ENTRETIEN. La nouvelle ministre de la Ville dévoile, en exclusivité pour La Tribune, son agenda économique. Sa priorité est double : l'entrepreneuriat et la gestion urbaine de proximité.LA TRIBUNE : Vous êtes la 5è ministre de la Ville depuis l'élection d'Emmanuel Macron en 2017. Quelle est votre feuille de route pour les « Quartiers politiques de la ville » ? Quand réunirez-vous le prochain Comité interministériel des villes (CIV) ?
JULIETTE MÉADEL : Je fais tout pour que le prochain Comité interministériel des villes ait lieu en mars prochain, après l'adoption de la loi de finance 2025, mais sachez déjà que les habitants de ces quartiers n'aiment pas cette expression « Quartiers politique de la ville ». Dès que je l'utilise sur le terrain, je sens bien que ça coince de par son côté très ancien. Je suis donc en train de soumettre cinq orientations au Premier ministre. La première portera sur l'enfance et l'adolescence. Dans le cadre de mon association, L'avenir n'attend pas, j'ai toujours considéré que dix euros dépensés dans l'enfance, c'était cent euros économisés ensuite. Tout se joue dès l'enfance. Nous allons accentuer la mise en place des « Cités éducatives » et travailler sur la parentalité.
Quelle place pour les femmes, sans cesse assignées à leur rôle de mère dans ces quartiers ?
Je veux donner le pouvoir aux femmes dans les quartiers, les investir dans la vie collective, par la formation et le travail. En un mot, par l'émancipation.
À peine nommée, vous avez été interpellée sur les réseaux sociaux par Aziz Senni, le président de l'association, Quartiers d'affaires, sur votre déplacement à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Que comptez-vous faire pour l'économie ?
Il existe une multitude de dispositifs pour l'économie et les entreprises. Moi, je veux créer un électrochoc économique en développant l'entrepreneuriat et en m'appuyant sur les programmes « Entrepreneuriat quartier 2030 », « Les entreprises s'engagent » et bien entendu sur des réseaux comme Quartiers d'Affaires d'Aziz Senni ou Les Déterminés de Moussa Camara. Je vais aussi, dans ce cadre, rencontrer la Caisse des dépôts et consignations, Bpifrance et les organisations patronales pour accroître leur engagement.
César Armand (propos recueillis)