, le directeur général de Ferrero France qui a choisi de s'exprimer dans un entretien au Parisien jeudi, quasiment deux mois après le début du scandale.
Faire preuve de transparence
Pour le fabricant italien, cela représente un « impact financier » à « plusieurs dizaines de millions d'euros ». Sur la seule période de Pâques, un temps fort pour le chocolatier, la marque a perdu 40% de son chiffre d'affaires habituel. Au-delà de la perte financière, c'est l'image de la marque qui est éclaboussée. Et pour le confiseur, tout l'enjeu est de la restaurer auprès de ses consommateurs.
Pour cela, le groupe, accusé par l'ONG Foodwatch d'avoir tardé à réagir, choisit désormais de jouer la carte de la transparence. Dans les colonnes du Parisien, en répondant aux lecteurs (et consommateurs), le DG France de Ferrero fait son mea culpa et livre des détails sur l'origine de la contamination. « D'après nos enquêtes », la contamination proviendrait « d'un filtre situé dans une cuve à beurre laitier » de l'usine d'Arlon en Belgique et y serait arrivée « soit par des matières premières contaminées, soit par des personnes », affirme-t-il. Le dirigeant a réitéré les excuses déjà présentées par le groupe, et reconnu des défaillances.
Restaurer la confiance
Au-delà de ces excuses répétées et de cette transparence affichée, c'est la confiance qu'il s'agit de restaurer. La marque, aimée des tout petits, estime que « 60% des consommateurs n'ont plus confiance », selon Nicolas Neykov. « La confiance met des années à se construire, mais elle se perd très vite. Je sais qu'il faudra du temps pour vous convaincre de consommer à nouveau des produits Ferrero. Le chemin sera long mais on le fera ensemble », affirme-t-il.