Jeux vidéo : Goldman Sachs actionnaire de l'éditeur Voodoo

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(Crédits : Brendan McDermid)
La banque d'investissement Goldman Sachs est devenue l'actionnaire de référence de la pépite française Voodoo, permettant à la société spécialisée dans l'édition et la distribution de jeux sur mobile de changer de dimension pour se diversifier et se développer à l'international.

Selon une source au fait du dossier, la banque américaine a investi un montant de 200 millions de dollars (172 millions d'euros) via son fonds West Street Capital Partners VII, devenant l'actionnaire de référence aux côtés des deux fondateurs, qui restent majoritaires au capital.

L'investissement du géant de la finance dans Voodoo marque un changement d'ambition pour la société parisienne qui n'avait levé qu'un peu moins de trois millions d'euros depuis ses débuts en 2013. Elle traduit l'appétit actuel des investisseurs pour les jeux vidéo, à l'image de la tentative avortée du groupe de médias Vivendi de mettre la main sur Ubisoft. En 2017, les jeux sur mobile ont enregistré la plus forte croissance sur un marché des logiciels de jeux vidéo qui a atteint un total de 100 milliards de dollars, selon les estimations du cabinet d'études Research and Markets.

D'ici 2022, ce total pourrait encore grimper à 134 milliards de dollars.

"Accompagner Voodoo"

Cette opération vise notamment à "accompagner Voodoo" dans sa croissance, a souligné l'éditeur qui se revendique comme "l'un des leaders mondiaux du jeu grand public sur mobile".

"On avait vraiment une ambition commune, beaucoup d'enthousiasme à travailler ensemble", a expliqué à Reuters Alexandre Yazdi, l'un des cofondateurs, expliquant avoir été mis en relation avec l'établissement américain via un banquier d'affaires qui suit la société depuis un an.

Voodoo développe, édite et distribue des jeux sur mobile accessibles gratuitement sur les plateformes d'applications de Google et Apple.

L'entreprise, qui est notamment à l'origine des jeux Paper.io, Dune! Ou Snake vs Block, espère franchir le cap du milliard de téléchargements cette année après 300 millions l'an dernier.

Basée à Paris, l'entreprise, créée en 2013, "développe, édite et distribue des jeux grand public en partenariat avec plus de 400 studios dans le monde", des jeux en libre accès sur l'Apple Store et Google Play ; et assure être déjà rentable.

Les studios français très présents sur ce marché

Le groupe, qui est notamment en concurrence avec Ketchapp, un autre éditeur français racheté par Ubisoft, mise sur l'analyse fine des données pour repérer les jeux qui ont le plus fort potentiel de réussite et par la suite améliorer leur monétisation.

Sur les douze derniers mois, dans le top 20 des jeux les plus téléchargés, 9 ont été produits par Voodoo, selon le groupe.

La jeune pousse, qui a pour premier marché les États-Unis, prévoit d'utiliser les fonds apportés par Goldman Sachs pour se développer à l'international. Voodoo, qui compte augmenter ses effectifs d'une soixantaine de personnes aujourd'hui à 150 d'ici la fin de l'année, souhaite aussi se diversifier.

"On veut développer d'autres types d'applications tout en respectant notre ADN. Ça tournera plutôt autour de produits et du marketing", explique le président de Voodoo, en prenant pour exemple des applications de messagerie ou de réseaux sociaux pour les utilisateurs.

(avec agences)

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Commentaires
a écrit le 30/05/2018 à 14:28 :
S'ils gèrent cette société comme ils ont géré les fonds Grecs, il y a du soucis à se faire...
a écrit le 29/05/2018 à 12:14 :
proposer de «  taxer » les actionnaires de jeu vidéo « pour lutter »contre les nouveaux malaises
( symptômes)provoqués par les jeux vidéo sur enfants et ados.
a écrit le 29/05/2018 à 9:57 :
Si GS les finance c'est qu'il y a un véritable potentiel et du coup nous ne pouvons que déplorer le faible apport financier que le crowfunding leur a apporté, dommage que les banques européennes soient si frileuses ratant systématiquement les bons coups de ce genre et surtout c'est encore une fois des américains qui ont senti le truc et le financent.

Vite un frexit, notre UE tétanisée est triste à pleurer.

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