SeaFrance : la Cour des comptes épinglait déjà la cogestion en 2009

Le rapport dénonce les dérapages de la cogestion entre la direction de la compagnie de ferries et la CFDT.
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Dommage que le rapport de la Cour des comptes sur SeaFrance n'ait été rendu public que maintenant. Car l'ouvrage des sages de la rue Cambon, qui a passé au scanner les exercices entre 2004 et 2007 de la filiale de la SNCF, laissait déjà en 2009 entrevoir les prémices de l'issue fatale de la compagnie de ferries transmanches. Notamment en raison du système de cogestion entre la direction de l'entreprise à partir de 2000 et le syndicat majoritaire CFDT qui fait l'objet de plusieurs observations épicées dans le rapport. "Depuis son arrivée [2000], le président en fonction [Eudes Riblier, recruté par Louis Gallois, alors PDG de la SNCF après le décès brutal de Didier Bonnet, Ndlr] a noué des relations privilégiées avec la CFDT, en vue d'apaiser le climat social." Eudes Riblier "a indiqué à son départ [2008] qu'il avait pu retisser les fils du dialogue social en s'appuyant sur le syndicat majoritaire".

"Mainmise sur l'embauche"

L'ouvrage note qu'une enquête d'encadrement de 2005 au sein de la compagnie dénonçait déjà "l'emprise de la CFDT et sa mainmise sur l'embauche et l'avancement des personnels". Le "pouvoir exorbitant octroyé aux délégués" de ce syndicat, en particulier celui relatif aux promotions internes est souligné par le rapport qui relève aussi une "absence de politique en matière de recrutement". La Cour révèle que des personnels en fin de carrière se sont vus offrir des "postes d'assistant officiers ne correspondant pas à leur qualification".

S'agissant des salariés dits "ADSG" (restauration, hôtellerie), les magistrats soulignent que leur nombre était "supérieur aux besoins". On apprend qu'au sein de ce service, il était courant de payer des congés à des salariés "bien au-delà de la fin de leurs congés au lieu de les embarquer", tout en ayant recours à des CDD pour faire le travail. A l'arrivée du nouveau président en 2000, ces effectifs ADSG ont été placés sous l'autorité du directeur des ventes, s'étonne la Cour ; "le rattachement de ces personnels à une autre autorité que celle du directeur de l'armement apparaît curieux, aussi logique soit-il d'un point de vue commercial". Le rapport estime qu'il "s'explique difficilement à bord des navires où le capitaine doit pouvoir exercer son autorité tant sur le plan de la discipline que sur celui de la sécurité".

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Commentaires 17
à écrit le 23/01/2012 à 16:53
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Les rapports de la cour des comptes c'est comme pisser dans un violon, personne ne les lit ni n'en tient compte; juste une écoute polie.

à écrit le 13/01/2012 à 16:18
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Et c'est bien pire que ce qu'on croit : une partie des recettes (40% environ j'ai mes sources) passe au black, réparti sur le personnel... Idem dans les magasins des Châteaux de France et certains musés nationaux

à écrit le 13/01/2012 à 12:32
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Ce que dit ce rapport, c'est que le prix du carburant a été multiplié par 3 entre 2004 et 2008 : plus de 30 millions d'euros en 2008 ! Le rapport dit aussi que les investissements dans un nouveau bateau acheté d'occasion est revenu beaucoup plus c...

à écrit le 13/01/2012 à 11:49
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Allez au Ministère des finances et vous en entendrez de belles sur le pouvoir syndical, au point où on se demande qui est le véritable patron. Vous imaginez en revanche les conséquences sur la motivation de ceux ou celles qui sont écartés de l'avance...

à écrit le 13/01/2012 à 11:31
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Et dire que ce qui arrive au compte goutte sur la place publique n'est probablement que le face emmergée de l'iceberg !

à écrit le 13/01/2012 à 10:26
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le pseudo-syndicalisme de la CFDT SeaFrance contribue à détourner les salariés(ées) des syndicats. Un syndicat doit construire le bien-être dans le monde du travail et non pas le détruire comme c'est hélas trop souvent le cas. Pas de politique dans ...

à écrit le 13/01/2012 à 10:16
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tous va bien maintenant ils vont avoir une prime,ne travaillent et vont recevoir de l'argent (chomage) chapeau bas les syndicats........ et j'espere simplement que tous ces gens gardent cette situation jusqu'a leur retraite.

à écrit le 13/01/2012 à 9:40
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Heureusement, le Tribunal n'a pas été dupe; il n'a pas laissé ces mecs payés à ne rien faire depuis 10 ans monter une SCOP avec notre pognon !

le 20/01/2012 à 9:26
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Une SCOP pour une telle activité: Impensable. Les salariés peuvent remercier le Tribunal.

à écrit le 13/01/2012 à 9:08
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Et qu' fait Sarkozy ? Rien. les rapports de la Cour des comptes n'ont pratiquement aucun effet.

à écrit le 13/01/2012 à 8:32
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Plutôt que des plans de rigueur stupides et inégalitaires, le gouvernement serait mieux inspiré de reprendre les rapports de la Cour des Comptes et d'en appliquer les conclusions. Mais ce serait trop demander aux Baroin, Morano et consorts.

le 15/01/2012 à 13:34
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J' ai comme vous la même réflexion : depuis des lustres la haute cour existe et rédige des rapports sur la gestion des deniers publics ; il s'agit des préconisations , mais comme les sanctions sont fort peu nombreuses , les élus actuels peuvent se re...

à écrit le 13/01/2012 à 8:32
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" payer des congés à des salariés "bien au-delà de la fin de leurs congés" <--- ca sent l'abus de bien social, ca, non?

le 13/01/2012 à 10:12
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Absuloment et celui ou celle qui a signé ces denabdes de congés doit etre sanctionné : au moins financièrement.

le 13/01/2012 à 11:19
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et surtout pénalement ce que l'on pourrait également faire pour nos élus qui gèrent mal les collectivités locales. Les chefs d'entreprises sont bien pénalement responsable pourquoi pas les élus qui gèrent notre argent. Il y aurait enfin en France un...

à écrit le 13/01/2012 à 8:31
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les societes ' auto gerees', et ' cogerees avec les syndicats', on sait ou ca va...

le 13/01/2012 à 11:10
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Et oui.... C'est aussi le cas dans la fonction publique, où l'organisation des services et des missions repond plus souvent au soucis de satisfaire les lobbies internes (syndicats et énarques) que l'intérêt général. J'ai était témoin de cela pendant ...

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