Le plan low cost d'Air France-KLM

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Air France va confier une partie de ses lignes intérieures au départ de Nice à sa filiale "low cost" Transavia. Quatre liaisons province-province déficitaires sont concernées. Objectif : réduire les coûts sur les escales de province et gêner Easyjet et Ryanair dans leur conquête du marché domestique.

Où s'arrêtera Transavia France ? Lancée en 2007 pour exploiter des lignes touristiques moyen-courriers (non françaises) au départ de Paris-Orly, la compagnie "mi-charter mi-"low cost"" d'Air France multiplie les entorses au business plan d'origine. Il n'était pas question de décoller au départ de province : elle débute cet été des vols vers le bassin méditerranéen au départ de Nantes et Lyon. Elle ne devait pas se positionner sur des lignes sous pavillon Air France, voilà qu'une telle hypothèse est aujourd'hui dans les cartons, selon des sources concordantes. Et qui plus est sur des vols intérieurs. Une première.

Baptisé Mimosa, le projet d'Air France vise à installer Transavia à Nice, pour desservir d'autres villes de province aujourd'hui exploitées (sous numéro de codes Air France) par ses filiales Britair et Regional. Quatre lignes seraient concernées, toutes déficitaires à cause des coûts d'escale très élevés, de la faible utilisation des avions (et de leur petite taille qui augmente les coûts au siège) mais de la nature du trafic, essentiellement loisirs. Le projet Mimosa a pour objectif de ramener ces lignes à l'équilibre économique grâce aux bas coûts de Transavia dont les avions ont une forte densité (186 sièges). Surtout, il est prévu, pour augmenter l'utilisation des avions que Transavia lance au départ de Nice, des vols vers des destinations du bassin méditerranéen.

Pourquoi un tel projet sur des lignes transversales (province-province) et pourquoi à Nice ? La réponse est simple. Cette partie du réseau est l'une des plus vulnérables face aux transporteurs "low cost", grâce à la faiblesse des liaisons transversales TGV. En 2007, la "low cost" britannique Flybe étudiait d'ailleurs une offensive d'envergure, sans passer à l'acte. Depuis, Ryanair et Easyjet s'y sont lancées, la première au départ de Marseille (Lille et Nantes), la seconde au départ de Lyon (Nantes, Toulouse, Bordeaux).

Le choix de Transavia à Nice permettrait d'anticiper l'arrivée en force dans la baie des Anges d'une grande low-cost européenne. En outre, ce serait le seul aéroport régional où l'application du modèle Transavia serait transposable, assure-t-on chez Air France, en raison d'un taux de clientèle loisirs supérieur à ce qu'il est sur les autres vols du groupe au départ des autres escales de province, plus axés sur la clientèle professionnelle. "Le projet à Nice ne peut pas être dupliqué sur d'autres aéroports français", explique un connaisseur du dossier. Cela reste encore à voir.

Pour l'heure, ce projet doit surmonter plusieurs obstacles. En effet, il passe par la renégociation de l'accord avec les pilotes d'Air France et la direction signé lors de la création de Transavia, qui interdisait les transferts d'activité du pavillon Air France vers sa filiale low-cost. Ce qui semble très lourd. La question du transfert chez cette dernière des pilotes de Britair et de Regional sera au coeur de la problématique. De même pour les services dans les aéroports, où Transavia fait traditionnellement jouer la concurrence entre Air France et ses concurrents. Or, en province, les coûts d'Air France sont très élevés. La direction veut augmenter la productivité de 20% sur l'ensemble des escales françaises.

