Dire qu'ils ont eu bonne presse serait exagéré. Accusés de barrer l'horizon et d'abimer le paysage, les « moulins à vent marins » allaient faire fuir les touristes tempêtaient les riverains et les opposants pendant les débats publics qui ont précédé la construction des parcs. Quelques années plus tard, force est de constater que la présence de ces immenses mâts au large suscite plus de curiosité que de rejet chez les visiteurs.
Illustration en Bretagne, où la construction par l'Espagnol Iberdola du parc de saint Brieuc a été du pain béni pour la petite compagnie maritime des Vedettes de Brehat. Plombée par les quotas restrictifs imposés sur l'île éponyme et une météo estivale maussade la saison dernière, la société est parvenue à se maintenir à flot et à limiter ses pertes grâce aux excursions de 2h30 qu'elle propose entre les 62 éoliennes du parc.
Moyennant le paiement de 35 euros par adulte, dix mille passagers ont embarqué sur son bateau entre avril et octobre. Deux fois plus qu'en 2023, période pendant laquelle l'embarcation était tenue de rester à bonne distance des mâts, chantier oblige. « Nous organisons des visites depuis la construction, d'abord à 500 mètres de la zone puis à 50 mètres des turbines à leur mise en service. Au total, elles ont attiré 15.000 personnes », se félicitait il y a peu Anne-Corlouër, la présidente des Vedettes de Brehat. On comprend que l'intéressée ait demandé (et obtenu) du préfet une nouvelle autorisation pour la saison 2025.