Bpifrance, qui vient d’inaugurer à Tours le 25e « Bus de l’entrepreneuriat », investira près d’un demi-milliard d’euros d’ici 2027 dans la création d’entreprises en banlieues. Mais ce montant est jugé insuffisant par plusieurs acteurs.Les dispositifs de soutien à la création d'entreprises comme levier de lutte contre la pauvreté dans les 1.600 quartiers prioritaires (QPV) de l'Hexagone, lancés par les gouvernements des deux septennats d'Emmanuel Macron, se succèdent avec des résultats inégaux. Dernier en date, le plan « Entrepreneuriat Quartiers 2030 », dégainé en novembre 2023 et dont les Bus de l'entrepreneuriat constituent l'un des marqueurs emblématiques.
Successeur du dispositif « Entrepreneuriat pour tous », il doit renforcer la stratégie économique de l'État dans ces territoires en manque d'activité. À la clé : 456 millions d'euros sur trois ans, soit le double du budget précédent. A côté du dispositif « Quartiers productifs », destiné, lui, à aider les collectivités à transformer certaines cités en pôles d'activité économique, EQ30 actionne deux outils principaux : les Bus de l'entrepreneuriat intinérants et les CitésLab, des antennes physiques.
« Il s'agit d'une part d'aller au-devant des habitants des QPV, de les inciter à créer leur propre entreprise, enfin d'accélérer leurs projets grâce à des formations et des prêts d'honneur, résume Marie Adeline-Peix, directrice exécutive en charge de la création d'entreprises chez Bpifrance. L'un des challenges est de pousser les aspirants à la création à franchir le pas. Reste que cette dynamique entrepreneuriale a permis de faire aboutir 9.000 projets en 2024, soit plus du double qu'en 2022, signe qu'on a gagné la bataille des idées ». D'ici à 2027, EQ30 espère toucher 100 000 entrepreneurs.
Résidence senior et Bubble Tea
En Centre-Val de Loire, où un second Bus de l'entrepreneuriat a été inauguré le 28 avril en présence de la ministre de la Ville Juliette Méadel, environ 450 créateurs d'entreprises issus des quartiers prioritaires ont ainsi été accompagnés depuis un an. Pour l'immense majorité, il s'agit d'auto-entrepreneurs et de TPE tant à l'échelle régionale que nationale, opérant essentiellement dans le BTP, dans la logistique et la distribution, enfin dans les services.