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Commentaires
a écrit le 24/01/2010 à 10:11 :
livinzesky: je suis d'accord sur le fait que low-costisme tire la société vers le bas. Comme tu l' as mentionné les employés lidl, ED,Ryanair ne sont que quantité négligeable dans ce système inhumain axé seulement sur les couts. C'est pour ça que je trouvais consternant que notre Ministresse de l' économie fasse l' apologie du low cost comme "the way forward" (enfin, sauf pour elle avec ses colliers de perles Place Vendome)
Mais je ne suis pas d' accord avec le fait que le low cost ne crée pas de demande: la logan a crée de la demande de voiture neuve la ou on pouvait se payer de l' occasion avant. Easyjet permet a des gens de prendre l' avion la ou on ne pouvait se payer que le train (mon cas demain: 29? pour 1H d'avion pour biarritz au lieu de 5H de TGV a 5O? !)
De plus, quand le low cost répond a une demande non-satisfaite jusque là, c'est bien qu' il crée de la valeur, puisque sans ça les gens ne dépenseraient pas d' argent? ou bien?
si Transavia emploie de ex-AOM et Easyjet des ex-Sabena (le saviez-vous? ), qu'auraient fait ces gens sans nouveaux employeurs? soyons serieux Sabena et AOM ont fait faillite tout seul comme des grans sans même concurrence de low cost a l' époque.
Aussi si AF perd 2500 emplois par an c'est seulement en partie a cause de la concurrence mais aussi de l' évolution de la société: réservations et enregistrement sur internet/iphone, concurrence de Emirates et Singapore (A380 a CDG aussi!) accords open skies etc etc
a écrit le 24/01/2010 à 8:03 :
Concernant l'article je suis entièrement d'accord avec un client d'AF de 45 ans. Je rentre de Miami où j'ai voyagé à coté d'un couple qui avait pris AA à l'aller. Ils m'ont avoué que c'était la première fois qu'ils prenaient AF pour voyager. Tout en étant Français ils boudaient la compagnie nationale pour diverses raisons. Mais ils se sont jurés de ne plus jamais reprendre AA et trouvaient finalement AF très très bien. Et pourtant nous sommes partis de MIA avec 1 heure de retard et ils ne savaient pas encore qu'on allait arriver avec 10 min d'avance...
Concernant le modèle économique, à force de low costiser la société, nous tirons le système économique vers le bas. Rappelez vous, les première low cost à s'implanter en France était Aldi, ED, liddle etc etc et puis est venue la Logan. L'éconmie du transport est en plein dans cette mutation. Je comprends très bien qu'il faille du low cost pour satisfaire les besoins de chacun, mais définir ce modèle là comme exemple de modèle économique me parait être une erreur. En effet, le low cost connait un franc succès car il enrichit le patron et l'actionnaire. Mais qd est il de l'employé? que pensent réellement les caissières de lidl, leader price? que pensent les ouvriers qui montent la logan et qui se sont mis en grève il y a qques années? Que pensent les hotesses de Transavia easy jet ou Ryannair de leur condition de travail? (à ce sujet je vous invite à voir un reportage de la BBC sur ryannair disponible encore sur youtube). Ce système économique ne prend pas encompte l'humain, et faites bien attention messieurs les défenseur de la low cost qu'un jour votre secteur d'activité ne soit pas atteind par cette gangraine!!!
Dire que le low cost crée de l'emploi est une hérésie. En effet les low cost n'ont pas créés une demande, ils ont répondu à cette demande. Pour Transavia par exemple, savez vous que la majorité des employés de cette compagnie vient de l'ex AOM Air Liberté? Depuis qu'Easy jet et Ryannair se sont implantées en France, des centaines d'emplois ont été supprimés dans le secteur aériens et chez AF on tourne à environ à 2500 postes supprimés par an depuis 2 ans!!!! Et après ça on parle de création de richesse!!! mais vous rêvez messieurs!
a écrit le 23/01/2010 à 19:47 :
Cher Claude, lis bien mes propos, je parlais de flotte long-courrier.....Et il y a environ 60% de Boeing. Et ce n'est pas du tout la volonté de mettre tous ses yeux dans le même panier. Quand AF au milieu des années 90 (en fait sous C.Blanc) a mis en balance A340 et le B777, il a pris ...le meilleur (surtout quand plus tard quand il a fallu choisir entre l'A340-600 et le B777_300 ER). AF a fait le bon choix à l'époque, sans d'autre critère que la la qualité. Le passager devrait faire la même chose. Choisir la meilleure compagnie et tant mieux si elle est française.
a écrit le 23/01/2010 à 14:20 :
non pas que je veuille rajouter de l' huile sur le feu mais en l' occurence Easyjet l' anglaise a une méga flotte d' A319 européens (OK assemblés a Hambourg mais avec des tronçons entiers made in France) alors que Transavia France a une flotte de 737-800 assemblés au Kansas!!
Serieusement, je pense que le marché change a vitesse grand V vers le bas et qu'une grande maison comme AF a peut être un peu de mal a suivre...et puis d' ailleurs comment suivre cette descente en gamme? exercice trés difficile: sabrer dans les couts, c'est sabrer dans les hommes, et AF est une entreprise qui a un coté trés humain
a écrit le 23/01/2010 à 12:25 :
KiKi75 . Le coeur de la flotte AF est AIRBUS (AF318-319-320-321-330-340-380) mais il n'est pas interdit dans le cadre d'une bonne gestion de ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier .
Merci au client d'AF de 45 ans son analyse est pertinente et rien n'interdit de râler quand la compagnie que l'on préfere n'est pas à la hauteur de ses attentes !
