Taxera ? Taxera pas ? Finalement, à cause d'une "erreur de bouton" sur leur boîtier électronique - l'anecdote ne manque pas de piquant -, les députés ont, après une seconde délibération, voté en faveur de la taxation des particuliers louant des biens grâce aux plateformes numériques type Airbnb pour le logement, Drivy ou encore la filiale de la SNCF Ouicar, pour les locations de voitures, au-delà d'un certain seuil.
Concrètement, au-delà de 23.000 euros de recettes annuelles, un particulier louant son logement sera considéré comme un professionnel. Et, à ce titre, ses revenus d'activité seront assujettis aux prélèvements sociaux. Autrement dit, il devra cotiser au régime social des indépendants (RSI) s'il dépasse ce montant, tout comme devront le faire les particuliers louant leur voiture au-delà de 7.720 euros - les députés ont accepté de doubler le seuil initialement envisagé de 3.860 euros. Notons au passage que ce seuil se rapproche du plafond de 6.000 euros fixé par la jeune pousse Heetch auprès des particuliers qui amortissent de cette manière les frais liés à leur véhicule en transportant occasionnellement des passagers.
De quoi décourager les particuliers, généralement peu au fait des subtilités administratives, estime Marion Carrette, la présidente et fondatrice de OuiCar. Elle précise à cet égard recevoir depuis ce matin une multitude d'appels de la part de particuliers, qui, inquiets, se demandent s'ils vont être considérés comme des professionnels. L'entrepreneuse regrette ainsi "l'aspect psychologique, et le frein que cela va représenter" pour ses clients. Marion Carrette poursuit:
Paulin Dementhon, fondateur de son concurrent Drivy abonde dans son sens:
A la base, pour expliquer sa démarche, le gouvernement explique dans le projet de loi de finance pour la sécurité sociale (page 26 du PLFSS 2017):
Déterminer un seuil de professionnalisation est plutôt "une très bonne chose en soi", aux yeux de Marion Carrette. Elle insiste d'ailleurs sur la démarche de OuiCar en matière de revenus:
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Ce qu'elle déplore, en revanche, ce sont les différents montants établis en fonction des activités:
Pourtant la véritable question reste en suspens pour Paulin Dementhon:
L'entrepreneur déplore le retard de la France sur sa voisine anglaise en la matière:
Reste que le gouvernement s'est engagé au Sénat et en deuxième lecture à enrichir le texte, notamment concernant les règles pour les gîtes ruraux et les chambres d'hôtes. A suivre donc.
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