Parti de rien, le fondateur de l'empire Ikea est mort à 91 ans

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Fils de paysans devenu multimilliardaire, Ingvar Kamprad, le fondateur d'Ikea, laisse à ses héritiers un empire à la structure beaucoup plus complexe qu'une étagère Billy. Novateur, Kamprad était aussi pionnier de l'optimisation fiscale. En 1973, il quitte la Suède pour le Danemark, puis s'installe en Suisse en 1977 où il vivra jusqu'en 2014 avant de revenir finir ses jours dans sa région natale.
Fils de paysans devenu multimilliardaire, Ingvar Kamprad, le fondateur d'Ikea, laisse à ses héritiers un empire à la structure beaucoup plus complexe qu'une étagère Billy. Novateur, Kamprad était aussi pionnier de l'optimisation fiscale. En 1973, il quitte la Suède pour le Danemark, puis s'installe en Suisse en 1977 où il vivra jusqu'en 2014 avant de revenir finir ses jours dans sa région natale. (Crédits : Denis Balibouse)
Ingvar Kamprad, le fondateur d'Ikea, est mort à 91 ans. En 2017, la fortune de l'entrepreneur suédois était estimée à 43,3 milliards de francs suisses (37,3 milliards d'euros), le plaçant au troisième rang des milliardaires européens, selon le magazine économique suisse "Bilan".

Le meuble en kit, tendance et pas cher, c'est lui: fils de paysans devenu multimilliardaire, Ingvar Kamprad, le fondateur d'Ikea, est mort à 91 ans, laissant à ses héritiers un empire à la structure beaucoup plus complexe qu'une étagère Billy.

"Entrepreneur unique", selon le Premier ministre suédois Stefan Löfven, qui "a participé à exporter la Suède dans le monde", d'après le roi Carl XVI Gustaf, Kamprad, fils de paysans du Småland, une province pauvre et pieuse du sud de la Suède, est mort samedi "après une courte maladie", a annoncé le groupe Ikea dimanche dans un communiqué.

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[L'empire Ikea, où l'on voit que la France est le 3e pays en termes de chiffre d'affaires généré. Un graphique de notre partenaire Statista.]

"Il est parti de rien mais, avec sa force intérieure, ses capacités et sa volonté, il a crée quelque chose dont je pense tout le monde est fier, quand on voit Ikea dans le monde", a souligné le capitaine d'industrie Jacob Wallenberg au quotidien économique "Dagens Industri".

Une très grande fortune

Kamprad était devenu l'un des hommes les plus riches du monde en proposant des meubles originaux prêts à monter et pas chers.

"Il a mis à la disposition de tous un design de qualité", estime Steven Coetzee, un touriste sud-africain venu faire un tour dans la boutique Ikea du centre-ville de Stockholm. Avec Kamprad, "le design de qualité est devenu démocratique", assure-t-il.

En 2017, la fortune de l'entrepreneur suédois était estimée à 43,3 milliards CHF (37,3 milliards d'euros), le plaçant au troisième rang des milliardaires européens, selon le magazine économique suisse Bilan.

Novateur, Ingvar Kamprad est aussi pionnier de l'optimisation fiscale. En 1973, il quitte la Suède pour le Danemark, puis s'installe en Suisse en 1977 où il vivra jusqu'en 2014 avant de venir finir ses jours dans sa région natale. L'organisation nébuleuse de son entreprise interpelle. Les fonctions exécutives, la stratégie, la conception des produits sont en Suède, mais d'un point de vue juridique et comptable, Ikea se répartit entre fondations et sociétés aux Pays-Bas, au Luxembourg, en Suisse et au Liechtenstein.

Enquête de la Commission européenne

La commission européenne a ouvert en décembre 2017 une enquête contre Ikea. Bruxelles entend procéder à un examen minutieux du traitement fiscal que les Pays-Bas applique au groupe, lequel affirme se conformer aux règles européennes.

Il n'en n'était pas à son premier scandale. En 1994, un journal révèle les liens du jeune Kamprad avec un groupuscule nazi suédois pendant et après la Seconde Guerre mondiale. Il admet dans une lettre à ses collaborateurs "la plus grande erreur de sa vie", qu'il met sur le dos des accointances national-socialistes de sa famille paternelle, d'origine allemande.

Moins cher que la concurrence

L'histoire d'Ikea - acronyme qui signifie Ingvar Kamprad, Elmtaryd et Agunnaryd, son adresse natale - commence en 1943. Peu intéressé par les études, le jeune Ingvar préfère se lancer dans le commerce à 17 ans. Dans une région où un sou est un sou, il se démène pour vendre moins cher que la concurrence. Des allumettes notamment, qu'il livre à vélo, puis des stylos, cadres, articles de décoration, machines à écrire...

