Bruxelles fragilise la reprise de Sernam par Geodis

Geodis est le seul à avoir déposé une offre qui ne conserve que la moitié des 1.600 personnes de l'entreprise. Son offre est conditionnée au fait que Geodis n'ait pas à rembourser les aides publiques versées dans le passé à Sernam jugées illégales par Bruxelles.

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Geodis, filiale de la SNCF, est seul à s'être porté candidat vendredi à la reprise partielle de Sernam, l'ancienne filiale de la SNCF, aujourd'hui détenu à 80,32% par la société d'investissements Butler Capital Partners (BCP) et placé en redressement judiciaire. Seul le maintien de 826 emplois est envisagé sur les 1.600 actuels.

642 millions d'euros d'aides à rembourser selon Bruxelles

Ce dossier est d'autant plus compliqué que Bruxelles exige que l'Etat recouvre 642 millions d'euros d'aides illégales versées à Sernam de 2001 jusqu'à sa privatisation en 2005 ; « un avantage économique indu » pour la Commission. Celle-ci, qui avait retoqué en 2004 un premier apport public de 41 millions d'euros, a reproché aux autorités françaises d'avoir "manqué à leur obligation" de la récupérer. "Il incombe à la société financière Sernam (...) de rembourser cette somme ainsi que toutes les autres aides dont Sernam a bénéficié, soit un total de plus de 642 millions d'euros", a-t-elle jugé.

La France envisage un recours

Soucieux de ne pas voir une nouvelle "bombe" sociale exploser à l'approche de la présidentielle, le gouvernement a annoncé qu'il envisageait un recours contre la décision de la Commission européenne. Le ministre des Transports Thierry Mariani a indiqué que "les autorités françaises ne partagent absolument pas l'analyse de la Commission européenne dans ce dossier". "Nous considérons que les conditions d'aide à la restructuration de Sernam ont été respectées", a-t-il déclaré à l'AFP, précisant que ses services allaient "étudier la possibilité d'un éventuel recours

Geodis ne paiera pas

En attendant, Geodis a pris ses précautions. Son projet de reprise est conditionné au fait de ne pas avoir à supporter, en "débiteur de substitution", le remboursement des sommes aux pouvoirs publics s'il était confirmé. La proximité des élections rend le dossier Sernam sensible et, en coulisses, des professionnels du secteur assurent voir la main du gouvernement derrière la candidature de Geodis, groupe public, à une reprise qu'il excluait il y a peu."Nous considérons qu'il y a intérêt industriel pour Geodis à proposer un projet de reprise partiel", a rétorqué vendredi Pierre Blayau.

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Commentaires 5
à écrit le 02/04/2012 à 20:02
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Ce monsieur BLAYAU, c'est le même qui a coulé Moulinex et mis en garde à vue pour "banqueroute par détournements d'actifs" en 2004 ?????

à écrit le 11/03/2012 à 12:55
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SERNAM et GEODIS deux requins financés et aidés par l'état ! quel honte, et les transporteurs indépendants ! ils valent rien ? Nous aussi nous sommes pas bien. Facile pour GEODIS qui détruit les petits artisans du transport grace aux aides de la SNCF...

le 11/01/2013 à 10:07
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SERNAM et GEODIS deux requins financés et aidés par l'état ! il faut relire les classiques commençons par Butler Capital Partners et comprenons pourquoi le Virgin va fermer ses portes.

à écrit le 11/03/2012 à 10:04
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voilà des années que les sociétés filiales de la SNCF dans le transport routier perdent à l'image de l'ex-défunte SCETA des centaines de millions d'Euro ! pas étonnant elles sont gérées comme leur géniteur par pléthore d'incompétents plus fonctionnai...

à écrit le 10/03/2012 à 15:26
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Mais quelle est la viabilité de cette société SERNAM si, après avoir reçu ? 642 millions d'aides entre 2001 et 2005, elle se retrouve aujourd'hui en redressement judiciaire ?

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