Entrée en vigueur en novembre dernier, cette loi permet d’encadrer les locations saisonnières et les résidences secondaires. Et les villes les plus confrontées à ce phénomène n'ont pas hésité à s'en saisir.L'annonce avait fait l'effet d'une proverbiale bombe en juin : Bidart aurait décidé de ne plus autoriser les résidences secondaires. À y regarder de plus près, la commune basque ne chassera pas les habitants occasionnels - une maison et appartement sur trois n'étant pas habités à l'année - mais ne souhaite pas en accueillir de nouveaux.
En vertu de la loi Echaniz-Le Meur, entrée en vigueur le 19 novembre dernier, visant à la fois à limiter les locations saisonnières et les résidences secondaires, Bidart exige désormais que toute construction ait une « obligation de servitude de résidence principale ». Seul bémol, ici comme ailleurs sur le littoral aquitain, les constructions sont peu nombreuses. Il n'empêche, le signal est clair.
En Nouvelle-Aquitaine comme en Auvergne-Rhône-Alpes, d'autres édiles ont commencé à se saisir de cette loi permettant d'aller plus loin que les réglementations locales durcies au fur et à mesure de la montée en puissance d'Airbnb et autres Booking.
Au grand bonheur de son corapporteur, le député socialiste des Pyrénées-Atlantiques Iñaki Echaniz, qui ne dispose toutefois pas encore de chiffres consolidés établis par le Ministère : « Cette loi a été construite avec et pour les élus. Nous avons réfléchi à mettre à disposition des outils faciles, agiles et efficaces. Il était indispensable de leur donner des moyens pour préserver les résidences principales et faciliter l'accès au logement des habitants. Face à la multiplication du nombre de meublés de tourisme, passé de 300 000 en 2016 à plus d'1,2 million aujourd'hui, et face à la crise, il est essentiel de soutenir ces élus qui souhaitent agir sur la tension entre la demande et l'offre de logements, amplifiée en zones touristiques ».
Annelot Huijgen, avec Pierre Cheminade et Anne Taffin et Marie Lyan