En 1947, il offre ses premiers meubles, quatre ans plus tard, diffuse son premier catalogue, aujourd'hui imprimé à 200 millions d'exemplaires. En 1956, un employé a l'idée de démonter les pieds d'une table pour la faire entrer dans un coffre de voiture. Le concept du meuble en kit, plus facile et moins cher à stocker et transporter, va le travailler jusqu'à devenir un art. Dans les années 1960, il lance une expansion internationale effrénée. Ingvar Kamprad est persuadé que la recette peut fonctionner partout: prix bas, chasse aux coûts, standardisation, autofinancement et design scandinave.

À partir des années 1970 il conquiert la Suisse, l'Australie, le Canada, la France, les États-Unis, la Russie après la chute du Rideau de fer, l'Asie, le Moyen-Orient.

Bataille d'héritage

Le groupe Ikea compte aujourd'hui 403 magasins sur tous les continents, emploie 190.000 personnes dans le monde et génère un chiffre d'affaires annuel de 38 milliards d'euros. Mais l'homme vivait chichement, s'habillait dans les friperies et fuyait les médias qui raillaient sa Volvo hors d'âge et des points sur sa carte de fidélité au supermarché.

"C'est dans la nature du Småland, je crois, d'être économe", justifiait-il dans un rare entretien en 2016 à la chaîne suédoise TV4. "Si vous me regardez, je pense ne rien porter qui n'ait été acheté à un marché aux puces. Je veux montrer un bon exemple".

Dans les années 2010, il avait progressivement pris sa retraite, pour laisser la place à ses trois fils. L'héritage de l'empire Ikea avait fait l'objet d'une âpre bataille entre son fondateur et ses enfants.

(AFP)

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a écrit le 08/02/2018 à 17:09 :
J'avais également lu qu'il avait également profité de la main d'oeuvre très bon marché des détenus politiques de l'Allemagne de l'Est. S'il avait été plus âgé, il aurait peut-être fait des business aussi juteuses avec les détenus des camps nazis. Quand "un sou c'est un sou", on ne s'embarasse pas d'idéaux.Tous les régimes sonts bons -surtout les plus totaliatiares- s'il vous permettent de gagner des sous.
a écrit le 29/01/2018 à 20:14 :
En somme, il est parti de rien pour arriver au même point que tout le monde.
Réponse de le 30/01/2018 à 2:29 :
Oui il repartira poussière mais laisse derrière lui un magnifique héritage à sa famille qui vivra bien pendant des générations. (Ce n’est pas rien)
a écrit le 29/01/2018 à 12:51 :
Toujours la même recette, délocalisation( il faisait bosser l'europe de l'est) et optimisation fiscale( autre mot pour fraude). L'intelligence n'est pas là en défaut, mais je fais partie de ces gens, naïfs, qui pensent que plus on est intelligent pour baisser ses coûts et plus on fait de même baisser ses prix et sa marge, pas l'inverse. Alors comment batailler sans jamais ne chercher à profiter du quasi-monopole obtenu ? Si les états-unis étaient encore libéraux, cela ferait longtemps qu'ils auraient scindé les GAFA en entités de plus petites tailles, comme ils faisaient par le passé.
a écrit le 29/01/2018 à 11:11 :
beau ( pour au moins 20% du catalogue ), intelligent, solide ( pour ceux qui n'ont pas 2 mains gauche ) et accessible a tous, qui dit mieux ?
a écrit le 29/01/2018 à 6:38 :
Il en dit quoi Mosco ?
a écrit le 28/01/2018 à 23:03 :
Nazi optimisateur fiscal. Bon débarras.
Réponse de le 30/01/2018 à 14:20 :
C’est de la «  diffamation » ce que vous dites car si c’etait «  vrai » le groupe IKea serait «  interdit » en Israël .
Tous les nazis sont poursuivis pour crime... alors ce que vous dites est faux .
Réponse de le 31/01/2018 à 11:08 :
Diffamation ? Lisez l'article, ou renseignez vous (internet est assez utile pour ça....). Le fait est qu'il a eu des sympathies nazies dans sa jeunesse, et qu'il ne les a jamais vraiment reniées, sauf pour la galerie, évidemment, histoire de ne pas pénaliser le business de son entreprise....
a écrit le 28/01/2018 à 19:34 :
Ikéa je le résume à une anecdote, une amie avec laquelle on est allé à Ikéa et qui a acheté le même saladier en verre que la dernière fois qu'elle y était allée, du coup elle nous l'a donné...
Réponse de le 29/01/2018 à 13:04 :
Et sinon à part de me dire ce dont j'ai le droit d'écrire ou pas vous savez faire autre chose ?

