Seven & i échoue à racheter ses propres actions et plonge en Bourse
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Avec 85.000 magasins dans une vingtaine de pays, 7-Eleven est la plus grande chaîne de magasins de proximité au monde.
Kim Kyung-Hoon
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Avec 85.000 magasins dans une vingtaine de pays, 7-Eleven est la plus grande chaîne de magasins de proximité au monde.
Kim Kyung-Hoon
Coup dur pour Seven & i. Les discussions entre le groupe japonais du milliardaire Masatoshi Ito, propriétaire de 85 000 supérettes 7-Eleven dans une vingtaine de pays, avec la société nipponne d'investissement Itochu sont tombées à l'eau. Elles avaient été entamées à l'automne dernier dans l'idée de financer ensemble le rachat de l'intégralité des titres de Seven & i pour le sortir entièrement de la Bourse de Tokyo. Les familles Ito et Itochu envisageaient alors d'engager respectivement 500 milliards de yens (environ 3,2 milliards d'euros) et plus de 1 000 milliards de yens (6,4 milliards d'euros) dans cette opération.
Mais, après des informations de presse, Itochu a confirmé ce jeudi avoir mis fin aux pourparlers, privant ainsi la famille Ito d'un soutien financier indispensable. « Nous avons sincèrement examiné la demande de la famille fondatrice (de Seven & i) pour prendre part (à l'opération) comme partenaire stratégique. Notre examen de cette question est achevé », a laconiquement commenté Itochu dans un communiqué.
D'après Bloomberg, citant des sources proches du dossier, les discussions « ont achoppé sur la question de savoir qui contrôlera 7-Eleven après sa sortie de la Bourse ». Itochu a par ailleurs déterminé que l'investissement ne générerait « pas suffisamment de synergies » avec ses propres activités dans l'alimentation, selon le quotidien Nikkei.
À la suite de cette confirmation, le titre de Seven & i a dégringolé à la Bourse de Tokyo ce jeudi. Il a ouvert en chute de 12 % et n'a quasiment pas résorbé ce repli dans la journée, clôturant à -11,69 %, à 2 118 yens.
Le projet de faire de Seven & i une société non cotée n'est toutefois pas terminé pour autant. Selon Bloomberg, la famille Ito est en contact avec d'autres entités susceptibles de lui apporter des financements. Notamment de grandes banques nipponnes, le fonds américain Apollo Global ou encore le conglomérat thaïlandais CP All Plc, qui gère la franchise thaïlandaise de 7-Eleven. Reste qu'il ne sera pas simple de mener une telle opération à son terme. « Nous avons été informés qu'il était devenu difficile de réunir les fonds nécessaires » pour y parvenir, a reconnu Seven & i dans son propre communiqué.
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De quoi laisser la voie ouverte à une nouvelle offensive d'Alimentation Couche-Tard (ACT). Pour rappel, ce géant canadien avait présenté en septembre une proposition de rachat à Seven & i, rejetée dans la foulée car jugée sous-évaluée. Il avait réitéré quelques semaines plus tard avec une offre améliorée valorisant le groupe japonais à 47 milliards de dollars. Craignant une tentative de prise de contrôle hostile d'ACT, la famille Ito s'était alors mise à la recherche d'un partenaire pour racheter les titres de Seven & i et le sortir de la Bourse.
« Nous continuerons d'explorer et d'examiner toutes les options stratégiques, y compris la proposition d'Alimentation Couche-Tard », indique le groupe nippon ce jeudi. « Notre comité spécial continuera d'avoir des discussions constructives avec ACT pour déterminer si un plan viable peut être établi pour répondre aux sérieux défis » posés par les règles anticoncurrentielles aux États-Unis, où Couche-Tard est déjà fortement présent, insiste-t-il.
Car le Canadien possède déjà quelque 16 700 magasins dans 31 pays, qui incluent l'enseigne Circle K. En y ajoutant le réseau des 7-Eleven à travers l'Asie et l'Amérique du Nord, il donnerait naissance à un mastodonte international de la distribution. Un porte-parole d'ACT a en tout cas déclaré mercredi que le groupe restait déterminé à conclure une transaction mutuellement acceptable avec Seven & i.
Ce dossier est scruté avec attention aussi par le gouvernement nippon. Car un quart des 7-Eleven se trouvent au Japon, où ces supérettes omniprésentes vendent aussi bien des plats à emporter que des billets de concert et proposent des services de proximité. Surtout, grâce à un maillage serré de magasins et de supports logistiques à travers tout l'archipel, les 7-Eleven jouent traditionnellement un rôle clé lors des situations d'urgence. En particulier les catastrophes naturelles (séismes, glissements de terrain, typhons) qui frappent régulièrement le territoire.
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Si bien que le sort de Seven & i est une question de « sécurité économique », a estimé début janvier le ministre nippon pour la Revitalisation économique, Ryosei Akazawa. « Si Seven-7 devient une société à capitaux entièrement étrangers avec la rentabilité comme priorité, offrira-t-elle vraiment une coopération totale en cas de catastrophe ? », s'est-il inquiété. Signe du caractère symbolique des supérettes dans le pays, le gouvernement japonais a classé mi-septembre Seven & i comme entreprise « essentielle », ce qui complique les procédures d'un éventuel rachat par une entité étrangère. Le feuilleton n'est pas encore terminé.
(Avec AFP)
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