Emirates remet en cause le Yalta des trois alliances du ciel

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Le partenariat commercial entre Emirates et Qantas, membre de Oneworld, ouvre une brèche dans l'organisation du transport aérien mondial par trois alliances, Star Alliance, Skyteam et Oneworld. Pour certaines analystes, Emirates pourrait récidiver. De quoi lancer une quatrième voie, sorte de nouvelle alliance centrée autour de la compagnie du Golfe et de son hub de Dubai

L'alliance signée ce jeudi entre la compagnie de Dubai Emirates et l'australienne Qantas provoque une véritable onde de choc dans le secteur du transport aérien. Bien au-delà de la fin du partenariat historique entre Qantas et British Airways, qui discutaient fusion il y a encore deux ans, ou de celle, plus marginale, entre Qantas et Air France, le rapprochement commercial entre Emirates et Qantas menace carrément de remettre en cause la structure du transport aérien mondial, qui s'organise autour de trois alliances mondiales. Il ouvre en effet une brèche dans la répartition du ciel entre trois alliances globales, Star Alliance, Skyteam, Oneworld, lesquelles mettent en commun tous les réseaux de vols de chacun de leurs membres afin de proposer un réseau mondial (commercialisable par chacune des compagnies de l'alliance), capable de répondre aux demandes des hommes d'affaires et des entreprises. Aujourd'hui les trois alliances regroupent un peu moins d'une soixantaine de compagnies et représentent plus de 70% du trafic mondial. Aucun des trois mastodontes du Golfe persique, Emirates, Etihad (Abu Dhabi) et Qatar Airways n'en est membre.

Les compagnies classiques capitulent

Le rapprochement Emirates-Qantas traduit la capacité des compagnies aériennes du Golfe, du moins Emirates qui s'est toujours tenue à l'écart des alliances, à séduire un acteur majeur d'une alliance ; Qantas étant l'un des gros calibres de Oneworld (la compagnie a néanmoins indiqué qu'elle restait dans cette alliance), qui compte aussi American Airlines, British Airways, Iberia, Cathay Pacific, Lan... Ainsi, Emirates renverse complètement le schéma de pensée en vigueur jusqu'ici, qui voulait qu'on s'interroge plutôt sur l'intégration d'une compagnie du Golfe dans une alliance. Leur puissance de feu d'un côté, le marasme dans lequel se retrouvent des acteurs traditionnels (en partie à cause des transporteurs du Golfe) change la donne. Les compagnies classiques sont contraintes de capituler. D'autres iront-elles chercher elles aussi leur survie, non pas dans une alliance globale, ce Graal jusqu'ici recherché par tous les transporteurs, mais sous l'aile protectrice de l'ogre de Dubai ? Yan Derocles, analyste chez Oddo Securities en est persuadé : «Emirates va faire un nouveau coup », explique t-il en estimant que des opportunités peuvent se présenter en Inde (à condition que l'Etat libéralise l'accès au capital des compagnies indiennes aux investisseurs étrangers) ou en Amérique Latine. Pas impossible, en effet, au regard des difficultés financières de ces compagnies. D'autant qu'elles peinent à se rapprocher des alliances, pourtant disposées à recruter en Inde. Pour Yan Derocles, Emirates va également regarder du côté des Etats-Unis et de l'Europe, où il sera plus difficile pour elle de conclure une alliance. Du moins, d'une taille comparable à celle signée avec Qantas.

Une sorte de quatrième alliance

Bref un scénario qui s'apparente ni plus ni moins à la création d'une alliance mondiale. Avec une poignée de membres, tous satellites d'Emirates, et centrés autour du hub de Dubaï, qui deviendrait la plaque-tournante du trafic aérien mondial comme l'ont souhaité les concepteurs du nouvel aéroport de Dubaï, appelé à devenir le plus grand de la planète. Le transfert d'une partie du hub de Qantas de Singapour à Dubai donne va renforcer la place de Dubai dans les flux de trafic mondiaux.
Déjà en soi, Emirates est dans sa « mission » une alliance à elle seule. Sa stratégie est identique à celles des Star Alliance, Skyteam et Oneworld : transporter les passagers de n'importe quelle ville dans le monde vers une autre en un minimum de temps. Et quand les compagnies classiques ont besoin de s'allier pour remplir cette mission, Emirates le fait tout seule. L'étendue de son réseau (plus de 120 villes desservies dans 74 pays) de sa flotte (près de 175 avions, tous des gros porteurs long-courriers, de son portefeuille d'avions en commande (environ 220 appareils du même calibre)... le lui permet. Avec même des avantages. Grâce à l'excellent positionnement de Dubaï et au très long rayon d'action des avions aujourd'hui, Emirates ne propose qu'une escale. En outre, le fait de tout faire seul garantit à Emirates une qualité de services continue sur toute la durée du voyage, alors que, dans une alliance, les différences entre membres peuvent être très prononcées, au grand dam des passagers. L'apport de Qantas ne devrait pas être un problème. La compagnie propose en effet une bonne qualité de services.

Etihad constitue un réseau de compagnies vassalisées

Que feront les autres transporteurs du Golfe, Etihad, et Qatar Airways ?
Si elles n'excluent pas d'entrer dans une alliance globale, elles cherchent parallèlement à créer un noyau dur de compagnies vassalisées sur les marchés clés. C'est le cas d'Etihad (dont le niveau de commandes est largement inférieur à celui d'Emirates), qui a affiché ses ambitions mondiales en entrant au capital d'Air Berlin, Aer Lingus (Irlande), Air Seychelles, et Virgin Blue (Australie), tout en en négociant un accord commercial d'envergure avec Air France-KLM et Alitalia. 
A part quelques accords de partage de codes et une entrée dans le capital de Cargolux, Qatar Airways n'est pas encore passé à l'offensive, même si elle a reconnu avoir identifié un grand nombre de cibles.
Bref, qu'ils créent un réseau mondial parallèle à celui des alliances, ou qu'ils en intègrent l'une des trois, les compagnies du Golfe vont complètement chambouler la structuration du ciel mondial par ces grands groupements. Même si Etihad ou Qatar devaient intégrer une alliance, leur poids est tel qu'ils déstabiliseraient tous les équilibres internes.

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Commentaires
a écrit le 01/04/2013 à 15:10 :
Les rosbeefs avec British Airways perdent du terrain et de l'argent. La dure loi du marché :-)))
Allez Champagne pour tous même en classe éco.
a écrit le 08/09/2012 à 14:03 :
Même s'il ne faut pas surdramatiser ...l'alerte est néanmoins sérieuse et notre compagnie nationale et son allié KLM ne devraient pas trop s'endormir sur leurs premiers succès de transformation et régler au plus vite les questions internes de gouvernance, d'organisation et de choix d'hommes pour faire face à cette reconfiguration de l'echiquier mondial qui se prépare ...
Réponse de le 08/09/2012 à 17:12 :
C'est c'là, oui...
PS vous sortez d'un stage "expression écrite à l'usage des dirigeants du CAC 40" ?
a écrit le 08/09/2012 à 13:35 :
La flotte de Etihad est d'environ la moité de celle de Qatar qui est la moité de celle de Emirates qui est la moitié de celle d'Air France. Mais Emirates présente une particularité : Alors que les autres compagnies se contentent d'une dizaine, lui a 22 Airbus A380 en service et 68 en commande ferme. On le bichonne donc et Spinetta qui avait la folie d'accuser l'arabe d'être sponsorisé par l'état (les 7 émirats qui compose E.A.U) a été dégagé promptement de la tête de notre compagnie nationale. Emirates est effectivement un véhicule financier qui défonse l'Asie du Sud et le Moyen Orient avec une offre sans équivalant. La question reste de savoir comment remplir ces très gros porteurs à venir qu'il a pourtant configuré en 450 places 'seulement". Airbus A380 est effectivement un exploit technologique qui remplace deux long courriers à lui seul. Ce travail de l'arabe provoque des remous mais le français sait que ce déchiquetage lui laissera des morceaux de choix. Qui plus est nos grandes banques financent l'opération Emirates qui est aussi une opération EADS, Safran Thalès et de beaucoup d'autres. Celle bonne coopération devrait donner envie aux pays de la région de faire d'aussi belles affaires sur le plan militaire... lorsque Dassault Aviation et ses Mirage et Rafale qui sonnent bien aux oreilles de la région sera enfin entre les mains de Thalès. Pour cette fin d'année seulement Airbus livrera 6 A380 à la compagnie Emirates et le prince Al-Walid ben Talal ben Abdelaziz Al Saoud reçevra son Airbus A380 Prestige "Le Palace volant" à titre privé. L'argent du pétrole n'est donc pas perdu pour tout le monde.
a écrit le 08/09/2012 à 12:32 :
oui enfin elles seront toujours absentes du plus gros trafic aérien qu est l axe Europe USA
Réponse de le 10/09/2012 à 16:29 :
Vous faites erreur.... L'Europe USA était le gros gâteau.... Ce n'est plus... Et çà perd de l'argent le transatlantique! Le gros gâteau c'est l'Asie....
Emirates vole déjà sur New York, Washington, Dallas, Seattle, San Francisco, Houston, Los Angeles au moins en quotidien et souvent 2 fois par jours et a un accord de quasi open-sky sur les USA.... Soit 10 vols par jours ou environ 7000 sièges par jour ou 2,500,000 par an.... Passager en provenance d'Asie, d'Australie, du Moyen Orient ou d'Afrique et qui grâce aux nouveaux avions n'ont plus besoin de s'arrêter en Europe...
a écrit le 08/09/2012 à 10:14 :
Il y a quand même une grosse erreur dans cet article: Qatar Airways fait partie de la Star Alliance !!!!
Réponse de le 08/09/2012 à 10:28 :
Depuis quand ???
Réponse de le 08/09/2012 à 11:06 :
@fan d'avion, révise tes classiques... Qatar Airways n'est dans aucune alliance.
Réponse de le 28/08/2013 à 23:06 :
Qatar Airways est un futur membre de Oneworld on reconnais les personnes qui n'y connais rien ici...
a écrit le 08/09/2012 à 9:56 :
Article un peu exagéré pour l'instant, Quantas n'est qu'une compagnie d'Australie qui dessert le pays parmi tant d'autres, d'autant que le gros de ses passagers est majoritairement asiatiques, ce n'est pas ce qui va faire trembler la planète ni en nombres de passagers ni en nombre d'habitants potentiellement voyageurs...
Réponse de le 08/09/2012 à 11:11 :
@SaintEx, il ne faut pas raisonner en termes de marché local (sinon personne ne se soucierait d'Emirates). L'accord entre Emirates et Qantas va changer les lignes sur tout l'axe Europe-Asie Pacifique, qui pèse un petit peu et pèsera toujours d'avantage. Si EK fait la même chose (c'est pas pour demain) sur d'autres gros flux importants, çà risque de saigner.
Réponse de le 08/09/2012 à 11:35 :
@SaintEx y a pas de "U" à Qantas
Réponse de le 09/09/2012 à 12:36 :
A titre informatif qantas provient de queensland and northern territory air service

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