Parce que vous n'en donnez vraiment pas l'impression hein...
a écrit le 28/01/2018 à 19:34 :
Je ne suis pas client. Je préfère le style renaissance d'époque. C'est un grand entrepreneur créateur de richesse. La France avec son hystérie fiscale bien pire que la Suède qui n'est pourtant pas un exemple à suivre préfère créer de la pauvreté. Supprimons les entrepreneurs riches et soyez tous pauvres!!!
Réponse de le 29/01/2018 à 6:42 :
C’est bizarre de ne pas comprendre que la guillotine était censée nous donner à tous les mêmes droits et devoirs. Pouvoir s’enrichir et créer de la richesse et devoir s’acquitter de l’impôt comme tout le monde....
a écrit le 28/01/2018 à 17:58 :
Une vie de destruction de l’environnement des générations suivantes pour finir entre quatre planches en sapin.

Une grande partie des bois utilisés dans les meubles d'IKEA proviennent de l'extrême nord de la Russie, comme le révèlent leurs très fines cernes. Dans le froid climat subarctique, les arbres poussent très lentement. La filiale d'IKEA Swedwood possède un bail en République de Carélie (Russie) sur 300.000 hectares de forêts naturelles, dont certaines zones encore vierges.
Des arbres plusieurs fois centenaires abattus en quelques secondes : à la cadence de 800 arbres par jour, les abatteuses coupent, ébranchent et empilent les troncs d'arbres avant leurs transport vers l'usine de meubles. Du haut de leurs pneus gigantesques, les machines sillonnent les marais. Ils leurs faudra des décennies pour s'en remettre. Jour après jour, IKEA détruit de nouvelles forêts primaires et leurs riches écosystèmes. Les coupes rases ne cessent de s'étendre. IKEA considère la destruction de la forêt boréale comme manifestement responsable, puisque cette zone de Carélie a reçu l' « écolabel » FSC (Forest Stewardship Council). Les organisations écologistes condamnent depuis longtemps la tromperie de la certification par la société FSC International.
Réponse de le 29/01/2018 à 4:19 :
En sapin. Vous plaisantez, du chene, bien solide pour resister aux assauts du temps. Si les gens etaient moins betes, ils cesseraient de con...sommer ce type de produit made in china. On peut rever.
Heureusement la grande faucheuse ne fait pas dans le detail, meme les tres riches meurent. 43, 3 milliards d'Euros. Dommage de ne pouvoir profiter.
Réponse de le 29/01/2018 à 12:15 :
Sans compter les panneaux de particules en hetre provenant de forets protegees de Roumanie (cf cash investigation). Pour ceux qui nous parle de creation de richesse, on peut aussi sortir les chiffres d'oxfam qui nous montre que l'an dernier, 82% de la richesse produite ont ete accaparees par les 1% les plus riches. En un mot, destruction de l'environnement, travail d'enfant et creation de richesse qui va ameliorer la vie de personnes qui ne savent plus quoi en faire si ce n'est de l'accumuler, et comme si ca n'etait pas assez qui font tout pour fuir l'impot...
Réponse de le 29/01/2018 à 16:40 :
@matins calmes

"En sapin. Vous plaisantez"

Bien sur , je me doute que ce sera surement autre chose.

Tiens , j'ai retrouvé cette info de 2012 :

En région parisienne, la tombe d’un caniche, enterré avec un collier de diamants, a été profanée. Il faut dire que la sépulture ne passait pas inaperçue Une riche Américaine mariée à un industriel avait enterré en 2003 son caniche Tipsy, avec un collier de diamants… d’une valeur de 9.000 euros au cimetière… pour chiens d’Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine)..Dans la nuit du 4 au 5 février, la sépulture a été profanée et le collier dérobé, indique Le Parisien.
a écrit le 28/01/2018 à 17:11 :
Des meubles bas de gamme qui ne tiennent pas deux déménagements trop chers pour ce qu'ils sont.
Et un traître à sa patrie mort comme un grippe sous. Pauvre âme que son origine paysanne ne défend pas quand on sait la générosité de nos campagnes.
Réponse de le 28/01/2018 à 23:00 :
Pas chers à acheter, "facile" à monter, puis à démonter pour jeter, ça ne se déménage pas. :-)
Vive le massif avec tenons et mortaises.
Quand on voit des pans de forêts vides, ça fait bizarre mais chez nous quand un champ est récolté c'est pareil, vide.
Si on part pauvre, et réussit, quel mécanisme fait devenir dépensier ? Les gens gagnant au Loto en ont parfois fait l'expérience, ont tout claqué et n'ont plus rien. Pas facile de faire attention à tout puis laisser filer quand le CA prend un zéro de plus. Ah les protestants !
a écrit le 28/01/2018 à 17:11 :
A mean to an end, parti de rien il est arrivé nul part, notre destin à tous.
Poussière tu étais, poussière tu redeviendras...
a écrit le 28/01/2018 à 17:11 :
Des meubles bas de gamme qui ne tiennent pas deux déménagements trop chers pour ce qu'ils sont.
Et un traître à sa patrie mort comme un grippe sous. Pauvre âme que son origine paysanne ne défend pas quand on sait la générosité de nos campagnes.

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