a écrit le 23/01/2010 à 11:36 :
Cher client d'AF de 45 ans... est-ce qu'Air France achète français? quant le coeur de sa flotte long-courrier est composée de Boeing 777? Quant aux cotisations, savez-vous qu'une filiale irlandaise d'AF, Cityjet, ne cotise pas en France. Et dire que les low-cost détruisent de l'emploi c'est également faux. Il y a des pilotes, des hôtesses et stewards qui sont ravis du développement d'Easyjet. Mais aussi le personnel d'Airbus.
a écrit le 23/01/2010 à 8:16 :
Chris 27: que CO fournisse un service similaire a AF sur NYC, admettons....mais AA?? c'est une plaisanterie! avions usés et hotesses dominantes et cassantes, non merci: AF est encore en avance sur ce coup.
Fredlux: effectivement bcp de gens prennent les low costs parce que cela a démocratisé l' avion en divisant souvent le prix des billets par 2...mais plus globalement notre pays s' appauvrit quand une compagnie comme AF réduit la voilure...il en est de même d'ailleurs dans d'autres domaines (cf Free dans le mobile, wait and see)
AF&modele social français: je suis entierement d' accord avec toi...mais étant voyageur fréquent sur Nice, il m' est parfois impossible de voler sur AF vu l' écart de prix avec la low cost que j' achète par dépit...que faire? ne pas voler du tout ou acheter tt de même un billet avec une entreprise qui au final a été condamné a payer ses charges en France, raméne de la TVA au budget et emploi qd même bcp de Français?
a écrit le 23/01/2010 à 4:13 :
Pour information, Air France comme d'autres entreprises françaises ont leur défaut, mais n'oublions pas que sans elle notre modèle économique et social ne seraient pas ce qu'il est. J'invite FREDLUX à s'intéresser aux taxes diverses que paie AIR FRANCE et celle de ces fameuses concurrentes basées dans des pays des plus cléments fiscalement ; je lui fait grâce du traitement en interne des salariés (sans vision communiste aucune)
Je conçois que cela puisse lui sembler parfois excessif mais il ne faut jamais perdre de vue qu'une société à "bas coûts" si elle est intéressante du point de vue du portefeuille, détruis l'emploi. Penser qu'elles sont un plus, est une vision à très court terme et peu réfléchie.
Enfin, ce que nous ne consommons pas en entreprise française, nous coûte bien plus en impôts, cotisations et taxes diverses car la création de richesses diminuant il faut bien compenser.
Et quel sera l'avenir quand nos entreprises auront fermé et que nous ne représenterons plus aucun intérêt à l'échelle mondiale ?
Je rejoins un CLIENT D'AF de 45 ANS - qui à parfois râlé mais quelle entreprise ou personne vous donne toujours pleinement satisfaction. Si Chris 27 prend AA & CO comme il le prétend, râlé deviendra sans doute une seconde nature ; à moins que son niveau de satisfaction soit faibles.
Merci pour AIRFRANCE et bien d'autres entreprises.
a écrit le 22/01/2010 à 21:26 :
Celui qui n'achète pas français et crée les chomeurs en masse et en particulier après 50 ans (lui doit demander la retraite à 65 ans) ferait mieux de tourner sa langue dans sa bouche et se taire. Pendant 40 ans j'ai vendu des bien d'équipement et consommation dans le monde entier, mon entreprise m'a payé Air France pour Tokyo, Pékin, Singapour, Moscou et bien sûr toutes les villes d'Amérique du Nord. Je crois que ce monsieur chris 27 devrait s'installer à côté du siège de AA et CO que je connais bien et y vivre heureux avec les indigènes. Cela ferait un peu productif de moins à financer en sécurité sociale et retraite. J'ai parfois râlé contre AF comme contre l'équipe de France mais j'ai eu dans mes mains 24 médailles d'or olympiques de 18 athlètes différents du monde entier. Pour gagner il faut en avoir dans la tête. Que ce monsieur quitte la France, au revoir ...
a écrit le 22/01/2010 à 12:36 :
Qui vole encore avec Air France ??? Les tarifs sont prohibitifs avec un service pitoyable...vive la concurrence Ryanair, Easyjet qui ont vraiment démocratiser l'avion...
a écrit le 22/01/2010 à 10:49 :
Air France vole-t-il de la cuisine à la salle de bain? Ca c'est un vol domestique!! Je pense qu'Air France a des vols intérieurs. L'article nous parle du "business plan" Sans doute le journaliste parlait-il du plan d'affaire!!. Etc, etc. Pourquoi singer l'anglais? Cela rend-t-il plus intelligent ou plus brillant, ou simplement montre-t-il un manque d?autonomie mentale ?
a écrit le 22/01/2010 à 9:39 :
La première solution est la réduction de la cotisation au CCE (largement supérieure au minimum légal), et la seconde, être compétitif sur les longs courriers. Voyageant fréquemment sur New York City, cette absence de compétitivité me fait choisir AA ou CO. L'image du vol AF ne justifie plus ses surcoûts (et sans parler des grèves naturellement)
Désolé, mais le "acheter français" n'est plus ma tasse de thé.
a écrit le 22/01/2010 à 8:46 :
eh bien les petits aeroports retourneront a l'aviation générale.....qui est en train de se faire bouffer par l'aviation commerciale au pont que les procedures sont devenues tellement complexes que bon nombre de pilotes renoncent....faudra prendre le TGV!!
a écrit le 22/01/2010 à 7:38 :
Cela annonce-t-il la fin des petits et moyens aéroports de province, comme celle des gares SNCF, des bureaux de postes, des hopitaux, des trésoreries générales, des Départements, ?

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