Comment OuiCar veut faire du particulier, le fournisseur de mobilité de demain

 |   |  681  mots
Le PDG de Ouicar Benoit Sineau.
Le PDG de Ouicar Benoit Sineau. (Crédits : Ouicar)
Le spécialiste français de la location de voiture entre particuliers va lancer de nouvelles fonctionnalités pour élargir son offre vers de la mobilité du quotidien. A l'heure où le marché se transforme vers le MaaS, Benoit Sineau, PDG de OuiCar, fait le pari que l'opérateur restera un acteur central des mobilités de demain.

Ne prononcez plus le mot location, ou vous risquez de verser un euro dans le cochonnet ! C'est une véritable bascule culturelle qu'est en train d'opérer Benoit Sineau, le PDG de OuiCar, dans les équipes de son entreprise qu'il veut transformer en "opérateur des mobilités du quotidien". Certes, jamais le mot mobilité n'a été aussi galvaudé que depuis ces trois dernières années mais OuiCar veut décloisonner son activité peer to peer, comprendre la location de voitures entre particuliers, et devenir un fournisseur plus large de mobilités.

"Quand vous louez une voiture, c'est une ou deux fois par an maximum, nous voulons passer à la deuxième mi-temps de notre développement, cette nouvelle étape doit nous faire basculer de la location à la mobilité", explique à La Tribune, Benoit Sineau, PDG de OuiCar.

Le free-floating n'a pas encore trouvé son modèle

Selon lui, le free floating tel qu'il est en place notamment dans l'agglomération parisienne depuis la chute d'Autolib, n'est pas du tout satisfaisant, tant du point de vue de l'expérience utilisateur que du modèle économique pour l'opérateur. "La promesse de la location de une à deux heures est très belle, mais économiquement et même en termes de qualité de service, le compte n'y est pas", estime Benoît Sineau.

C'est pourquoi, la bascule du modèle OuiCar risque de s'arrêter là et proposera des locations de très courte durée mais plutôt sur des mi-journées. "Nous allons lancer une série de fonctionnalités qui va permettre de moduler nos offres de mobilité". Pour l'occasion, OuiCar va renouveler son site et son application courant juillet avec ces nouvelles fonctionnalités.

La télématique embarquée, la clé du changement

Ce développement va s'accélérer notamment grâce à la télématique embarquée (ces boîtiers qui permettent de déverrouiller une voiture à distance). OuiCar pourra ainsi affiner son offre, améliorer la géolocalisation, développer la réservation instantanée. De la location automobile classique à un usage plus spontané et plus récurrent, pour Benoit Sineau, c'est l'évolution logique pour un acteur des mobilités à l'heure où se prépare le MaaS (Mobility as a Service) et que des agrégateurs s'apprêtent à offrir des ecosystèmes complets de mobilités.

Pour le patron de OuiCar néanmoins, rien ne dit que ces agrégateurs puissent l'emporter sur les opérateurs. "Ce sont des métiers fortement verticalisés, or être bon est beaucoup plus compliqué que cela en a l'air", nous explique-t-il. Autrement dit, à force d'agrégation et d'intermédiation des services de mobilités, ces applis d'agrégation pourraient pêcher par manque d'expertise et remettrait alors l'opérateur au centre du jeu.

Il juge que le particulier reste le fournisseur de mobilité le plus compétitif du marché: Il offre une capillarité territoriale sans égale. Mais surtout, le "coup d'oeil d'un propriétaire sur sa voiture, vaut tous les process de remise des clés du monde et qui coûte une fortune aux loueurs classiques d'automobiles", insiste Benoit Sineau. En outre, avec la télématique embarquée, OuiCar se transforme en fournisseur de mobilité 24/24 et 7/7.

OuiCar maintient son allure malgré la consolidation

Le rachat de son concurrent français Drivy en avril par l'américain GetAround n'affole pas Benoit Sineau. Il juge que OuiCar poursuit son développement sans brûler les étapes. "Nous devons être absolument carré sur notre offre sur notre marché domestique avant d'envisager de changer de dimension, nous y sommes presque", rétorque-t-il. D'ailleurs, l'entreprise s'apprête à se lancer sur le marché espagnol à la fin du second semestre.

Pour financer son développement, il se pourrait que OuiCar passe par une nouvelle levée de fond dans laquelle la SNCF serait prêt à limiter sa participation aujourd'hui largement majoritaire. OuiCar voudra rester français, mais avec la consolidation enclenchée par Drivy Getaround, une levée de fond ne sera pas de trop pour assurer sa croissance en toute indépendance...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :