Accident de Brétigny : un Etat responsable

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La cataqtrophe ferroviaire de Brétigny a causé la mort de sept personnes et fait des dizaines de blessés
La cataqtrophe ferroviaire de Brétigny a causé la mort de sept personnes et fait des dizaines de blessés
La réunion ce samedi des victimes de la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge -Orge a montré que l'appareil d’État, lorsqu'il sait se mobiliser, peut le faire avec justesse et efficacité.

Un moment rare. Rare parce qu'il réunissait 250 personnes qui ont vécu la même catastrophe, mais dont la douleur post-traumatique appartient à chacune d'entre elles. Rare parce qu'il est peu de rassemblements d'une telle richesse d'individus : quel autre lieu qu'un train peut-il prétendre, par la magie de la statistique, rassembler des profils, des histoires, des appartenances aussi variés. Rare aussi parce que l'on a pu voir ce que l'appareil d'État et ses satellites sont capables de faire lorsqu'ils y mettent les moyens et la manière.

La justesse reste un art difficile

Un bâtiment de la République recevait donc ce samedi à Paris les victimes de l'accident ferroviaire de Bretigny survenu le 12 juillet dernier. Les évidences d'abord, mais elles sont utiles à rappeler, en ce qu'en ce genre de circonstances, la justesse est un art difficile : que le buffet ne prenne pas les airs d'une réception festive, maladroitement réparatrice, que les sourires des hôtes n'enlèvent de la gravité au moment, que leurs uniformes noirs n'aggravent encore la tristesse et le malheur qui planaient sur les visages, n'était justement pas une évidence.

Les paroles échangées au hasard de rencontres semblaient pleines. Réconfortantes, anecdotiques, plaintives, peu importe. Elles étaient là. Comme le seront dans la salle toutes les autorités au plus haut niveau concernées par la catastrophe. Frédéric Cuvillier, le ministre des Transports, la patron de Réseau Ferré de France, le procureur de la République d'Evry qui a ouvert l'information judiciaire, le responsable du Bureau d'Enquêtes sur les Accidents de Transport Terrestre… Les responsables.

 

Les inévitables bavures commises pendant une telle catastrophe

La responsabilité, fil conducteur de cette rencontre. Celle de la bonne mise en œuvre des indemnisations, celle de la conduite des enquêtes. Celle enfin de la SNCF, que son président, Guillaume Pepy, a une nouvelle fois explicitement assumée. Et qu'il n'a pas fuie lorsque des voix se sont élevées pour relayer les inévitables bavures commises pendant une telle catastrophe.

L'anecdotique : un Paris-Rodez pris pour rapatrier une victime que la cellule de prise en charge de la SNCF refusait de rembourser parce que c'était…un billet d'avion. « C'est une faute. Je vais donner des instructions pour qu'il n'y ait plus d'obstacles à ce genre de demandes ».

"Ce document va être donc être refait en partenariat avec les associations de victimes"

Plus grave : le document envoyé aux victimes par un cabinet en charge de recueillir les préjudices corporels et matériels en vue d'une indemnisation était jugé mal fichu par plusieurs intervenants. « Je constate qu'il y a un malaise. Ce document va être donc être refait en partenariat avec les associations de victimes. » a tranché Guillaume Pepy.

Terriblement douloureux enfin lorsque un homme se lève et explique avec une dignité presque inexplicable qu'il a appris le décès de sa fille par la voix officielle à 22h40 après en avoir eu connaissance par les médias. Et le procureur de décrire avec une précision d'horloger, comme il le fera sur d'autres sujets, les procédures en la matière pour aussi rappeler l'obligation qu'il s'est toujours imposée de ne rien dire ou laisser dire sur des sujets aussi graves tant qu'il n'a pas de certitude absolue.

Les « responsables » devront régulièrement rendre des comptes

Il restera bien sûr de cette rencontre des frustrations, des interrogations, des incompréhensions tant les méandres des procédures peuvent sembler insondables à beaucoup. L'honnêteté impose de dire qu'il ne pouvait en être autrement. Et qu'inlassablement les « responsables » devront régulièrement rendre des comptes comme l'a suggéré une des victimes.

 Débusquer les contradictions entre un discours affiché et la réalité des faits

Un mot encore. L'auteur de ces lignes n'assistait pas à cette réunion en qualité de journaliste (la rencontre était fermée à la presse) mais au titre de compagnon d'une des personnes qui voyageaient à bord de la voiture 2, celle qui est « montée » sur le quai de la gare. Et n'avait pas prévu d'en rendre compte. Il a jugé utile d'en faire autrement.

C'est en effet notre métier de journaliste de chercher ce que l'on croît dissimulé volontairement ou non, de débusquer les contradictions entre un discours affiché et la réalité des faits, de rendre compte d'une injustice lorsque des citoyens sont confrontés à une machine administrative ou judiciaire qui les laisse au mieux dans l'incertitude, au pire à l'abandon, enfin de contraindre les pouvoirs quels qu'ils soient à davantage de transparence.

Une vérité la plus complète possible

C'est aussi de notre métier de reconnaitre que la façon dont les suites d'une catastrophe  apparaissent aussi bien gérées qu'elles méritent de l'être. Avec bien sûr son lot de maladresses, d'insatisfactions et d'impatience des uns et des autres, d'incertitudes sur les échéances.

Mais c'est le prix pour que la lumière sur cet épouvantable drame ne soit entachée d'ombres, pour que les victimes qui, rappelons-le, ne se remettront jamais tout à fait de cet accident quelque soit la gravité physique ou psychologique de leurs blessures, soient convaincues d'une vérité la plus complète possible.

 

 

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Commentaires
a écrit le 01/10/2013 à 16:14 :
Aussi, mais dans votre article, vous soulignez :"de rendre compte d'une injustice lorsque des citoyens sont confrontés à une machine administrative ou judiciaire qui les laisse au mieux dans l'incertitude, au pire à l'abandon"
J'ai ete particulierement frappé par le recit du seul et unique blessé de l'entreprise SNCF qui a ete reconnu en accident de travail 2 mois apres les faits, et dont il a du avancer les frais medicaux !
C'est sûr le pauvre, il n'est QUE employé de gare, et donc quantité negligeable...!
Maintenant sur le fond... je trouve cela deplacé d'utiliser le fait d'avoir une compagne qui a subit l'accident, pour en tirer des informations et ecrire un article sur LT alors meme que la presse n'etait pas conviée a cette reunion, et si elle ne l'etait pas c'est qu'il devait y avoir une raison non !!
Vous soulignez un fait important qui c'est passé dans la deuxieme partie de la reunion, est ce que vous pouvez imaginer une seconde la reaction de cet homme en lisant votre article ? avez vous demandé son autorisation a relater un fait dans une reunion a huis clos ?
Decidement et je pese mes mots (deja verifié lors du jours meme de l'accident) vous etes(les medias) au dessus des lois, bravant sans cesse le secret de l'instruction, lors de l'accident le 12 juillet il y avait un cordon de Police puis un "No man land" puis la gare avec les secours, savez vous que les parents de victimes ne pouvait meme pas etre a l'endroit precis ou vous etiez ! c'est a dire dans le "nomanland" ? incroyable non !! et pourtant ce n'est que la triste verité sans compter l'organisation deplorable du plan rouge ! une veritable catastrophe !!!
a écrit le 01/10/2013 à 16:11 :
Le rapport a été : légitime défense  Je respecte ce que vous dites, mais dire en se terrant que l'aiguillage est vérifié tous les 15 jours ne coûte rien, donc, vous devez en convenir que cela est faux. Contrairement à ce que vous dites, je connais très bien l'Administration. Je ne parle pas des hautes fonctions ? je sais qu'elles fonctionnent bien et c'est la seule raison pour laquelle la France est encore debout - mais de ce genre de chose, surtout les entreprises publiques. Je maintiens mon opinion en disant que le personnel de ce genre d'entreprise ne prend pas son travail assez au sérieux. Je sais très bien comment ça marche. Pourquoi ils ne sont capables de rien, je l'ai bien détaillé dans mon premier commentaire. Je n'ai pourtant parlé que de 5 % de personnes. Il faudrait beaucoup plus de place pour détailler l'incompétence de toutes les personnes qui sont incapables de se choisir un travail approprié. Déjà, certains employés arrivent en retard, mais en plus de ne pas travailler eux-même, gênent les autres dans leur boulot. Un jour ces paroles seront reconnus. En lisant vos deux lignes, j'ai quand même compris que VOUS, vous êtes dans le réel. @ @légitime défense : Je les connais certainement beaucoup mieux que vous. Je ne prends pas d'apéro seulement le dimanche mais tous les jours de la semaine. Je crois que j'ai, pour les victimes, beaucoup plus de respect que vous. Et c'est pour cela que j'ai trouvé le vrai problème. Lorsque le reporteur a déclaré que l'éclisse s'était désolidarisée, c'était seulement pour défendre leurs employeurs et pas par 'respect pour les victimes'. Comment est-il possible que quatre boulons se détachent en un instant ? Si cela était vraiment pour eux, alors le Monsieur aurait sûrement dit que c'était parce que les vérificateurs n'avaient pas vérifié 'tous les 15 jours'. Ensuite, si vous parlez de vibration, il FAUT vérifier tous les jours, mais ça, c'est seulement pour les travailleurs. Ne dites pas que les entreprises n'en ont pas les moyens. D'ailleurs pas besoin de nouveaux investissements. Si le directeur épargnait son temps de discussion avec les dames de la réception et qu'il ordonnait à ses ouvriers d'aller vérifier les rails, tous serait pour le mieux. Des centaines de trains passent tous les jours sur une même voie. Voilà ma réponse sur votre 'vibration'. Avant de poser les rails sur la voie, les 'contraintes mécaniques chaud et froids' sont testés sur les rails pour choisir des matériaux et le volume appropriés. Ce que j'ai dit sur la politique française est exactement exacte et fonctionne de la même manière que les entreprises publiques. C'est moi qui devrai me dire que vous n'avez aucune idée de ce qui se passe dans la politique de France. Si seulement vous saviez, vous sauriez me dire de quel parti je parle, Verts, Extrême Gauche, divers Gauches, PCF, Gauche, Centre, UDI, Droite, Extrême Droite... Symboles de leur caractère : Premier raciste : Extrême Droite (FN), plus raciste que FN : Droite, plus raciste que Droite : UDI, plus raciste qu'UDI : Centre, plus raciste que Centre : Gauche (PS), plus raciste que la Gauche : PCF, plus raciste que PCF  : divers Gauche, plus raciste que Divers Gauche : Extrême Gauche, plus raciste qu'Extrême Gauche : Verts. Il n'y a pas plus racistes que les « Vers ». Ce sont des faces cachés par nos chers journalistes. Voilà mon opinion sur la politique française.
a écrit le 01/10/2013 à 16:03 :
Le raport a été  légitime défense  C'est un rapport de légitime défense. Aucune chance de concorder avec la réalité. Cela ne vient en rien du problème de l'éclisse, c'est une erreur d'un humain. Ce genre d'erreur coûte la vie à des milliers de gens, faute de responsabilité de la part du personnel. Avec des tonnes d'argent, nous installons des caméras de vidéo-surveillance, mais à quoi ça sert. ? C'est soit la faute de la personnes qui devait se trouver dans la cabine de surveillance et qui devait s'occuper à autre chose, soit la personne charger de contrôler les rails n'a pas bien fait son boulot. Un 'dévissage' ne se fait pas en un instant. Je ne suis pas ingénieur, mais j'ai déjà vissé et dévissée un clous, je sais le temps que ça prend. Cela a commencé quelques mois avant. Mais nous sommes 'tellement' occupé que nous n'avons pas le temps de voir ce qui ne va pas. En tant que victime, quand nous allons chez nos supérieur, celui-ci n'est même pas capable de dire quoi que ce soit, parce que lui même a tant de fautes en lui, ce que son collègue sait, et il n'a pas le pouvoir de dire quelque chose. Ce n'est pas une phrase de mon invention. Les touristes qui viennent en France le disent aussi. Que nous sommes irresponsables, FranceTélévision l'a aussi dit en début d'année. Cette négligence atteint les associations, mais ceux la sont du même gabarit, et ne convoitent que leur argent de la fin du mois. Certains sont dans le dos des assos depuis des années sans qu'aucun changement ne s'opère. Je souhaite demander au gouvernement qu'au lieu d'appliquer des lois inutiles, il vaut mieux s'occuper du redressement de la France. A force que le clous se fragilise, la France déraillera comme ce train. Renouvelez le système social, bannissez le système syndicat, pour que les ouvriers normaux puissent travailler dans la tranquillité. Dans un an, la France pourra peut-être se mettre debout d'un nouveau pied. Disparaîtra aussi les causes des irresponsabilités que les gens appellent légitime défense.
a écrit le 01/10/2013 à 16:03 :
Le raport a été  légitime défense  C'est un rapport de légitime défense. Aucune chance de concorder avec la réalité. Cela ne vient en rien du problème de l'éclisse, c'est une erreur d'un humain. Ce genre d'erreur coûte la vie à des milliers de gens, faute de responsabilité de la part du personnel. Avec des tonnes d'argent, nous installons des caméras de vidéo-surveillance, mais à quoi ça sert. ? C'est soit la faute de la personnes qui devait se trouver dans la cabine de surveillance et qui devait s'occuper à autre chose, soit la personne charger de contrôler les rails n'a pas bien fait son boulot. Un 'dévissage' ne se fait pas en un instant. Je ne suis pas ingénieur, mais j'ai déjà vissé et dévissée un clous, je sais le temps que ça prend. Cela a commencé quelques mois avant. Mais nous sommes 'tellement' occupé que nous n'avons pas le temps de voir ce qui ne va pas. En tant que victime, quand nous allons chez nos supérieur, celui-ci n'est même pas capable de dire quoi que ce soit, parce que lui même a tant de fautes en lui, ce que son collègue sait, et il n'a pas le pouvoir de dire quelque chose. Ce n'est pas une phrase de mon invention. Les touristes qui viennent en France le disent aussi. Que nous sommes irresponsables, FranceTélévision l'a aussi dit en début d'année. Cette négligence atteint les associations, mais ceux la sont du même gabarit, et ne convoitent que leur argent de la fin du mois. Certains sont dans le dos des assos depuis des années sans qu'aucun changement ne s'opère. Je souhaite demander au gouvernement qu'au lieu d'appliquer des lois inutiles, il vaut mieux s'occuper du redressement de la France. A force que le clous se fragilise, la France déraillera comme ce train. Renouvelez le système social, bannissez le système syndicat, pour que les ouvriers normaux puissent travailler dans la tranquillité. Dans un an, la France pourra peut-être se mettre debout d'un nouveau pied. Disparaîtra aussi les causes des irresponsabilités que les gens appellent légitime défense.
a écrit le 01/10/2013 à 10:43 :
Il s'agit d'une conséquence de l'AGCS (Accord Général sur le Commerce des Services, ou en anglais GATS - General Agreement on Trade and Services) est un accord multilatéral élaboré par l'OMC depuis 1995 sous l'impulsion des Etats-Unis, et qui concerne les "services" au sens très large du terme. Pour obtenir facilement le consentement de l'opinion pour la privatisation des services publics, la stratégie la plus souvent utilisée consiste à organiser préalablement le sabotage des services publics, afin que leur inefficience puisse servir de prétexte à leur privatisation. Cette stratégie a été massivement appliquée dans les secteurs de la santé et de l'éducation.
Extrait du Cahier de politique économique" n°13 de l'OCDE:
"Si l'on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles et aux universités, mais il serait dangeureux de restreindre le nombre d'élèves ou d'étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d'inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l'enseignement.
Cela se fait au coup par coup, dans une école et non dans un établissement voisin, de telle sorte qu'on évite un mécontentement général de la population."
Réponse de le 02/10/2013 à 11:39 :
Mr Eric Walther,
je vous remercie simplement pour cet article.
Un exemple d'écriture, nuancé et sans cette fausse polémique qui est souvent la marque du journalisme actuel.

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