Drivy : une pépite française qui passe sous pavillon américain

 |   |  349  mots
(Crédits : © Philippe Wojazer / Reuters)
La start-up française, leader européenne de la location automobile entre particuliers, est rachetée pour 300 millions de dollars par son concurrent américain Getaround. De taille équivalente, l'américain dispose d'une importante force de frappe financière après une conséquente levée de fonds.

Getaround s'empare  du leadership du marché européen du "peer to peer" en rachetant le français Drivy, leader européen de la location automobile entre particuliers, le groupe américain s'étend d'un coup sur le Vieux Continent et ajoute 170 villes européennes dans son escarcelle.

Getaround investit ainsi 300 millions d'euros dans la start-up, une partie en cash et une autre en action. Ainsi, les actionnaires actuels dont les fondateurs Paulin Dementhon et Sam Zaid, ainsi que Via ID (qui n'était pas majoritaire), deviennent actionnaires du nouvel ensemble. Paulin Dementhon reste PDG de la branche européenne.

Getaround a pris une longueur d'avance sur la connectivité

Drivy était confronté à une problématique d'accélération de son développement et de consolidation de ses positions européennes: nouveaux marchés, équipement de la flotte en télématique... Sur cette dernière innovation, l'américain a acquis une solide expertise grâce à son boitier de connectivité. Sur la seule ville de San Francisco, Getaround a déjà équipé 5.000 véhicules de ce boitier qui facilite la location en permettant à celle-ci de s'effectuer sans présence du propriétaire et 24h/24. A titre de comparaison, Drivy n'a équipé que 4.000 véhicules d'un boitier équivalent sur tout le marché européen.

En outre, Getaround disposait d'une force de frappe autrement supérieure après une levée de fond de 300 millions de dollars en 2018 via Toyota et Softbank. Cette dernière, une banque japonaise, est extrêmement active dans les mobilités puisqu'elle est également actionnaire de l'américain Uber. Drivy ne dispose pas d'actionnaires aussi solides.

"La société aurait pu rester indépendante, mais le match est de plus en plus compétitif", a confié Paulin Dementhon au quotidien "Le Figaro".

Et d'ajouter:

"Tous les autres acteurs, que ce soient les constructeurs ou les acteurs de la mobilité, ont une puissance de feu qui se chiffre en centaines de millions, quand ce n'est pas des milliards de dollars."

Getaround et Drivy ont une taille équivalente qui se chiffre peu ou prou autour de 2,5 millions de clients chacun.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 29/04/2019 à 19:55 :
Encore une PME dynamique qui disparaît du paysage français. Est-ce du à un manque d'ambition et de compétences des dirigeants ? Manque de vision ? Manque de soutiens de la part de l'institution financière ou d'investisseurs ? Ce n'est pas ainsi que de notre pays, emergeront des leaders mondiaux. Les propos du candidat Macron ne se traduisent pas dans la réalité...
a écrit le 25/04/2019 à 21:58 :
Je peux comprendre l’attitude des « capitalistes » français qui sont tout autant capitalistes que ma grand mère faisait du vélo ! la vérité ? c’est le plus profond dégoût jusqu’à en vomir de se voir vilipender incessamment, d’être racketté par un état indigne ( Ô ministres intègres ! conseillers vertueux ! Voilà votre façon. de servir, serviteurs qui pillez la maison ! Donc vous n’avez pas honte et vous choisissez l’heure …) qui fait venir des gents incultes, incapables de compréhension pour le b.a ba d’une production, de diriger des syndicalistes marxistes qui n’ont de cesse que de démolir l’entreprise et font semblant de travailler en tapant aléatoirement (je ne suis pas sûr qu’ils connaissent ce mot) sur un établi pour qu’on croit qu’ils font du labeur. Ce que la France perd ? c’est aussi l’expérience, les idées, la culture, l’exemple pour les générations futures : merci l’État et ses ponctionnaires acharnés ! . . . et peut-être que sous d’autres cieux . . .
a écrit le 25/04/2019 à 11:03 :
La start-up nation n'est qu'une pépinière qui vend ses jeunes pouces aux Américains. Aucune des pépinières n'est transformées en forêt à l'échelle mondiale. Pourquoi ? manque d'ambition ? manque de capitaux ? Pressé de se remplir les poches ? Qui a la réponse ?
a écrit le 25/04/2019 à 9:27 :
Qui se souvient de l'acquisition en 2001 de iBazar (start up française) par Ebay (start up americaine fondée en 1995) pour 93 millions de dollars? L'histoire se répète.
a écrit le 25/04/2019 à 8:48 :
Une économie intelligente, pas étonnant que les américains aient sauté sur l'occasion et en cette époque d'économie financiarisée il est indispensable de pouvoir disposer d'un minimum de puissance financière même si perte de temps et d'énergie flagrante mais c'est comme ça, les gars ont d'abord pensé à la pérennité de leur entreprise plutôt qu'à eux.
Réponse de le 25/04/2019 à 18:05 :
@ citoyen blasé
Pérennité ? Non, d'abord empocher le pognon.
J'ai entendu suffisamment de conversation sur le sujet pour affirmer que but des dirigeants de beaucoup de startups, c'est de fourguer rapidement le bébé au prix le plus élevé tout en payant le moins possible de charges, de taxes, d'impôts sur les montants. Pérennité ? Que nenni!

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :