Trop « dangereux », plus de 225.000 jouets ont été détruits
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« Plus de 2.000 établissements » ont été la cible de contrôles sur leurs jouets en 2023, selon les chiffres de la DGCCRF (Photo d'illustration).
Reuters
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« Plus de 2.000 établissements » ont été la cible de contrôles sur leurs jouets en 2023, selon les chiffres de la DGCCRF (Photo d'illustration).
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Nombre d'entre eux vont se retrouver sous le sapin dans quelques jours : les jouets. Pour garantir aux enfants de s'amuser en toute sécurité, ils font l'objet de contrôles effectués par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Et lorsqu'ils ne s'avèrent pas conformes, une seule issue s'offre à eux : la poubelle.
Ainsi, plus de 225.000 jouets ont été détruits en 2023, contre 184.000 l'année précédente, souligne l'administration dans son bilan annuel, publié ce lundi 16 décembre. Parmi les produits détruits ? « Un pistolet à bulles lumineux dont les piles étaient trop aisément accessibles, ce qui posait un risque d'absorption et de suffocation ; des ballons de baudruche qui contenaient des substances cancérigènes au-dessus des seuils réglementaires ; un déguisement dont les cordons présentaient un risque de strangulation », énumère la répression des fraudes. Une liste loin d'être exhaustive.
Les contrôles peuvent être réalisés directement en magasin ou via les sites de vente en ligne. « Plus de 2.000 établissements » ont été concernés en 2023, précise la DGCCRF.
Ainsi, 28% des jouets contrôlés ont présenté « des manquements de différentes natures », un taux stable sur les dernières années. Les principales causes de ces manquements sont de l'ordre de la dangerosité des jouets, en raison de « la présence de petits éléments dans [ceux] destinés aux enfants de moins de 3 ans, et d'accès au rembourrage fibreux dans les peluches qui font courir des risques de suffocation », précise l'organisme.
Certains manquements relèvent, en outre, d'un défaut d'information, comme l'absence d'avertissements réglementaires ou la non-utilisation de la langue française pour les avertissements de sécurité dans les modes d'emploi ou notices d'instruction.
Lors de leurs contrôles, les enquêteurs ont décidé dans près de 700 cas de réaliser des « prélèvements » de jouets. Ces derniers ont pris la direction du laboratoire de la DGCCRF, qu'elle partage avec les douanes et la direction générale de l'alimentation, pour leur faire subir des tests mécaniques, chimiques ou encore d'inflammabilité. Il en est ressorti que « 47% ont présenté des non-conformités, et 19% se sont révélés dangereux ». Ces niveaux ont été encore plus élevés pour les 70 produits provenant uniquement de 13 plateformes de e-commerce - qui ne sont pas citées nommément. Le pourcentage a grimpé à « des taux préoccupants » : « 79% de jouets non-conformes dont 36% dangereux ».
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Pour rappel, la Commission européenne a ouvert fin octobre une enquête contre le site de commerce en ligne d'origine chinoise Temu. Car elle le soupçonne d'agir insuffisamment contre la vente de produits illégaux, potentiellement dangereux. Et notamment des jouets.
Ces jouets prélevés subissent d'ailleurs un véritable enfer lors de leur passage au laboratoire. La mission de l'équipe de la DGCCRF : « Reproduire très exactement le comportement d'un enfant » pour vérifier si les jouets peuvent être mis entre les mains des tout-petits, selon Olivier, le responsable du domaine jouet. En dix jours dans le laboratoire, un seul et même jouet peut être soumis à une centaine de tests.
Exemple avec un ours en peluche. Il est soumis à des « essais de traction », explique un technicien. Pour être aux normes, les éléments amovibles (yeux, nez) doivent résister à une pression de 90 newtons. Soit environ 9 kg, « la force que peut générer un enfant ». Positionné dans la machine, l'ourson noir et blanc est maintenu en l'air par le cou, le nez pris dans une pince. La machine à peine lancée, l'appendice se détache à 48 newtons. Le technicien vérifie ensuite la taille du nez : la pièce de plastique passe largement dans un cylindre « de la taille de l'œsophage d'un enfant de trois ans ». Encore raté.
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Une fois l'ensemble des tests achevés, le laboratoire édite un rapport d'analyse à destination de la Répression des fraudes. « Si le produit est non-conforme (...), on s'oriente vers une mesure de rappel et de retrait du produit », explique Olivier. C'est ce qui attend cet ours en peluche, malgré sa mignonnerie, et tous ses homologues.
(Avec AFP)
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