Couche-Tard veut mettre la main sur la totalité de son rival nippon Seven & i
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D'après Bloomberg, si l'acquisition se fait, cela valoriserait la firme japonaise Seven & i à 47 milliards de dollars.
Reuters
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D'après Bloomberg, si l'acquisition se fait, cela valoriserait la firme japonaise Seven & i à 47 milliards de dollars.
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Le distributeur canadien Couche-Tard persiste dans son projet d'acquisition du géant japonais des supérettes Seven & i. En visite cette semaine à Tokyo, ses dirigeants ont dit qu'il souhaitait acquérir « l'ensemble » des activités de leur rival. Mais... les responsables du groupe nippon ont obstinément refusé de les rencontrer, selon des informations de presse.
Alors que Seven & i a annoncé vouloir scinder ses activités pour se concentrer sur ses populaires supérettes 7-Eleven, le PDG de Couche-Tard, Alex Miller, a indiqué au journal japonais Nikkei dans un entretien publié jeudi : « Nous ne voulons pas acheter une partie de l'entreprise ». Il était en visite dans la capitale nippone, notamment en compagnie du président du conseil d'administration d'ACT (Alimentation Couche-Tard), Alain Bouchard, pour défendre leur proposition d'acquisition.
Invité à expliquer pourquoi les dirigeants du leader des « Konbini » nippons n'avaient pas voulu les recevoir, Alain Bouchard a déclaré à l'agence de presse Bloomberg : « Nous les avons invités, nous avons cherché à organiser une rencontre, mais cela n'a pas marché. Mais cela finira par se faire. » Et de poursuivre : « Nous voulons mieux comprendre la culture japonaise, les préoccupations des Japonais », a-t-il ajouté.
7-Eleven est la plus grande chaîne de magasins de proximité au monde. Un quart d'entre eux se trouvent au Japon, où ces supérettes omniprésentes proposent aussi bien des plats à emporter que des billets de concerts et divers services de proximité. De quoi en faire un symbole: Tokyo a classé mi-septembre Seven & i comme entreprise « essentielle », au risque de compliquer son rachat.
Soucieux de se défendre, Seven & i a également annoncé le 10 octobre vouloir isoler ses magasins 7-Eleven, cœur de son activité, en créant une unité distincte pour ses autres filiales (banque, supermarchés...). Une restructuration censée renforcer la valeur du groupe.
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Pour tenter de temporiser, Couche-Tard s'est dit récemment prêt à démontrer qu'il ne « changera rien au modèle » du géant des supérettes japonaises. « Nous prenons les bonnes pratiques des magasins (...) Nous garderons les gens qui gèrent cette entreprise » avec des « partages de culture » entre les deux groupes, a insisté chez Bloomberg Alain Bouchard, assurant qu'aucun Canadien ne sera parachuté pour prendre la tête des opérations de Seven & i.
Pour mémoire, Seven & i, qui possède 85.000 magasins dans une vingtaine de pays, avait rejeté début septembre une première proposition de rachat par Alimentation Couche-Tard qu'il jugeait sous-évaluée. Le canadien a depuis amélioré son offre, qui valorise Seven & i à 47 milliards de dollars selon Bloomberg. Ce qui en ferait la plus grosse acquisition d'une firme japonaise par un acteur étranger.
A noter aussi : selon la presse financière, la nouvelle offre de Couche-Tard se chiffre à 18,19 dollars par action, très nettement au-dessus du cours de Seven & i, à la Bourse de Tokyo (2.215 yens jeudi, soit 14,82 dollars). Le fonds américain Artisan Partners, actionnaire de Seven & i, a enjoint mercredi le groupe japonais à engager des négociations avec Couche-Tard. « Le prix désormais offert par ACT est clairement supérieur à la valeur pouvant être atteinte ultérieurement en mettant en œuvre le projet de restructuration », a-t-il écrit.
Un tel rapprochement pourrait aussi susciter les réserves des régulateurs anti-trust, notamment aux Etats-Unis, au vu de l'emprise de l'entité combinée - le groupe canadien possédant déjà quelque 16.700 magasins dans 31 pays, dont l'enseigne Circle K.
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Début septembre, Seven & i estimait à ce sujet que la proposition d'achat de Couche-Tard ne reconnaissait pas « de manière adéquate les défis multiples et significatifs auxquels une telle transaction serait confrontée de la part des agences américaines chargées d'appliquer la loi sur la concurrence ».
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